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L'Université de Guelph propose un nouveau bac en environnement et savoir autochtone

Une étudiant marchant sur le campus de l'Université de Guelph.

Ce nouveau diplôme scientifique met l'accent sur l'alliance entre systèmes de connaissances autochtones et occidentaux pour aborder les défis environnementaux.

Photo : The Canadian Press / Hannah Yoon

Maud Cucchi

Des cours de sociologie sur l’histoire du colonialisme au Canada offerts parallèlement aux matières scientifiques : c’est ce que propose le tout nouveau baccalauréat en sciences et pratiques environnementales autochtones, une formation disponible dès l’automne au Collège d'agriculture de l'Ontario (OAC), sous l’égide de l’Université de Guelph.

Nous voulions que les étudiants adoptent une perspective critique et décoloniale à l'approche existante de la science et de la pratique environnementale au Canada, présente d’emblée Jon Warland, vice-doyen de l’OAC.

Le programme interdisciplinaire de quatre ans se propose de concilier les approches autochtones et non autochtones de la protection de l'environnement en formant les étudiants aux systèmes de connaissances des Premières Nations, parallèlement aux sciences environnementales occidentales.

En organisant des recherches sur le terrain, des cours adaptés aux réalités et à la culture autochtones ou encore des cercles de discussion avec des détenteurs du savoir traditionnel, le cursus invite in fine les étudiants à mener leur stage de quatrième année au sein des communautés, en fonction des besoins de celles-ci.

Les questions autour de l'eau, que l'on pense à la protection de l'eau, aux ressources en eau ou à la gestion de l'eau, pourraient se retrouver dans les projets finaux, anticipe M. Warland, tout en précisant que les recherches devront s’aligner sur les orientations transmises par les communautés partenaires.

Les cours comprendront également un volet juridique sur les droits inhérents des peuples autochtones, ceux protégés par les traités et la Constitution, ou encore sur l'obligation de consulter les communautés dans la gestion de projets les concernant.

En somme, il s’agit de former des scientifiques qui feront preuve de maturité morale et de compétence interculturelle dans leurs futures responsabilités professionnelles, défend l’OAC.

Le baccalauréat en sciences et pratiques environnementales autochtones cherche donc à attirer les étudiants en sciences qui souhaiteraient se pencher sur les enjeux les plus urgents auxquels est confronté le Canada : la réconciliation avec les Autochtones et la crise environnementale qui se passe tout autour de nous, résume le vice-doyen.

Sortir des ornières

Alors que la crise climatique frappe de plein fouet, il était grand temps de changer la manière d'enseigner l'environnement, insiste Jon Warland.

La tradition occidentale a tendance à être réductionniste, à essayer d'isoler des éléments de l'environnement pour les étudier de manière isolée.

Une citation de :Jon Warland, vice-doyen de l'OAC

La voie relationnelle est essentielle lorsqu'il s'agit [d'aborder] nos problèmes environnementaux, car de nombreuses choses sont interconnectées et interreliées, poursuit Jon Warland. Les sciences occidentales commencent à en tenir compte, comme l'a fait la dernière génération de scientifiques, mais nos méthodes se concentrent toujours sur l'isolement des éléments individuels.

L'ouverture à d'autres modes de connaissance apporterait donc une approche plus holistique et mieux adaptée aux sciences de l'environnement. Je pense que cela va être extrêmement puissant, se réjouit-il sur ce changement de paradigme dans l'enseignement scientifique.

Équipe agrandie

Une douzaine de professeurs accompagneront la première cohorte d'étudiants qui sera accueillie sur le campus dès cet automne.

La création du nouveau baccalauréat a également conduit à l’embauche de deux nouveaux professeurs autochtones, Jesse Popp, membre du territoire non cédé de Wiikwemkoong, sur l’île Manitoulin, première femme autochtone à avoir terminé un doctorat spécialisé dans les sciences naturelles à l'Université Laurentienne, dans le Grand Sudbury.

Elle sera rejointe en novembre par Susan Chiblow, de la Première nation de Garden River, en Ontario, qui a notamment travaillé auprès des chefs de l'Ontario à titre de coordonnatrice environnementale.

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