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Le taux d'homicide sept fois plus élevé chez les Autochtones

Une banderole de la police bloque l'accès à une section de la rue.

L'étude de Statistique Canada montre que le taux d'homicides chez les Autochtones du Canada a été sept fois plus élevé que chez les non-Autochtones en 2020.

Photo : Radio-Canada / Estelle Côté-Sroka

Les Autochtones sont encore surreprésentés dans le recensement des victimes d'actes criminels commis au Canada, indiquent des données de Statistique Canada.

L'étude montre en effet que le taux d'homicide chez les Autochtones du Canada a été sept fois plus élevé que chez les non-Autochtones en 2020.

On dénombre ainsi 10,5 homicides par tranche de 100 000 habitants chez les Autochtones. Chez les non-Autochtones, ce taux s'établit à 1,42 pour 100 000 habitants.

Les corps policiers du pays ont déclaré l'année dernière 201 victimes autochtones sur un total global de 743, soit 27 %. En 2019, sur 687 victimes, 179 étaient autochtones (26 %).

Les données disponibles montrent que 62 % de ces victimes étaient membres d'une Première Nation, 9 % étaient Inuit et 4 % étaient Métis. Pour ces crimes, 24 % des victimes autochtones n'ont été associées à aucun groupe.

Statistique Canada préface cette partie de son rapport en signalant que l'histoire de la colonisation, y compris les pensionnats (dont le dernier a fermé ses portes en 1996), les camps de travail et la réinstallation forcée, joue un rôle important dans la surreprésentation des Autochtones au sein du système de justice pénale et dans la population de victimes d'actes criminels.

Les Autochtones font souvent l'objet de marginalisation sociale et institutionnelle, de discrimination, et de diverses formes de traumatisme et de violence, dont le traumatisme intergénérationnel et la violence fondée sur le genre. [...] Ces facteurs jouent un rôle important dans la surreprésentation des Autochtones au sein du système de justice pénale et dans la population de victimes d'actes criminels.

Une citation de :Statistique Canada, dans un rapport

Les hommes autochtones sont toujours davantage ciblés par cette statistique.

En 2020, il y a eu 9 victimes d'homicide autochtones de genre féminin de moins (38 par rapport à 47 en 2019) et 32 victimes autochtones de genre masculin de plus (163 par rapport à 131), peut-on lire dans le rapport.

Explosion des crimes haineux

Si l'agence fédérale rapporte une diminution généralisée des crimes au pays, expliquée entre autres par cette année pandémique et par les ordres de confinement, elle déplore néanmoins une hausse vertigineuse des crimes haineux.

L'année 2020 a connu une hausse de pas moins de 37 % de ces crimes par rapport à l'année précédente. On recense ainsi 2669 signalements en 2020, comparativement à 1951 en 2019. Il s'agit du plus grand nombre de crimes haineux déclarés depuis 2009, date où ces statistiques ont commencé à être compilées.

Les crimes haineux ciblant la race ou l'origine ethnique et déclarés par la police ont presque doublé (+80 %) par rapport à l'année précédente, et ils ont été à l'origine de la majeure partie de la hausse des crimes haineux observée à l'échelle nationale, ajoute le rapport.

Les Autochtones arrivent troisièmes au triste classement des victimes de tels crimes, derrière les Noirs et les Asiatiques de l'Est ou du Sud-Est.

En 2020, le nombre de crimes haineux déclarés par la police ciblant chacun de ces groupes de population a atteint un sommet inégalé depuis que des données comparables sont disponibles, détaille Statistique Canada.

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