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Les affiches au sujet des Autochtones disparues seront retirées du métro de Montréal

La campagne d'affichage de 12 semaines aura coûté 65 000 $.

Une affiche de sensibilisation installée dans une station de métro.

La campagne d’affichage du Projet Iskweu arrivera à échéance à la fin août.

Photo : Radio-Canada / Ismaël Houdassine

Ismaël Houdassine

Lancée en grande pompe en mai dernier, la campagne d’affichage du Projet Iskweu a pour objectif de combattre le fléau de la disparition de femmes autochtones. Chapeautée par le Foyer pour femmes autochtones de Montréal, cette initiative ambitieuse d’appel à témoin arrivera à échéance dans quelques semaines, faute de financement.

Peut-être les avez-vous déjà aperçues en ville, ces grandes affiches installées un peu partout, notamment dans les stations du métro de Montréal. Les messages que l’on a pu aussi apercevoir sur des autobus ou sur des panneaux d’affichage s’adressent à des témoins qui auraient des informations sur une femme autochtone disparue ou assassinée.

Les gens qui connaissent l’identité d’une disparue ou son lieu de localisation peuvent appeler cette ligne de signalement partout au Canada, explique en entrevue Nakuset, directrice du Foyer pour femmes autochtones de Montréal.

On a reçu des appels de l’ouest du pays pour des situations au Québec, alors c’est très utile pour nous, note-t-elle.

Si le numéro de téléphone continuera d’être en service, ce n’est pas le cas de la campagne d’affichage qui se terminera à la fin août, regrette Nakuset.

Les affiches de sensibilisation étaient en place depuis le 7 mai dans des endroits stratégiques de la métropole pour qu’elles puissent être vues par le plus grand nombre, précise-t-elle.

Portrait de Nakuset dans un parc urbain à l'automne.

Nakuset est la directrice du Foyer pour femmes autochtones de Montréal.

Photo : Radio-Canada

Après l’été, il va falloir trouver des moyens pour assurer la visibilité de la campagne. On va devoir chercher nous-mêmes des idées. La population doit continuer à savoir qu’ils peuvent nous joindre en toute sécurité pour nous donner des informations.

Une citation de :Nakuset, directrice du Foyer pour femmes autochtones de Montréal

Elle pense utiliser les réseaux sociaux et demander le soutien d’associations. Elle signale toutefois que rien ne peut vraiment remplacer l’efficacité de ces affiches.

Mais voilà : une campagne de ce genre coûte cher, environ 65 000 $, dit-elle.

La Ville de Montréal a accepté de financier les six premières semaines. Ensuite, c’est la fondation Pathy qui a pris le relais pour six autres semaines, indique-t-elle.

Même si la Ville de Montréal a soutenu la campagne d’affichage à hauteur de 47 000 $, les fonds alloués demeurent insuffisants, assure Nakuset.

La Ville n'a proposé qu'un accord de contribution avec des fonds limités, souligne-t-elle. C'est pourquoi nous sommes allés demander le support de la fondation Pathy pour pouvoir boucler le budget.

La Ville a toutefois indiqué dans un échange de courriels n'avoir reçu jusqu'ici aucune demande du Foyer pour femmes autochtones de Montréal visant à bonifier le soutien financier ou à le renouveler.

Si vous avez des renseignements au sujet d’une femme, d’une personne trans ou d’une personne bispirituelle autochtone assassinée ou disparue, vous pouvez appeler au 1-855-547-5938.

Un intermédiaire utile

La campagne d’affichage se termine alors que la crise concernant les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées est toujours bien présente, rappelle Nakuset. Le partage d’informations et la récolte de données demeurent souvent essentiels pour faire avancer les enquêtes.

La directrice du Foyer pour femmes autochtones confirme que pendant les 12 semaines qu’aura duré la campagne, des membres de la communauté ont eu la possibilité de communiquer plus librement des informations essentielles sur les cas de disparition ou d’assassinat.

Lorsque des personnes disparaissent à Montréal, c’est souvent la communauté autochtone qui sait où elles sont. La ligne qu’on leur propose est gratuite, confidentielle et anonyme. Elle nous permet de recevoir des appels enregistrés et de faire un suivi, fait valoir Nakuset.

Il faut savoir que les Autochtones ne se sentent pas toujours en confiance d’appeler directement la police, précise-t-elle. Ils craignent de ne pas être pris au sérieux par les autorités ou d’avoir des problèmes avec la police.

L’histoire nous a démontré que le signalement des cas est problématique, car la relation entre la police et la population autochtones est brisée.

Une citation de :Nakuset, directrice du Foyer pour femmes autochtones de Montréal

Le Projet Iskweu qui signifie femmes en langue crie a été créé en 2017 afin de mettre en place une procédure à suivre dans les cas de disparitions des femmes autochtones. En collaboration avec le SPVM, il sert de liaison entre la famille, la communauté et les services de police.

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