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La tente pour itinérants du square Cabot maintenue jusqu’au 1er décembre

Une tente fait face à une statue dans un parc ombragé.

La halte-chaleur du square Cabot est située au centre-ville, à proximité de l'ancien Forum.

Photo : Radio-Canada / Mathias Marchal

Mathias Marchal

La tente pour sans-abri du square Cabot qui devait initialement être démantelée cet été restera finalement en place jusqu'au 1er décembre... en attendant de trouver un espace permanent au centre-ville.

En marge d'un point de presse lundi, la mairesse de Montréal a indiqué à Espaces Autochtones que la tente resterait finalement en place jusqu'au 1er décembre.

La réconciliation va prendre du temps et de l'énergie, et sur le chemin, ça prend des projets petits (tente du square Cabot) et grands (construction de la maison de 2e étape du Foyer pour femmes autochtones de Montréal), a ajouté la mairesse Plante en référence aux 23 appartements pour femmes en difficulté qui seront terminés d’ici 18 mois dans l'arrondissement Le Sud-Ouest.

La tente chauffée du square Cabot a été ouverte le 2 février, à peine deux semaines après le décès d’un sans-abri innu.

Raphaël Napa André avait été retrouvé mort de froid dans une toilette chimique installée devant le refuge Open Door, fermé pour la nuit en raison d'une éclosion de COVID-19 et d’un problème de plomberie. Les itinérants devaient alors respecter le couvre-feu, qui a par la suite été assoupli.

La halte-chaleur du square Cabot, qui offre des repas, du café et une quinzaine de chaises pour se reposer, devait initialement être démantelée après deux semaines. Puis à la fin d'avril, une fois le printemps installé.

12 personnes posent au square Cabot à Montréal.

Les parents, les sœurs et le frère de Raphaël André, entourés du chef Jean-Charles Piétacho, d'Alexandra Ambroise, des conseillères Anita McKenzie et Nathalie Gabriel, et de l'aîné Charles Otsi'tsaken:ra‎ Patton.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Paul

À la fin du mois de juin, la famille de Raphaël André était descendue de Matimekush-Lac John, proche de Schefferville, pour lui rendre hommage et en avait profité pour demander que la tente, qui porte désormais son nom, reste en place. À l’époque, la Ville évoquait un démantèlement d’ici quelques semaines.

Même si les beaux jours sont revenus, la tente, qui est ouverte le soir et la nuit, est demeurée en place. Il y a à peine moins de monde, même si l’été est là, mentionne Julio, un Chilien dans la cinquantaine qui prend ses repas ici depuis quatre mois. Il y apprécie la courtoisie du service et la qualité de la nourriture.

Quand ça se bataille dehors, le personnel de la tente sort pour ramener le calme.

Une citation de :Julio, un habitué du lieu

Une observation confirmée par David Chapman, directeur général de Résilience Montréal, un organisme d’aide aux itinérants situé de l’autre côté du square. Résilience Montréal est ouvert le matin et ferme en après-midi, alors que la tente prend le relais le soir et la nuit.

David Chapman et Sarah Papialuk parlent dans un parc.

David Chapman, qui travaille depuis 2014 avec la population itinérante et autochtone du square Cabot, discute avec Sarah Papialuk, une habituée du parc.

Photo : Radio-Canada / Julie Marceau

Mais dans la tente, ils ne font pas qu’offrir du répit l’hiver, ils offrent une forme de sécurité, notamment aux femmes autochtones, quelle que soit la saison, ajoute-t-il.

Trois nations aux commandes

M. Chapman souligne en outre l’efficacité de la collaboration entre nations autochtones dans la gestion du projet.

Ce dernier est en effet piloté à la fois par Nakuset (née d’une mère crie du Manitoba) et Alexandra Ambroise (ancienne policière innue actuellement étudiante en droit), avec l’aide de la communauté mohawk de Kahnawake (qui offre notamment nourriture et sécurité) et du Centre multiservice Mamuk géré par la communauté innue de Québec (qui assure l’accueil et des services de sécurisation culturelle).

Les gestionnaires de la tente cherchent d’ailleurs un espace dans le quartier afin de pérenniser la halte-chaleur.

Pas facile, quand on est en concurrence avec les promoteurs immobiliers et que le marché est en plein boom. Le directeur général de Résilience Montréal en sait quelque chose, puisque l’organisme a eu toutes les peines du monde à acquérir l'immeuble qu’il compte occuper d’ici un an, une fois les travaux réalisés.

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