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Des églises américaines face au sombre héritage des pensionnats pour Autochtones

Une vieille photo dépeignant un groupe d'une dizaine de jeunes garçons autochtones devant un bâtiment.

Des élèves d'un pensionnat presbytérien à Sitka, en Alaska, à l'été 1883.

Photo : Associated Press / Presbyterian Historical Society

Associated Press

À la suite des découvertes de centaines de tombes anonymes près d'anciens pensionnats pour Autochtones du Canada, de nombreux Américains réclament que les églises qui géraient de tels établissements chez eux reconnaissent leur part de ce terrible héritage.

Des églises catholiques et protestantes américaines ont géré plus de 150 pensionnats aux 19e et 20e siècles, selon des chercheurs.

Les enfants autochtones étaient séparés de leurs familles, de leurs coutumes et de leur langue pour être emmenés dans ces écoles, dont le but était de les évangéliser et de les assimiler.

Certaines églises ont entamé depuis déjà quelques années un travail de réparation auprès des communautés, notamment en présentant des excuses officielles, en organisant des cérémonies et en rendant disponibles leurs archives.

Cependant, certains militants autochtones estiment que les églises ont encore beaucoup de travail à faire, entre autres pour éduquer le grand public sur ce chapitre de l'histoire des États-Unis.

Nous devons travailler tous ensemble, affirme le révérend Bradley Hauff, membre de la Nation des Sioux, prêtre et missionnaire de l'église épiscopale du Minnesota.

Ce qui se passe au Canada, c'est un réveil pour nous.

Une citation de :Bradley Hauff, prêtre épiscopal et membre de la nation sioux

Ce mois-ci, de hauts responsables de l'Église épiscopale des États-Unis ont reconnu l'implication de leur organisation dans la gestion des pensionnats.

Nous devons parvenir à une pleine compréhension de l'héritage de ces écoles, peut-on lire dans une déclaration du 12 juillet de l'évêque Michael Curry et du révérend Gay Clark Jennings.

Ils ont également signalé leur intention d'accorder des fonds pour que des recherches indépendantes soient effectuées dans leurs archives.

Une enquête du gouvernement

La secrétaire à l'Intérieur des États-Unis, Deb Haaland, la première Autochtone à occuper un poste au cabinet américain, a annoncé le mois dernier que le gouvernement enquêterait sur la perte de vies humaines et les conséquences durables des pensionnats.

Cela inclurait l'identification des écoles et des lieux de sépulture.

Les groupes religieux américains étaient affiliés à au moins 156 de ces écoles, selon la National Native American Boarding School Healing Coalition. C'est plus de 40 % des 367 pensionnats répertoriés à ce jour par cette organisation.

Samuel Torres, directeur de la recherche et des programmes de la National Native American Boarding School Healing Coalition, croit que les excuses de l'église sont un bon début, mais qu'il y a beaucoup plus à faire.

Selon lui, les Américains doivent prendre connaissance de pages de l'histoire afin de comprendre les impacts que les pensionnats ont toujours dans les communautés autochtones et comment ils ont été un outil pour faire l'acquisition de terres autochtones.

Sans cette vérité, les possibilités de guérison sont vraiment très limitées, estime M. Torres.

Bradley Hauff note quant à lui que les expériences d'anciens élèves, tels que ses propres parents, variaient considérablement.

Certains ont dit que, même au milieu de l'austérité, de la solitude et de la séparation familiale, ils ont reçu une bonne éducation, se sont fait des amis et ont acquis des compétences.

Mais d'autres ont parlé d'abus inqualifiables et cruels, notamment d'agressions physiques et sexuelles, de malnutrition et de punition pour avoir parlé des langues autochtones.

Même si certains enfants ont dit avoir eu une expérience positive, cela a eu un prix. Notre église a travaillé main dans la main avec le gouvernement pour assimiler ces enfants.

Une citation de :Bradley Hauff, prêtre épiscopal et membre de la nation sioux

La Conférence des évêques catholiques des États-Unis s'est engagée à contribuer à l'enquête du gouvernement.

Nous ne pouvons même pas commencer à imaginer la profonde tristesse que ces découvertes causent dans les communautés autochtones, soutient la porte-parole de l'organisation, Chieko Noguchi.

Faire le bon choix

Le magazine America, affilié aux jésuites, exhorte les évêques catholiques américains à ne pas répéter leur mauvaise gestion des cas d'abus sexuels sur des enfants par des prêtres.

L'Église aux États-Unis doit démontrer qu'elle a appris de tels échecs, peut-on lire dans un récent éditorial du magazine.

Les dirigeants de l'Église presbytérienne se sont rendus à Utqiagvik, en Alaska, en 2017 afin de présenter des excuses pour le traitement réservé aux Autochtones et pour la façon dont les pensionnats étaient gérés.

Le révérend Gradye Parsons, ancien greffier de l'Église presbytérienne, avait déclaré à ce moment-là que l'Église avait méprisé sa propre foi en voulant faire disparaître les traditions spirituelles autochtones.

L'Église méthodiste unie a pour sa part organisé une cérémonie en 2012 pour les injustices historiques commises contre les peuples autochtones.

En 2016, elle a également reconnu son rôle dans les pensionnats et s'est excusée de ces efforts d'assimilation.

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