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Le territoire pour retrouver ses racines autochtones et se découvrir

Des personnes marchent sur le sommet d'une montagne.

Les séjours de ressourcements auront lieu au mont Ham, situé en Estrie.

Photo : Marie-Claude Simard

La nature deviendra un terrain de jeu pour les Abénakis lors d’un programme de ressourcements en territoire. Retrouver ses racines, sa culture, partager ses connaissances et ses difficultés. Ils partiront en expédition au mont Ham, un projet du Grand Conseil de la Nation Waban-Aki dans lequel l’intervention et l’approche holistique se côtoient.

Les Premières Nations ont l’habitude de se retrouver dans la nature dans le cadre de séjours de ressourcements. Mais pour certaines communautés à proximité des villes, comme les Abénaquis, qui sont très étendus sur le territoire, il est plus difficile de se rassembler.

Ça faisait longtemps que les services sociaux du Grand Conseil de la Nation Waban-Aki on voulait proposer ce genre de service de ressourcements en territoire, utiliser le territoire ancestral pour vraiment rassembler la nation et aussi travailler des objectifs uniques, explique Laure Tardif, coordonnatrice des services de première ligne N8wkika, qui signifie semer à long terme en langue abénakise, une langue qui a pratiquement disparu.

Pour construire son projet, le Grand Conseil s’est tourné vers l’expertise du Grand Chemin qui aide des jeunes à surmonter leur dépendance en offrant des séjours thérapeutiques. Ces dernières années, l’organisme a développé une expertise dans l'intervention par la nature et l’aventure (INA). L’idée est d’utiliser le plein air lors d’interventions psychosociales.

Je tiens à le mentionner, ce n’est pas nouveau que les Premières Nations vont dans la nature, mais c’est nouveau que la recherche occidentale s’y intéresse.

Une citation de :Jessica Bourbonnière, coordonnatrice de l’INA au Grand Chemin

Les séjours en forêt sont méticuleusement préparés pour répondre aux besoins des participants. Plusieurs études scientifiques ont d’ailleurs démontré les bienfaits du plein air sur la santé physique, mais aussi sur la santé mentale.

On parle beaucoup de diminution de l’anxiété qui est vraiment prouvée sans contredit, mais aussi une diminution des symptômes de la dépression, une augmentation de la concentration, un meilleur sommeil, une augmentation du système immunitaire et tout plein d’autres qu’on pourrait encore nommer, mais aussi l’apport de la nature aux communautés est important, souligne l’intervenante.

Des personnes autour d'une table de pique-nique.

Une vingtaine d'intervenants ont participé à une formation le 17 juin dernier.

Photo : Marie-Claude Simard

Communautaires et thérapeutiques

Les séjours de ressourcements du Grand Conseil sont divisés en deux volets : communautaires et thérapeutiques.

Un premier séjour de deux nuits aura lieu au mois d’août au mont Ham, un lieu où la culture abénakise est mise en valeur. Si les règles sanitaires le permettent, jusqu’à 40 personnes pourront participer à l’expédition.

Il y a une volonté de réapprendre, de réintégrer certaines activités culturelles, c’est un peu tout ce qui est derrière ce programme-là : un ressourcement intergénérationnel, c’est pour ça qu’on propose des activités autant qui vont s’adresser aux jeunes, aux enfants, aux aînés; on veut une diversité, affirme Laure Tardif.

L’objectif du ressourcement communautaire, c’est de permettre aux membres de la nation d’explorer des activités culturelles avec des porteurs de savoir.

Une citation de :Laure Tardif, coordonnatrice des services de première ligne N8wkika pour le Grand Conseil de la Nation Waban-Aki

Le séjour comprend l’ascension du mont Ham pendant la nuit pour arriver au sommet au lever du soleil, de l’artisanat et de l’histoire.

Le thème qui a été choisi pour ce ressourcement-là, c’est l’exploration culturelle […] les Abénakis entre eux, c’est un peuple qui a vécu comme tous les Autochtones beaucoup d'acculturation, rappelle Jessica Bourbonnière.

L’autre volet, prévu en octobre, est thérapeutique. Ces séjours s’adressent à des membres de la communauté qui ont fait une demande d’aide aux centres de santé d’Odanak ou de Wôlinak.

Ça s’adresse vraiment à des clientèles ciblées, donc par exemple une famille qui aurait besoin de médiation familiale, un groupe d’adolescents qui auraient des problèmes de dépendances, un groupe de femmes qui vit de la violence conjugale, ajoute la coordonnatrice du Grand Chemin.

Un secteur du mont Ham s'appelle Wakan-Aki. On peut voir une affiche et un tipi.

Le Parc régional du Mont-Ham offre une expérience touristique aux couleurs abénakises.

Photo : Marie-Claude Simard

Le mot ressourcement est évocateur un peu de tous les types de ressourcements, que ce soit de revenir aux sources, de la culture, ou aux sources de soi-même ou de se reconnecter avec soi pour mieux être résilient par la suite.

Une citation de :Jessica Bourbonnière, coordonnatrice de l’INA au Grand Chemin

Le programme, monté de A à Z pour les Abénakis, se base aussi sur l’approche holistique. L'idée, c’est d’explorer les différentes sphères de la roue de médecine, les sphères mentale, physique, spirituelle, émotionnelle, en vue de faire un portrait de sa roue de médecine personnelle et de bien cibler les besoins actuels, explique Jessica Bourbonnière.

Les traumatismes vécus par les Abénakis, comme toutes les autres communautés du pays, sont nombreux. Les discussions et les sujets évoqués durant les ressourcements risquent d’être variés.

L’important, c’est que les choses soient nommées, que ça amène des discussions importantes entre les générations, et si ce ressourcement sur le territoire peut favoriser les relations culturelles et la guérison personnelle et communautaire des membres des Premières Nations, je pense que la nature peut vraiment être un élément porteur, conclut Jessica Bourbonnière.

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