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La pièce alterIndiens : rires et malaises au menu

Les deux personnages principaux de la pièce.

La pièce « alterIndiens » sera à la salle salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier pour 15 représentations du 7 au 25 septembre.

Photo : Jean-François Brière

Imaginez-vous être dans un souper de couples où trois Autochtones et trois Québécois tentent de discuter de différents enjeux de société. C’est ce que la pièce alterIndiens fera vivre dans un spectacle rempli d’humour et de malaises au Théâtre Denise-Pelletier, à compter de mardi prochain.

Au début des années 2000, la pièce alterNatives de l’auteur ojibwé Drew Hayden Taylor était présentée dans les théâtres à Toronto. Un peu plus de 20 ans plus tard, c’est Montréal qui accueille cette œuvre vivante.

Là où la société canadienne anglaise était il y a 20 ans, c’est environ là où la société québécoise est maintenant par rapport aux Autochtones.

Une citation de :Charles Bender, traducteur et comédien pour la pièce alterIndiens

Le Québec avait à défendre son identité francophone au sein d’un bassin anglophone, depuis 5 ans, je sens que nous sommes prêts pour une telle pièce, explique Charles Bender, traducteur et comédien pour la pièce alterIndiens.

Il y a une autocritique qui est en train de se faire et c’est pour ça que ce spectacle est tout à fait d’actualité. Les gens, tant dans le milieu théâtral qu’au Québec en général, se posent des questions et reconsidèrent comment ils perçoivent les Autochtones, ajoute le comédien huron-wendat.

Plutôt en rire

Malgré toutes ces bonnes intentions, tenter de se comprendre à travers des cultures et des héritages différents n’est pas toujours facile et c’est par le rire que les personnages de la pièce alterIndiens interprètent ces malaises et ces situations inconfortables.

Le but, c’est que s’il y a un débat, on va aller toucher la bonne corde sensible pour créer un malaise ou un rire.

Une citation de :Charles Bender, traducteur et comédien pour la pièce alterIndiens

La disposition de la salle est en 360 degrés pour créer un effet d'hyperproximité entre les spectateurs et les interprètes, explique le metteur en scène d’alterIndiens, Xavier Huard.

Il ajoute que les Autochtones et les allochtones ne rient pas nécessairement aux mêmes moments, et c'est ce qui donne encore plus de richesse et de crédibilité au message véhiculé par l'œuvre.

L’auteur de la pièce originale, Drew Hayden Taylor, a confié à Espaces autochtones que l’humour grinçant dans cette pièce est très proche du sien; si des personnes passent des jugements à propos de moi, je vais passer des jugements à propos d’eux.

Une identité flexible

Gabriel, le personnage principal, est un auteur de science-fiction qui se fait mettre de la pression tant par sa conjointe allochtone que par ses amis autochtones pour écrire des livres qui aideraient davantage la cause autochtone que des livres de science-fiction.

Vingt ans plus tard, la réalité dépasse la fiction pour donner raison à l’auteur; il y a une explosion des romans de science-fiction par des auteurs autochtones en Amérique du Nord depuis quelques années, s’exclame Drew Hayden Taylor.

Les limites de la littérature autochtone sont en train d’être dépassées, nous sommes rendus ailleurs. Notre identité autochtone peut prendre plusieurs formes

Une citation de :Drew Hayden Taylor, auteur de la pièce originale

La pièce joue beaucoup avec la notion de ce que devrait être un Autochtone en lien avec l’étendue de possibilités de ce qu’un Autochtone peut être dans le monde moderne.

Drew Hayden Taylor cherche les zones grises et il cherche à nous montrer une vision de l’Autochtone ou de l’allochtone qui est en dehors du cliché, explique Xavier Huard, metteur en scène.

Un processus de traduction et d’adaptation

La pièce originale alterNatives se déroule dans un Toronto du début des années 2000. Les références culturelles, les débats de société, les quartiers ont donc dû être adaptés dans le contexte montréalais de 2021.

Toutefois, l’essence des messages de l’auteur reste la même. Pour Drew Hayden Taylor, les enjeux principaux sont encore d’actualité. Il donne entre autres l’exemple de la perception que la culture dominante se fait des peuples autochtones.

On a mis la main sur un bijou.

Une citation de :Xavier Huard, metteur en scène d’alterIndiens

C’est fou que Drew Hayden Taylor ne soit pas plus traduit que ça au Québec parce que de montrer les relations entre Autochtones et allochtones de façon aussi franche ça n’existe pas en ce moment au Québec, s’exclame le metteur en scène de la pièce, Xavier Huard.

Charles Bender, qui a traduit la pièce, explique également la complexité de traduire de l’humour : il ne faut pas mettre des mots français sur des mots anglais, il faut trouver les punchs, c’est un long processus.

Le but est de conserver l’essence du message et d’aller chercher un rire aussi fort qu’en anglais. Il donne l’exemple du végétarisme, qui est l’un des sujets principaux de la pièce, qu’il a dû adapter pour parler plutôt de véganisme.

Pour Drew Hayden Taylor, c’est essentiel de parler du végétarisme en raison du discours problématique de certains qui pensent que leur mode de vie est le meilleur et que tout le monde devrait le suivre.

Tu as une culture étrangère qui vient dire aux Autochtones qu’ils ont la mauvaise façon de faire les choses et qu’ils devraient faire ce qu’on leur dit de faire. C’est du déjà-vu, ajoute-t-il.

Au Théâtre Denise-Pelletier du 7 au 25 septembre.

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