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Élections fédérales : les enjeux prioritaires de leaders autochtones

Des personnes réunies devant le Parlement, à Ottawa.

Des manifestants autochtones devant le Parlement d'Ottawa

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Retrouver les dépouilles des enfants autochtones morts dans les pensionnats, améliorer les conditions de vie dans les communautés, procurer une meilleure protection aux femmes, investir dans la jeunesse à travers l'éducation, ce sont là quelques-unes des priorités que les différents partis politiques devraient mettre de l’avant dans cette campagne électorale, selon des leaders autochtones.

L’enjeu qui est au premier plan, c’est de retrouver nos petits enfants dans les anciennes institutions que je qualifie d’institutions d’assimilation et de génocide, exprime la cheffe nationale de l'Assemblée des Premières Nations (APN), RoseAnne Archibald, lors d’une entrevue téléphonique.

Elle ajoute que ce n’est pas seulement une priorité pour les Autochtones, mais aussi pour l’entièreté du pays.

 RoseAnne Archibald.

RoseAnne Archibald, cheffe de l'APN

Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov

Pour la cheffe Archibald, c’est par la guérison que le pays sera en mesure de trouver un moyen d’aller vers l’avant qui conviendra à tout le monde. Chacun des partis politiques devrait, selon la cheffe Archibald, présenter un plan concret pour expliquer de quelle manière ils comptent poursuivre le travail vers la guérison.

« Il y a des investissements importants à faire pour les Autochtones, des milliards de dollars. »

— Une citation de  RoseAnne Archibald, cheffe nationale de l'Assemblée des Premières Nations

Les sommes annoncées jusqu’à présent pour retrouver les corps des enfants ne sont qu’un début. Il y a encore beaucoup de travail devant nous et d’autres investissements doivent être faits pour, entre autres, la mise en œuvre d’une fondation autochtone pour la guérison, ajoute Mme Archibald.

Pour en savoir plus :

Des besoins fondamentaux à combler et la jeunesse

Répondre aux besoins fondamentaux des Autochtones devrait être la priorité des partis politiques lors de la prochaine campagne électorale. C’est ce qu’a confié la directrice générale de l’Association des femmes autochtones du Canada Lynne Groulx.

Mme Groulx est debout au milieu de nombreuses grandes enveloppes.

Lynne Groulx, directrice générale de l'Association des femmes autochtones du Canada

Photo : Association des femmes autochtones du Canada

On parle de l’accès à des logements et à l’eau potable, mais aussi le droit des femmes autochtones d’être en sécurité dans leur lieu de résidence. Nous avons certainement un problème au Canada lorsque l’on doit avouer que les droits fondamentaux des Autochtones ne sont pas comblés, ajoute Mme Groulx.

Pour le grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw, Constant Awashish, une chose est sûre, il faut augmenter l’investissement dans les logements et les infrastructures dans les communautés autochtones pour améliorer les conditions sociales.

En améliorant les conditions sociales dans les communautés, naturellement, il y aura de meilleures conditions de vie, ce qui aura, selon le grand chef, un impact positif sur la persévérance scolaire.

Constant Awashish.

Le grand chef et président du Conseil de la Nation Atikamekw, Constant Awashish

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

L’éducation chez les Premières Nations, Métis et Inuit devrait être aussi une priorité lors de la présente campagne électorale, soutient M. Awashish. Il explique que l’investissement en éducation chez les jeunes est moindre chez les Autochtones, ce qui se reflète au niveau des ressources disponibles tout au long du parcours scolaire.

« Le Québec et le Canada ont besoin de Premières Nations fortes, et nous aussi, les Premières Nations, on a besoin d'un Canada fort et d'un Québec fort. »

— Une citation de  Constant Awashish, grand chef du CNA

Ce que je veux vraiment voir, c’est une amélioration au niveau de la parité dans l’investissement en éducation chez les Premières Nations dans les communautés, ajoute le chef Awashish.

Les Premières Nations font partie de l’avenir du Canada et elles partagent beaucoup de valeurs communes avec la population canadienne, et c’est là-dessus qu’il faut investir, ajoute le grand chef.

Pour lui, les Autochtones devraient être vus comme un investissement pour le Québec et le Canada, non seulement en éducation, mais aussi dans le monde entrepreneurial. De quelle façon? En offrant du soutien aux entrepreneurs dans la mise en œuvre de leurs projets et en augmentant le nombre de contrats octroyés aux entreprises autochtones.

Des actions concrètes pour les femmes autochtones

Nous allons demander aux candidats ce qu’ils vont faire pour les femmes autochtones spécifiquement, signale Lynne Groulx.

La directrice générale de l’Assemblée des femmes autochtones du Canada et la présidente de Femmes autochtones du Québec (FAQ), Viviane Michel, s’entendent toutes deux pour dire que le plan d’action que le gouvernement fédéral a proposé deux ans après le dépôt de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées n’est pas satisfaisant et ne présente pas des actions concrètes.

Viviane Michel à côté d'un mur en briques.

Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec (FAQ)

Photo : Catou MacKinnon /CBC

« Il faut dénoncer l'incapacité des gouvernements à protéger nos femmes et nos filles. La situation est plus inquiétante qu'elle l'était en 2015. »

— Une citation de  Viviane Michel, présidente de FAQ

Les femmes autochtones ne sont pas impliquées comme elles devraient l’être sur le plan politique. Nos voix ne sont pas entendues au même niveau que celles des hommes, dénonce Lynne Groulx, directrice générale de l’Association des femmes autochtones du Canada.

Nous revendiquons notre droit d’être consultées pour le futur afin d’émettre des recommandations et des solutions représentatives de nos besoins, ajoute Mme Michel.

Puisque le prochain gouvernement devra réfléchir à des solutions tangibles pour les femmes, Mme Michel propose qu'on les consulte lors des prises de décisions. Elle souligne que l'approche devra être différente, que les gouvernements ne décident pas pour les femmes autochtones.

Pour la présidente de Femmes autochtones du Québec , la solution passe beaucoup par le fait de donner la possibilité aux femmes autochtones de poursuivre des études post-secondaires pour qu’elles puissent atteindre des positions de leadership et porter la voix d’autres femmes.

Un rétablissement social post-pandémique

Les Premières Nations, Métis et Inuit ont été touchés par les impacts de la pandémie de façon disproportionnée, affirme la cheffe de l’Assemblée des Premières Nations, RoseAnne Archibald.

« Chaque parti politique devrait s'engager sérieusement à développer des plans de relance post-pandémique spécifiquement pour les différents besoins des communautés autochtones à travers le pays. »

— Une citation de  RoseAnne Archibald, cheffe de l'APN

Pour elle, il est important de se poser des questions sur l’accès aux services de santé et de s’assurer que du soutien majeur soit disponible pour les problèmes de santé mentale qui se sont présentés dans les communautés lors de la pandémie.

RoseAnne Archibald affirme qu’un plan de relance économique spécifiquement pour les Autochtones est nécessaire. Ce plan permettrait aux Premières Nations, Métis et Inuit de faire partie intégrante de la croissance économique du pays, pour qu’elles puissent acquérir de la richesse.

Les Premières Nations ont une valeur pour la société, que ce soit au niveau du tourisme, du développement économique ou de la main-d'œuvre, relève le grand chef du conseil de la Nation Atikamekw Constant Awashish.

Il suggère que les Autochtones soient davantage impliqués dans les différents projets gouvernementaux du pays, une demande évoquée par la plupart des leaders consultés par Espaces autochtones.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

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