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Grand Conseil des Cris : Abel Bosum a voulu éviter de causer de la division

La course se poursuit avec l’organisation d’un second tour entre les candidats arrivés à la première et la troisième position.

Le grand chef du Grand conseil des Cris Abel Bosum devant un parc.

Le grand chef du Grand conseil des Cris Abel Bosum.

Photo :  CBC

Radio-Canada

C'est parce qu'il tient à l'unité de la nation crie que l'homme qui l'a dirigée au cours des quatre dernières années a renoncé à solliciter un second mandat. Le grand chef sortant Abel Bosum a suscité l'étonnement jeudi en annonçant son retrait de l'élection en cours au Grand Conseil des Cris.

Je suis à l'aise avec ma décision de ne pas participer au second tour, a-t-il confié à CBC North au cours d’une entrevue radiophonique.

Lors de l'élection du 14 juillet, Abel Bosum a obtenu 29,6 % des voix, contre 46,6 % pour sa rivale et actuelle grande cheffe adjointe Mandy Gull-Masty.

Après avoir examiné les résultats, bien sûr que j'avais des questions sur les raisons qui ont amené les gens à voter ainsi.

Une citation de :Abel Bosum, grand chef sortant du Grand Conseil des Cris

Il pense qu'un certain nombre de facteurs ont joué dans ces résultats, comme la lassitude des électeurs, la colère suscitée par les mesures sanitaires dans les communautés cries ou la récente élection de RoseAnne Archibald, première femme élue cheffe nationale de l'Assemblée des Premières Nations.

Il reste donc dans la course Mandy Gull-Masty et le candidat arrivé en troisième position, Pakesso Mukash. Ce dernier est un musicien, traducteur et activiste qui obtenu 23,9 % des voix.

Le deuxième tour de scrutin pour les départager a été confirmé pour le 29 juillet prochain.

Le retrait de M. Bosum a rapidement fait le tour des médias sociaux.

L’actuel grand chef a expliqué qu'il ne voulait pas diviser davantage la nation crie puisqu’il semble clair, selon lui, que Mme Gull-Masty est le choix des électeurs pour le poste. Il a dit maintenant la soutenir.

Il s'agit d'un principe auquel je crois, à savoir l'unité de la nation crie, a-t-il indiqué.

Je savais très bien qu'il serait plus difficile de se présenter à un second tour et que cela créerait probablement une division au sein de la communauté. Diviser la nation crie est un héritage que je ne veux surtout pas laisser, que je gagne ou non.

Une citation de :Abel Bosum, grand chef sortant du Grand Conseil des Cris

Avant d’entamer son premier mandat en tant que grand chef en 2017, M. Bosum a passé 16 ans comme négociateur en chef pour la nation crie auprès du gouvernement du Québec. En février 2020, lui et le premier ministre François Legault ont signé un protocole d’entente baptisée la Grande Alliance.

Évalué à 4,7 milliards de dollars, ce projet de développement économique prévoit, sur 30 ans, la construction de centaines de kilomètres de nouvelles routes, d'un réseau ferroviaire, de même que d'un port en eau profonde dans la région d’Eeyou Istchee Baie-James.

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La Grande Alliance. Premier ministre François Legault et chef Cri Abel Bosum. Centre des Sciences, Montréal.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

La Grande Alliance critiquée par les candidats

Au cours de sa campagne, Mme Gull-Masty a déploré la façon dont la Grande Alliance a été négociée et communiquée à la population. Elle s'est engagée à organiser un référendum sur ce projet qui fait présentement l'objet d'une étude de faisabilité.

Le candidat Pakesso Mukash a aussi critiqué ce plan économique, affirmant qu'il était trop tôt pour dire s'il s'agissait bien d'une vision crie du développement.

Le grand chef Bosum a admis qu’il restait encore du travail à faire pour expliquer les avantages de la Grande Alliance au peuple cri.

Les gens n'ont pas tout à fait compris comment elle est mise en place et comment elle fonctionnerait... comment nous pouvons l'utiliser, a-t-il ajouté, précisant qu'il est dans l'intérêt du peuple cri de décider comment il veut développer son propre territoire.

De son côté, le premier ministre François Legault a déclaré qu'il était prêt à travailler avec la personne qui dirigera la nation crie au cours des quatre prochaines années. Je pense que cet accord est une très bonne affaire pour les deux nations, a-t-il dit.

Nous parlons d'investir dans de nouvelles routes, de nouveaux chemins de fer, de nouvelles façons de découvrir les lieux d'exploitation minière dans le Nord. Donc, quel que soit le nouveau chef, je serai plus que prêt à travailler avec [lui].

Une citation de :François Legault, premier ministre du Québec

D’après des données non officielles, moins de 35 % des électeurs admissibles ont participé au premier tour du scrutin. Les chiffres officiels sont attendus dans les prochains jours.

Un second tour a également été confirmé dans la course au poste de grand chef adjoint entre Ashley Iserhoff et Norman A. Wapachee.

Rappelons que M. Bosum a aussi dirigé les négociations qui ont abouti à la signature de la Paix des Braves en 2002. De 1984 à 1998, il a été chef de la nation crie d'Oujé-Bougoumou, pour laquelle il s’était efforcé d'obtenir une assise territoriale, et ce, afin qu’elle soit reconnue comme la neuvième communauté crie, ce qui a été officialisé en 1992.

Avec des informations de CBC

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