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Accès à l'eau potable : Ottawa versera 8 milliards à des communautés autochtones

Plus de 142 000 personnes de 258 communautés autochtones pourraient être indemnisées.

De l'eau coule d'un robinet dans une cuisine.

L'entente de principe a été conclue avec les trois Premières Nations qui ont intenté les recours collectifs.

Photo : iStock

Ismaël Houdassine

Le gouvernement fédéral s'engage à verser près de 8 milliards de dollars pour mettre fin aux problèmes de la qualité de l'eau dans des dizaines de communautés autochtones, mais aussi pour régler deux recours collectifs intentés par des Premières Nations au sujet de l'insalubrité de leur eau.

Le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, a annoncé vendredi en conférence de presse avoir conclu une entente de principe avec les leaders des trois communautés qui avaient entamé des actions collectives à l’échelle du pays contre le gouvernement canadien, soit les Premières Nations de Curve Lake et de Neskantaga, en Ontario, et celle de Tataskweyak, au Manitoba.

Le ministre a détaillé les montants accordés par le gouvernement fédéral dans le règlement sur l’alimentation en eau. Ainsi, 1,5 milliard de dollars seront consacrés à la compensation de 142 000 personnes réparties dans 258 communautés autochtones qui ont diffusé des avis concernant l'eau potable au cours des dernières années.

C'est beaucoup d'argent, oui, mais cela reflète un engagement à fournir de l'eau à des communautés, ce qui n'a pas été fait jusqu'à présent.

Une citation de :Marc Miller, ministre des Services aux Autochtones

À la veille probable d’élections fédérales, Ottawa opte pour un règlement plutôt que pour une bataille judiciaire. Nous ne voulons pas aller en cour, a déclaré le ministre Miller. Nous l’avons répété plusieurs fois.

L’entente jugée historique prévoit également la création d'un nouveau fonds de 400 millions de dollars pour la restauration économique et culturelle des Premières Nations. Le ministre des Services aux Autochtones a ajouté qu’au moins 6 milliards de dollars seraient versés sur 10 ans dans le cadre d'un financement déjà annoncé, mais qui fournirait un accès fiable à l'eau potable dans les réserves.

À ce titre, le gouvernement prévoit la mise en place d’un comité consultatif des Premières Nations sur l'eau potable, le soutien des efforts des communautés dans l’élaboration de leurs propres règlements et initiatives en matière d'eau potable, et la responsabilité du fédéral à l'égard des systèmes d'eau privés.

Grâce à un dialogue ouvert, une coopération et un partenariat continu, nous franchissons une étape clé vers notre engagement qui est de veiller à ce que chaque membre des Premières Nations ait un accès fiable à l’eau potable salubre et propre, maintenant et à l’avenir.

Une citation de :Marc Miller, ministre des Services aux Autochtones

En 2015, le premier ministre Justin Trudeau s'était engagé à lever tous les avis d'ébullition avant mars 2021, mais M. Miller a reconnu en décembre que le gouvernement n'atteindrait pas cet objectif. Le ministre des Services aux Autochtones a toutefois assuré que 108 avis à long terme sur la qualité de l'eau ont été levés depuis 2015.

Notre engagement consiste à faire en sorte que toutes les communautés issues des Premières Nations aient accès à une eau potable propre, sûre et fiable. Cela reste le même et a été élargi par rapport à l'engagement pris en 2015, a-t-il dit.

La vérificatrice générale Karen Hogan avait publié un rapport en février dernier selon lequel Services aux Autochtones Canada n'a pas fourni un soutien adéquat aux Premières Nations pour s'assurer qu'elles ont accès à de l'eau potable.

Les souffrances des Premières Nations

Les trois nations autochtones qui avaient entamé des actions collectives se sont dites satisfaites de l'entente, même si elle demeure soumise à l'approbation du tribunal, a précisé le ministre Miller. Certains détails restent à négocier, a-t-il noté.

En attendant, les chefs ont raconté, pendant la conférence de presse, les souffrances endurées par les communautés. Beaucoup présentent des éruptions cutanées ou de l'eczéma sévère.

Le ministre des Services aux Autochtones a reconnu des ratés dans les politiques. Il n’y a aucune excuse pour un pays comme le Canada d’avoir pris autant de temps.

À Neskantaga, dans le nord de l'Ontario, l'eau de la communauté fait l'objet d'un avis d’ébullition depuis 1995. Le chef Wayne Moonias a raconté que de nombreuses personnes ont passé leur vie entière sans avoir accès à de l'eau potable.

Pourquoi en sommes-nous arrivés là?, s’est-il interrogé. Pourquoi devons-nous poursuivre le gouvernement en justice? Nous avons tellement souffert et enduré tellement de choses. Notre communauté est résiliente, mais c’est très difficile quand il vous manque le minimum pour vivre.

Nos symptômes sont réels, et se traduisent par des suicides d'enfants, des éruptions cutanées et un eczéma sévère. Les problèmes de peau sont particulièrement terribles.

Une citation de :Wayne Moonias, chef de Neskantaga

Ne pas avoir accès à de l’eau potable a eu des conséquences néfastes sur notre santé, a ajouté, émue, la cheffe Doreen Spence de la nation crie de Tataskweyak, située dans le nord du Manitoba.

Elle a rappelé que sa communauté doit puiser de l'eau directement dans un lac qui, selon des documents juridiques, est contaminé par des algues bleues toxiques.

Nous méritons de l'eau potable comme n'importe quels Canadiens.

Une citation de :Doreen Spence, cheffe de la nation crie de Tataskweyak

Mme Spence a expliqué que les jeunes de la communauté ne se baignent plus.

Il y a des gens qui sont forcés de boire l’eau contaminée du robinet parce qu’ils n’ont pas les moyens de s’acheter de l’eau en bouteille, a-t-elle précisé. Nous tombons malades en buvant l'eau, même après qu'elle a été traitée.

Depuis 2016, le gouvernement a investi plus de 4,2 milliards de dollars pour les problèmes d'eau potable au sein des communautés autochtones.

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