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États-Unis : les restes de victimes d'un pensionnat retournés à leur communauté

Les efforts et les procédures de la Nation sioux pour ramener les restes des neuf enfants ont duré près de six ans.

De la poussière filant entre les doigts d'une main, au dessus d'une tombe.

Les procédures pour ramener les restes des enfants à leur dernière demeure ont duré près de six ans.

Photo : Associated Press / Erin Bormett / The Argus Leader

Radio-Canada

Les restes exhumés de neuf enfants autochtones morts il y a plus d'un siècle alors qu'ils fréquentaient une école publique en Pennsylvanie, similaire aux pensionnats canadiens pour Autochtones, ont été rendus à leur Première Nation sioux du Dakota du Sud, où ils ont été enterrés samedi.

Les enfants vont se reposer dans le calme et trouver du réconfort dans les plaines, a confié avec soulagement Russell Eagle Bear, représentant du conseil des Sioux de Rosebud. Aujourd'hui, ils ont fait un voyage pour être ici – pour aller dans le confort de la Terre Mère.

Les cérémonies ont duré plusieurs jours dans différentes villes et se sont achevées samedi par l’enterrement des enfants rendus à leur communauté après six années d’efforts et de procédures.

Cela va nous rendre d'autant plus forts en tant que peuple que nous nous réapproprions qui nous sommes, a déclaré le chef de la Première Nation sioux de Rosebud, Rodney Bordeaux.

À l'échelle du pays, les nations autochtones se soulèvent. Nous allons être plus forts à mesure que nous avançons.

Une citation de :Rodney Bordeaux, chef de la Première Nation sioux de Rosebud

De petits cercueils ont été placés sur neuf tables, accompagnés de photos des enfants, de mocassins faits maison, de chemises et de jupes à rubans, ou encore de tabac et de sauge. Des drapeaux américains et sioux ont été présentés côte à côte devant les nouvelles tombes.

La cérémonie funéraire au cimetière de la Première Nation sioux de Rosebud.

Des membres de la Première Nation sioux de Rosebud, dans le Dakota du Sud, tiennent un drapeau américain, un drapeau de prière ainsi que leur étendard autochtone lors d'une cérémonie qui s'est déroulée le 17 juillet pour accompagner les enfants dans leur dernière sépulture.

Photo : Associated Press / Erin Bormett / The Argus Leader

Une cérémonie de purification à la sauge a également été organisée alors que les restes des enfants étaient enveloppés dans une peau de bison traditionnelle.

Tous ont été identifiés : Ernest Knocks Off White Thunder, Warren Painter Bear Paints Dirt, Maud Little Girl Swift Bear, Dora Her Pipe Brave Bull, Friend Hollow Horn Bear, Rose Long Face Little Hawk, Lucy Take The Tail Pretty Hawk, Alvan One That Kills Seven Horses et Dennis Strikes First Blue Tomahawk.

Les grands-mères de la communauté ont offert aux dépouilles de la nourriture spirituelle comprenant des cerises de Virginie et de l'eau. Une prière a été prononcée plus tard dans la soirée, samedi, au moment où s’est abattue sur la ville une forte pluie que certains ont interprétée comme une autre démonstration de purification.

Tenue par plusieurs mains, une couverture est posée dans une tombe.

Des proches et des membres de la communauté descendent les restes des enfants de Rosebud dans leur dernière sépulture, 142 ans après leur mort, au cimetière des vétérans de la Nation sioux de Rosebud, à White River, dans le Dakota du Sud.

Photo : AP / Erin Bormett / The Argus Leader

Tout au long de la matinée, samedi, des membres des familles des enfants enterrés ont raconté ce que ces derniers ont vécu au pensionnat. Certains sont morts de maladie dans les mois qui ont suivi leur arrivée, d'autres sont décédés des années plus tard après avoir tenté en vain d'échapper aux exactions qui y étaient commises.

Le pensionnat de Carlisle, fondé par un officier de l'armée et ouvert en 1880, fait partie des premiers établissements des États-Unis à avoir eu la mission d’assimiler les enfants autochtones à la culture blanche.

Comme au Canada, l'établissement a pris des mesures radicales afin de déraciner les élèves autochtones de leur culture familiale, notamment en coupant leurs tresses, en les habillant d'uniformes de style militaire et en les punissant lorsqu'ils parlaient leur langue maternelle. Les jeunes pensionnaires étaient également contraints d'adopter des noms européens.

Plus de 10 000 enfants autochtones ont été scolarisés au pensionnat de Carlisle, où ils ont enduré des conditions de vie difficiles et où certains ont succombé à des maladies telles que la tuberculose.

Sur le chemin de leur dernière demeure

Un cortège de jeunes adultes chargés de ramener les restes à la réserve sioux est parti mardi du site de l'ancien pensionnat pour Autochtones de Carlisle, situé à environ 32 kilomètres à l'ouest de Harrisburg, la capitale de la Pennsylvanie.

Une procession en l'honneur des neuf enfants de Rosebud dont les restes sont rapatriés sur leurs terres.

L'aîné Duane Hollow Horn Bear dirige une procession en l'honneur des neuf enfants de Rosebud dont les restes ont été transportés chez eux, le16 juillet 2021, sur la réserve sioux de Yankton, dans le Dakota du Sud.

Photo : Associated Press / Erin Bormett / The Argus Leader

Le groupe a effectué plusieurs arrêts en cours de route, notamment à Yankton et à Whetstone, vendredi, pour des cérémonies particulièrement émouvantes avec des membres de la Première Nation.

Une autre cérémonie a eu lieu à un débarcadère du fleuve Missouri près de Sioux City, dans l'Iowa, où les restes de ces enfants décédés entre 1880 et 1910 ont été conduits en bateau à vapeur vers l'est.

Christopher Eagle Bear, âgé de 23 ans, a participé au cortège de jeunes chargé d'accompagner les restes des enfants : En ce jour, c'est un honneur d'être Lakota, a-t-il confié. Espérons que ce que nous faisons ici pourra inspirer un autre groupe de jeunes à aller plus loin que ce que nous avons commencé.

Le gouvernement américain a annoncé au début de l'été qu'il lançait une enquête fédérale sur l’héritage tragique des pensionnats pour Autochtones aux États-Unis.

Avec les informations d'Associated Press et d'Argus Leader

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