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COVID-19 : les deux tiers des Autochtones vaccinés, une 4e vague les menace

Le ministre Marc Miller se dit particulièrement inquiet pour les enfants autochtones.

Préparation d'une dose de vaccin.

Ottawa craint que les provinces qui relâchent trop vite leurs restrictions ne causent une 4e vague que la vaccination ne suffirait pas à stopper.

Photo : AFP / DENIS CHARLET

Radio-Canada

Alors que les deux tiers des membres des Premières Nations et des Inuit en âge d'être vaccinés contre la COVID-19 ont reçu deux doses, le ministre fédéral des Services aux Autochtones craint que les provinces qui assouplissent trop leurs mesures sanitaires ne provoquent une quatrième vague.

Cette autre vague, vraisemblablement alimentée par le variant Delta, serait désastreuse pour les communautés autochtones, notamment dans les Prairies, a estimé Marc Miller, mercredi. Il a souligné que les enfants étaient particulièrement à risque.

Il existe un risque très, très réel que le variant Delta [...] pénètre dans ces communautés et se propage chez les personnes qui ne sont pas immunisées.

Une citation de :Marc Miller, ministre des Services aux Autochtones

Plus de 62 % des personnes âgées de 12 ans et plus ont été vaccinées contre la COVID-19 dans les communautés et territoires des Premières Nations et Inuit, selon les dernières données de Services aux Autochtones Canada.

À la fin juillet, plus de 85 % de la population admissible avait reçu au moins une dose de vaccin. Dans ce pourcentage, on compte 701 228 doses de vaccin administrées aux personnes âgées de 12 ans et plus dans les 687 communautés des Premières Nations et inuit, y compris 281 188 deuxièmes doses.



Lundi, les Premières Nations comptaient 286 cas actifs du virus. La majorité des nouvelles infections proviennent de la Saskatchewan et du Manitoba.

Depuis le début de la pandémie, il y a eu 33 152 cas chez les Premières Nations. Un total de 381 personnes issues des Premières Nations qui habitaient dans leur communauté sont décédées du virus. Cinq de ces décès ont été rapportés dans les deux dernières semaines.

Le total des hospitalisations est monté à 1591 et le nombre de personnes issues des Premières Nations qui se sont remises du virus est maintenant à 32 485.

Total des cas dans les communautés des Premières Nations par région, en date du 2 août :

  • Colombie-Britannique : 3167

  • Alberta : 9007

  • Saskatchewan : 8092

  • Manitoba : 9172

  • Ontario : 2930

  • Québec : 761

  • Région atlantique : 23

Marc Miller devant des drapeaux canadiens.

Marc Miller est ministre des Services aux Autochtones.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Marc Miller inquiet

Le ministre Miller s'est dit d'avis, mercredi, en entrevue à La Presse canadienne, que de nombreuses régions du pays s'étaient déconfinées trop rapidement l'année dernière, alors que la deuxième vague faisait toujours rage, ce qui a été dangereux et dévastateur pour plusieurs communautés autochtones.

Les provinces des Prairies, où on retrouve de grandes populations autochtones, lèvent actuellement la plupart de leurs restrictions sanitaires, notamment l'obligation de porter le masque.

Ça m'inquiète beaucoup, a insisté M. Miller.

Le gouvernement du Manitoba a annoncé cette semaine que le port du masque n'était plus obligatoire et qu'il supprimerait à compter de samedi de nombreuses restrictions sur la taille des rassemblements. La Saskatchewan a également abandonné la plupart de ses restrictions, et le gouvernement de l'Alberta est critiqué par des experts en santé publique après avoir levé toutes ses mesures.

Le ministre Miller estime qu'une bonne stratégie de santé publique implique la vaccination massive, une sensibilisation et des mesures sanitaires continues. Mais cette stratégie ne donnera rien si les économies s'ouvrent trop rapidement et que les provinces s'ouvrent trop vite, croit-il.

Les leaders autochtones avaient tiré la sonnette d'alarme, l'automne dernier, lorsqu'il est devenu évident que la deuxième vague de la pandémie avait des effets dévastateurs dans ces communautés. De nombreuses communautés ont été littéralement bouclées et leurs dirigeants ont pris eux-mêmes certaines mesures pour arrêter la propagation du coronavirus.

Facteurs socioéconomiques

Au Manitoba, l'âge médian des décès liés à la COVID-19 est de 80 ans pour les allochtones, mais de 63 ans pour les Autochtones. Ces populations représentaient également 20 % des décès liés à la COVID-19 au Manitoba, bien qu'ils ne représentent qu'environ 10 % de la population de la province.

Plus de 33 000 cas de COVID-19 ont été enregistrés jusqu'ici dans les réserves autochtones au Canada, la grande majorité dans les trois provinces des Prairies. M. Miller souligne que les Autochtones sont trois à cinq fois plus susceptibles de contracter la COVID-19 en raison de leurs conditions de vie, du surpeuplement des logements et d'autres déterminants socioéconomiques de la santé.

La santé publique fédérale a prévenu la semaine dernière que le Canada pourrait être au bord d'une quatrième vague de COVID-19, entraînée par le variant Delta, si le pays se déconfinait avant que suffisamment de gens aient été vaccinés.

Elle s'attend à ce que ce variant très contagieux du coronavirus prenne de l'ampleur chez les jeunes non vaccinés.

Découvrez-vous comment fonctionnent les vaccins contre le SRAS-CoV-2.
Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC

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