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Début de la construction d'une maison d'aide aux femmes autochtones

Une femme est au micro dehors devant une façade d'édifice qui ne tient que grâce à d'immenses poutrelles en acier.

Nakuset présente le projet de maison de deuxième étape qui fera face au parc Oscar-Peterson, dans le Sud-Ouest.

Photo : Radio-Canada / Mathias Marchal

D’ici 18 mois, 23 femmes autochtones en difficulté pourront être hébergées dans une maison de deuxième étape dont les travaux ont été lancés officiellement lundi. Une nouvelle approche sera aussi mise de l’avant pour aider ces femmes à garder ou à récupérer leurs enfants.

L’immeuble sera construit dans l’arrondissement du Sud-Ouest, sur le terrain de l’ancien Bain Hushion qui avait été ravagé par un incendie en 1988, mais dont la façade sera préservée. Le Foyer pour femmes autochtones de Montréal avait acquis l'édifice pour 60 000 $.

On voit la détresse des femmes qui passent dans les craques du système ou qui sont victimes de discrimination. Elles ont besoin d’une place où elles pourront rester jusqu’à trois ans pour se reconstruire et faire en sorte que leurs rêves se réalisent, a déclaré Nakuset, directrice du Foyer.

Qu’est-ce qu’une maison de 2e étape?

C’est le prolongement d'une maison d'hébergement pour femmes. On y mène une vie plus indépendante, tout en ayant accès à des services de soutien afin de pouvoir se reconstruire. La durée des séjours est plus longue.

L’immeuble comprendra 23 logements tout équipés. La moitié d’entre eux seront des 3½ pour notamment héberger des femmes célibataires, tandis que l’autre moitié aura deux ou trois chambres qui pourront accueillir des femmes avec enfants.

On y trouvera aussi une salle communautaire pour tenir des ateliers ou des cérémonies et, au rez-de-chaussée, un centre de pédiatrie sociale du Dr Gilles Julien, dont les services seront aussi offerts aux familles du quartier.

Grâce à leurs spécialistes multidisciplinaires, on espère que plusieurs femmes arriveront à garder ou à récupérer plus facilement leurs enfants, car le système actuel de protection de l’enfance a des effets dévastateurs, explique Nakuset, en entrevue à Espaces autochtones.

Une femme dans la cinquantaine regarde l'objectif du photographe.

Nakuset, directrice générale du Foyer pour femmes autochtones de Montréal

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Le Foyer pour femmes autochtones de Montréal a tenté par le passé de développer des ententes avec les Centres Batchaw, mais sans succès.

En 20 ans, à peine cinq ou six femmes sont arrivées à récupérer leurs enfants.

Une citation de :Nakuset, directrice générale du Foyer pour femmes autochtones de Montréal

Invité à ouvrir et à clôturer la cérémonie, le gardien de la foi de la maison longue du sentier Mohawk, Kevin Deer, a souligné l'importance du rôle des femmes.

Les femmes donnent la vie et vont aider les hommes à voir les choses différemment, entendre différemment, parler différemment afin d'agir de façon différente, a déclaré le père de Kahsennenhawe Sky-Deer, élue la semaine dernière grande cheffe de Kahnawake.

Un homme en habit traditionnel parle au micro avec verve.

Le gardien de la foi de la maison longue du sentier Mohawk, Kevin Deer, est venu ouvrir et clôturer la cérémonie.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Un projet emblème

La réalisation du projet, estimé à 12 millions de dollars, sera financée grâce au programme AccèsLogis, un partenariat entre le gouvernement québécois et la Ville de Montréal. Les travaux seront réalisés par Bâtir son quartier qui, depuis 40 ans, coordonne la réalisation de logements communautaires.

Quand on a réfléchi à la stratégie de 12 000 logements sociaux et abordables de notre administration, c’est exactement ce genre d’initiative qu’on avait en tête, a déclaré la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Elle souligne en effet que le lieu offrira des services à la population autochtone tout en étant ouvert sur le quartier, ce qui permettra de tisser des liens et offrira une deuxième vie à un ancien édifice patrimonial.

Une main lâche du tabac dans un réceptacle où brûle un feu.

Le gardien de la foi de la maison longue du sentier Mohawk, Kevin Deer, lors de la cérémonie du feu sacré, cérémonie qui vise à se connecter au feu sacré qui brûle en nous et ainsi se connecter au monde entier.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

L'importance du leadership

D'après le député de Bourget, Richard Campeau, la présence d’une personne comme Nakuset est aussi très importante. Aider [ces femmes] à rebâtir leur confiance en elles, c’est aussi important que de construire du logement social, a-t-il affirmé.

Selon un rapport (Nouvelle fenêtre) d'ISHKUTEU (feu en innu), un organisme spécialisé dans l’aide aux femmes violentées, le taux de violence conjugale déclarée par les femmes autochtones au Canada est trois fois plus élevé que chez les non-Autochtones.

Les données de Statistique Canada de 2014 indiquent que 10 % des femmes autochtones ont été agressées par leur conjoint ou ex-conjoint au cours des cinq années précédentes, comparativement à 3 % des femmes non autochtones. Si ce taux est passé de 25 % à 10 % entre 2006 et 2014, l’écart de proportion entre Autochtones et non-Autochtones reste le même.

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