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Chronique

Élections fédérales : nos droits sont-ils sujets à débat?

Slogan de la campagne sur fond rouge avec une plume blanche.

La campagne : chaque vote autochtone compte

Photo : nativevote.org

Kijâtai-Alexandra Veillette-Cheezo

Le 20 septembre sera le jour de l’élection fédérale. Je tente tant bien que mal de trouver les mots pour exprimer ce que la politique représente pour moi en tant que jeune personne autochtone vivant sur ce territoire maintenant appelé Canada.

Kijâtai-Alexandra Veillette-Cheezo étudie en journalisme à l’UQAM. Elle est membre de la nation anichinabée et sa famille vient de la communauté du Lac-Simon, en Abitibi. Elle est impliquée dans le milieu culturel montréalais et au sein de la communauté 2SLGBTQI+, en plus d'avoir réalisé des courts métrages avec le Wapikoni mobile.

Maintes et maintes fois, j’ai entendu les promesses lors des campagnes électorales. Maintes et maintes fois, j’ai cru à ces promesses et j’y crois encore.

Car qu’est-ce qu’il nous reste si ce n’est pas l’espoir de voir les choses changer pour le mieux? Qu’on s’intéresse, oui enfin, aux réalités entourant les différentes nations autochtones au Canada, mais aussi que des actions concrètes soient enfin posées.

Je crois que c’est pour cette raison que, cette année, je suis les élections d’un peu plus loin de peur d’être déçue une fois de plus. Ou blessée que nos droits ne soient pas au cœur de débats. Une fois de plus, je parle ici de droits fondamentaux comme l’accès à l’eau potable et qu’au lieu de remédier rapidement à cette situation, on discute de budget et que cela ne devienne seulement encore qu'une question lors du débat des chefs.

Je parle aussi des sépultures d'enfants retrouvés sur les sites des pensionnats pour Autochtones. Il est actuellement très difficile de trouver le nombre exact de ces tombes anonymes, car les fouilles sont en cours. Une chose est sûre cependant, c'est que la Commission de vérité et réconciliation a signalé 3200 décès d'enfants dans ces pensionnats (Nouvelle fenêtre). Et je ne doute pas que nous arrivions à un nombre plus élevé. 

Je comprends qu’il ne faut pas rester dans le passé, mais pour plusieurs d’entre nous, ce n’est pas le passé. Ce sont nos familles. Et il faut que ces corps d’enfants retrouvent une sépulture près de leur maison où ils ont été arrachés.

Enfin, il ne faut pas oublier aussi les enfants devenus adultes aujourd’hui qui ont survécu aux pensionnats et qui ont dû passer leur vie à guérir des blessures qu’ils ont subies. J’ai l’impression que ces enjeux ne sont abordés en campagne électorale que pour aller chercher des votes, à de simples fins électoralistes.

Je crois qu’il est possible de construire un Canada, un pays, un territoire à l’image de nos valeurs. Mais pour ça, il faut s’asseoir, discuter et surtout s’écouter. Pour ensuite travailler ensemble en laissant place à l’autodétermination des nations autochtones et que celles-ci soient incluses dans les discussions touchant leurs droits et les territoires qu’elles occupent.

Nous sommes sur la bonne voie vers la guérison de nos relations. Malgré tout, j’ai encore de l’espoir et je pense que je ne suis pas la seule. Les nouvelles récentes entourant les réalités autochtones ont été difficiles. Nous avons dû faire face à une réalité honteuse et traumatisante. Mais c’est nécessaire d’en parler pour que nous puissions avancer.

Des milliers de personnes ont manifesté leur soutien face aux causes autochtones à la suite de ces nouvelles. On a marché pour Joyce, on a marché pour les survivants des pensionnats et les enfants qui y sont morts. Nous avons exprimé notre indignation face aux injustices, mais aussi notre volonté de guérir et de se recueillir. Nous ne pouvons pas faire ça en s’isolant, en se mettant à dos le gouvernement.

Oui, c’est frustrant de devoir toujours se battre pour nos droits et ne recevoir que de l’adversité en retour. Je sais que c’est loin d’être fini, ce combat. Mais bien des gens avant nous ont pavé la voie pour que nous puissions être là où nous sommes aujourd’hui. À notre tour de faire notre part pour les prochaines générations.

Je sens réellement que nous avançons… même si nous assistons à des reculs temporaires. Nous sommes tous humains. Et j’ose croire que nous voulons tous ce qui est le mieux pour tout le monde. C’est pour cette raison que j’ai espoir qu’un jour nous aurons un gouvernement ouvert à travailler avec les nations autochtones du Canada et non seulement pour les apparences.

Alors, quand je vais écouter le débat des chefs mercredi, ce sera avec espoir qu’on se penche sur nos enjeux et qu’on propose des actions concrètes face à ceux-ci. Les causes autochtones nous touchent tous, qu’on soit autochtone ou non.

Car si nous voulons construire ensemble quelque chose de beau, il faut guérir en premier et s'écouter.

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