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Débat des chefs : les leaders autochtones restent sur leur faim

Une modératrice tient une carte sur laquelle il y a des questions au cours du débat des chefs.

Une modératrice tient une carte sur laquelle il y a des questions au cours du débat des chefs.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Les questions autochtones ne sont pas une priorité pour les partis politiques et le débat de mercredi soir en est une autre démonstration, nous disent des leaders des Premières Nations. Déçus, mais peu étonnés, ces derniers souhaitent des propositions plus concrètes de la part des chefs des partis au cours des prochains débats.

Femmes autochtones, revendications territoriales et développement économique : des sujets prioritaires qui auraient mérité leur place aux côtés des questions sur l’accès à l’eau potable et l’identité autochtone, selon les leaders avec lesquels Espaces autochtones s’est entretenu.

Pourquoi ces enjeux ne sont pas abordés? Parce que les chefs de partis croient que s’ils soutiennent trop les enjeux autochtones, ça aura une incidence sur leurs votes, soupçonne le grand chef de Kanesatake, Victor Bonspille.

« Les citoyens canadiens doivent connaître la vraie histoire et la comprendre. »

— Une citation de  Victor Bonspille, grand chef de Kanesatake

C’est seulement triste qu’ils ne reconnaissent pas l'existence de nos peuples. Ils nous ont mis sur des réserves, ils prennent nos terres et on doit vivre sous leurs lois, ajoute le chef Bonspille.

Tant et aussi longtemps qu’on n’aura pas notre propre force économique, on ne pourra pas atteindre l’autonomie. On ne pourra pas couper les fils qui nous relient au gouvernement, soulève Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec.

« Il n’y a aucune mention des femmes autochtones, c’est vraiment déplorable. »

— Une citation de  Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec

Mme Michel ajoute qu’il faut des propositions concrètes principalement pour les femmes autochtones, mais aussi pour toutes les femmes; il y a tellement de féminicides, s'alarme-t-elle.

La sécurité des femmes autochtones est considérablement menacée. On ne peut pas parler des enjeux autochtones sans soulever la question des femmes, souligne Lynne Groulx, directrice générale de l’Association des femmes autochtones du Canada (Association des femmes autochtones du Canada), par voie de communiqué.

Nous avons besoin d’un plan pour arrêter les violations des droits humains qui ont lieu au Canada, ajoute Lynne Groulx.

Non seulement les chefs de partis ne se sont pas fait demander comment ils régleront la crise de la violence qui affecte les femmes autochtones, mais il n’a pas été question de l’héritage des pensionnats, du racisme dans le système de santé ou comment apporter de la richesse économique aux Autochtones, ajoute l’Association des femmes autochtones du Canada.

Pour ce qui est des questions qui ont été abordées, les réponses sont décevantes, selon le grand chef de la nation huronne-wendat, Rémy Vincent.

Ils restent en surface. Ils disent qu’ils vont prendre des actions, mais quand c’est le temps d’aller en profondeur et de placer des positions claires, ils ne se mouillent pas, soutient le grand chef Vincent.

Rémy Vincent et Viviane Michel s'entendent pour dire que les chefs n’ont pas semblé prendre la question des langues autochtones très au sérieux. Pour eux, c’est la langue française qui l’a remporté.

Pourtant, les questions identitaires liées à la langue française sont très semblables à celles liées aux langues autochtones : Il n’y a pas juste le français et l’anglais. On doit continuer à faire vivre nos langues, parce que ça fait partie de notre culture, ajoute Viviane Michel.

Beaucoup de questions demeurent sans réponse à la suite de ce débat, et Mme Michel s’attend à un plan de match et des engagements formels pour la suite.

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