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Lancement du festival Présence autochtone dans « un contexte de vérité »

Alix Van Der Donkt-Ferrand

Alix Van Der Donkt-Ferrand a présenté son premier court-métrage qui raconte l'histoire d'un pensionnat pour Autochtones qui a été incendié volontairement par des élèves.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Le 31e festival Présence autochtone s’est ouvert mardi soir, en présence de certains réalisateurs. Après une édition précédente plombée par la pandémie et une année 2021 marquée par les nombreuses découvertes de tombes non marquées aux abords des pensionnats pour Autochtones, la cuvée de cet été se retrouve marquée par « un contexte de vérité ».

Devant le cinéma Imperial, à Montréal, où se déroulait la soirée de lancement, André Dudemaine, le président du festival, accueillait les invités.

Le thème de cette année est  La joie arrachée à la nuit . Nous sommes sortis de la noirceur pandémique. On peut enfin renouer avec le public, salut-il.

Mais pas seulement. Plus profondément, les artistes autochtones ont toujours eu à surmonter des traumatismes collectifs et à créer de la joie, de l’humour malgré tout. On considère que le festival est un moment de joie arraché à la nuit, poursuit-il.

Selon André Dudemaine, les productions autochtones sont encore  boudées par les critiques de cinéma. L’homme se bat depuis plus de 30 ans pour mettre en avant l’ingéniosité et la créativité autochtone grâce à ce festival et l’organisme Terre en vue.

André Dudemaine

André Dudemaine déplore le fait que le talent des réalisateurs et réalisatrices autochtones est encore trop sous-estimé.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

On pense encore que les Autochtones ne seront pas à la hauteur, a-t-il déploré.

Le festival propose depuis ses débuts des films inédits reliés aux cultures autochtones du monde entier. Cette année, il offre à nouveau une programmation qui rend hommage aux cinéastes autochtones d'ici et d'ailleurs.

Alix Van Der Donkt-Ferrand, une toute jeune réalisatrice, née d’un père péruvien et d’une mère huronne-wendate, a présenté son tout premier court-métrage, Ashes and Embers.

Lisa Qiluqqi Koperqualuk assise devant un micro

Lisa Qiluqqi Koperqualuk a rendu hommage à son grand-père dans un court métrage.

Photo : Capture d'écran/Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics

Il raconte l’histoire peu connue du pensionnat de Delmas en Saskatchewan, auquel certains élèves ont mis feu.

J’espère que les gens vont découvrir une histoire qu’ils ne connaissaient pas et qu’ils seront capables de voir la beauté et la complexité des gens (de mon documentaire, NDLR), a-t-elle expliqué.

Lisa Qiluqqi Koperqualuk, une Inuk, était aussi présente. Elle a réalisé le court-métrage intitulé Ataatatsiaq (grand-père). Il relève à quel point les grands-parents jouent un rôle essentiel dans l’éducation de leurs petits-enfants.

Deux jeunes, Alexandre Nequado et Kijâtai-Alexandra Veillette-Cheezo ont également présenté deux courts-métrages de la série Moi, j’ai un ami blanc qui inverse les stéréotypes.

Deux femmes posent assises sur un perron.

L'artiste Kijâtai-Alexandra Veillette-Cheezo, à gauche, est la scénariste et l'une des interprètes de la capsule «Mon ami Mimi» de la série «Moi, j'ai un ami blanc».

Photo : JOSIANE FARAND

Invité à la soirée, Ghislain Picard, le président de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador a rappelé que la question autochtone est en train de devenir incontournable, tout en soulignant la résilience dont font preuve les Autochtones.

Chantale Rouleau, la ministre provinciale responsable de la Métropole et de la région de Montréal est montée sur scène pour expliquer combien ce festival favorise une prise de conscience des réalités autochtones en stimulant les échanges grâce à une programmation populaire et rassembleuse.

Cette année, l'événement se tient peu après qu'on eut révélé au grand public l'existence de nombreuses sépultures anonymes aux abords d’anciens pensionnats pour Autochtones. Est-ce que cela touche le festival? Oui et non, répond M. Dudemaine.

Des marionnettes géantes suivent une quinzaine de danseurs pour qui la foule fait place.

Quelques concerts sont prévus, comme les autres années, place des Festivals.

Photo : Mario Faubert

On considère que ces faits sont connus depuis longtemps, note-t-il. En tant qu’organisme des Premières Nations, on a toujours programmé ce drame en arrière-plan.

Ce qui a changé, c’est la conscientisation du grand public quant à cette réalité.

À cause du moment de vérité que vit l’opinion publique, il faut répondre à cette situation nouvelle.

Une citation de :André Dudemaine, directeur du festival Présence autochtone

Si l’année dernière la programmation était entièrement en ligne à cause de la pandémie, cette année les rassemblements sont permis. Mille personnes pourront se réunir sur la place des Festivals et les cinémas pourront se remplir à moitié.

Généralement, 10 000 personnes participent au festival. Si on pouvait atteindre la moitié de ce chiffre cette année, ce serait un miracle, a dit M. Dudemaine.

Le festival se tiendra jusqu'au 11 août.

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