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Le festival Présence autochtone aura une résonance particulière cette année

Le festival Présence autochtone à la place des Festivals.

Cette année, le festival Présence autochtone ne pourra accueillir qu'environ 1000 personnes à la place des Festivals.

Photo : IXION Communications/Marc Saindon

Radio-Canada

Le festival Présence autochtone, qui vient de lancer sa programmation, aura une résonance particulière cette année en raison du contexte politique.

Du 3 au 11 août à Montréal, cette 31e édition sur le thème de « la joie arrachée à la nuit » s'inscrit dans un contexte particulier à la fois à cause de la pandémie, mais surtout à cause de l'ébullition occasionnée par la mort de Joyce Echaquan et la découverte de tombes dans les pensionnats pour Autochtones.

De fait, les artistes autochtones sont les meilleurs des ambassadeurs sur le long chemin vers la réconciliation, affirme André Dudemaine, fondateur du festival et directeur de l'organisme Terres en vues.

Ils touchent à la fois au cœur, à l'âme et à tous les sens et ont donc un rôle à jouer pour faire évoluer les relations.

Une citation de :André Dudemaine

La soirée d'ouverture aura lieu au cinéma Impérial, le 3 août. L'événement festif en présentiel comprendra cinq soirées sur la place des Festivals, la projection d’une soixantaine de films au cinéma du Musée des beaux-arts de Montréal et des expositions en divers lieux.

Musique

Le 4 août, les organisateurs du festival promettent qu’amitié, solidarité et coopération culturelle seront au menu lors d’une soirée qui verra monter sur scène l’artiste indie-pop atikamekw Laura Niquay (Nouvelle fenêtre), le rappeur engagé originaire de Gesgapegiag Quentin Condo (alias QO52 (Nouvelle fenêtre)), tandis que l'artiste oji-crie, Anachnid (Nouvelle fenêtre), fera vibrer la place au son de sa musique électro-pop. Ils seront accompagnés des guitaristes classiques de Forestare et de musiciens du Nouvel ensemble moderne, un orchestre qui joue des morceaux de musique contemporaine et qui reprendra pour l’occasion des morceaux des trois artistes autochtones.

Les spectateurs pourront écouter le 5 août le duo métissé Twin Flames (Nouvelle fenêtre) formé de Chesley June (Crie anichinabée) et Jaaji (Mohawk et Inuk), qui forment un couple dans la vie. Leurs sonorités mêlant tradition et modernité leur ont déjà valu de nombreux prix.

Le chanteur Samian.

Le rappeur Samian lors d'un concert en 2019

Photo : Samian (courtoisie)

Le 6 août, ce sera au tour du rappeur anichinabé Samian (Nouvelle fenêtre) de venir animer la place des Festival. Il lancera d'ailleurs au passage son cinquième album intitulé Nikamo (chante en algonquin). En conférence de presse, mercredi, Samian a rappelé qu’il devait ses premiers pas sur une grande scène aux organisateurs du festival. C’était il y a 15 ans.

L'auteur-compositeur innu Mike Paul (Nouvelle fenêtre) montera sur scène le 7 août pour présenter son 3e album, Ashuapmushuan (là où l'on guette l'orignal). Son style western nous fait voyager au cœur du Nutshimit (vers l’intérieur des terres) et des mythes, et légendes des Premiers Peuples, souligne la brochure du festival. Il sera précédé de Gator Beaulieu de la Première Nation d'Ebb and Flow au Manitoba.

Les soirées débutent à 20 h et les concerts sont gratuits, mais le nombre de places étant limité pour respecter les normes sanitaires, il faudra quand même passer par la billetterie pour réserver sa place, sous peine de ne pas pouvoir accéder au site. Le site sera vraisemblablement limité à environ 1000 spectateurs.

Tout au long du festival, des spectacles impromptus sont aussi prévus, avec notamment les Buffalo Hat Singers (Nouvelle fenêtre), Northern Voice (Nouvelle fenêtre) et Sam Ojeda (Nouvelle fenêtre).

Cinéma

Parmi la soixantaine de films nationaux et internationaux qui seront présentés dans le cadre du festival résistance et résilience, travail de mémoire et réactualisation des appartenances seront au menu, affirment les organisateurs.

Des prisonniers en habits polynésiens pratiquent une danse traditionnelle dans une cour de prison.

Une image tirée du film « Out of State »

Photo : Gracieuseté

On voyagera de Manaus au Brésil, où un débardeur autochtone songe au pays perdu (Febre (Nouvelle fenêtre)), on découvrira des Polynésiens hawaïens qui retrouvent leurs traditions au sein de la prison privée du milieu de l’Arizona dans laquelle ils sont enfermés (Out of State (Nouvelle fenêtre)). Le film The Last Forest (Nouvelle fenêtre) abordera de son côté la lutte des Yanomami pour pour protéger la forêt amazonienne et préserver leur mode de vie ancestral face à l’industrie minière.

Le cinéma local sera aussi à l’honneur avec la réalisatrice mohawk Roxann Whitbean qui suit Hickory Edwards emmenant en canoë sa fille de 5 ans sur le chemin traditionnel reliant les cinq nations iroquoises (Haudenosaunee Canoe Journey (Nouvelle fenêtre)).

Dans un registre plus humoristique, le festival suggère également le nouveau court métrage du Comanche Rodrick Pocowatchit, qui personnifie le premier superhéros autochtone (The Incredible NDN (Nouvelle fenêtre)).

Arts vivants

La dramaturge atikamekw Véronique Hébert livrera une performance poético-théâtrale (Là d’où vient notre sang) les 8 et 9 août sur la scène principale de la place des Festivals. L’expérience sera théâtrale, mais aussi sonore et visuelle, évoquera le rôle du territoire ancestral atikamekw à travers l’Histoire, a indiqué l’artiste qui souligne sa passion pour les nouvelles façons de faire du théâtre.

De son côté, l’artiste innue Sonia Robertson présentera une installation interactive (Le sang de la Mère Terre) qui évoluera avec le temps à La Guilde, un musée de la rue Sherbrooke Ouest dédié aux arts autochtones.

Eruoma Awashish devant son œuvre.

L'artiste atikamekw Eruoma Awashish a peint une murale à la mémoire de Joyce Echaquan au Musée d'art de Joliette.

Photo : Musée d'art de Joliette

Arts visuels

Rue Sainte-Catherine, des panneaux géants permettront de découvrir certaines des illustrations de l’artiste multidisciplinaire atikamekw Eruoma Awashish (Nouvelle fenêtre) qui lancera le 9 août un nouvel ouvrage présentant son regard sur la Déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones.

La programmation complète (Nouvelle fenêtre) du Festival sera en ligne le 21 juillet.

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