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Ligne Appalaches-Maine : 5 Premières Nations mettent en demeure Hydro-Québec

Des pylônes électriques.

Des lignes à haute tension d'Hydro-Québec près de Saint-Félix-de-Valois, au Québec.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Les communautés de Lac-Simon, Kitcisakik, Pikogan, Wemotaci et Pessamit ont déposé une mise en demeure contre Hydro-Québec et le gouvernement provincial dans le but de suspendre le projet de construction de la ligne électrique Appalaches-Maine qui doit permettre à la société d'État d'exporter son énergie au Massachusetts.

Les cinq Premières Nations affirment qu'elles comptent intenter une poursuite si Québec et Hydro-Québec n'obtempèrent pas.

Si Hydro-Québec et son patron, le gouvernement du Québec, [...] prennent à nouveau la décision d'ignorer nos revendications et de passer outre à nos demandes de consultations [...] : on se reverra en cour!

Une citation de :Les cinq Premières Nations, dans un communiqué

Selon ces communautés, le gouvernement du Québec et Hydro-Québec n'ont pas tenu compte de leurs droits ancestraux alors que plus de 36 % de l'électricité devant être exportée vers les États-Unis provient de leurs territoires. Dans un communiqué paru mardi, elles dénoncent le fait qu'elles n'aient jamais été consultées, compensées ni accommodées.

Selon Gérald Hervieux, le vice-chef du conseil de bande de la communauté innue de Pessamit, sur la Côte-Nord, ce n'est pas la ligne elle-même qui pose problème, car elle ne passe pas sur les territoires des communautés.

Ces dernières s'inquiètent cependant de l'accroissement de la demande d'électricité, qui présente, disent-elles, une menace pour leurs territoires de chasse et de pêche, car le fait de produire plus d'électricité implique de turbiner davantage d'eau, ce qui fait baisser les niveaux des réservoirs et augmenter le débit des rivières.

M. Hervieux affirme que ces changements menacent la flore ainsi que la faune aquatique et terrestre. Le castor est affecté et l'orignal descend moins. Il y a plusieurs éléments qui vont avoir un impact sur notre mode de vie. On s'est aperçu que le lac Pipmuacan baisse et qu'il baisse souvent, dit-il.

Les communautés autochtones réclament donc des discussions et des négociations avec Hydro-Québec, à défaut de quoi elles ont l'intention de passer par les tribunaux.

Territoire et partage de la richesse

Gérald Hervieux considère que la mise en demeure n'a pas été motivée par une question d'argent, mais plutôt par le désir des communautés de voir leurs territoires reconnus.

Pour sa part, Guy Laloche, le porte-parole du conseil de bande de la communauté de Wemotaci, en Haute-Mauricie, avoue que sa communauté a besoin d'emplois, parce qu'[elle] a une population jeune.

Il ajoute que Wemotaci songe à plusieurs projets de développement. Si on n'a pas accès aux ressources naturelles, on ne pourra pas maintenir ce rythme, précise-t-il.

M. Laloche souligne qu'il y a une dizaine de barrages sur la rivière Saint-Maurice près de Wemotaci, mais que seulement deux d'entre eux ont déjà fait l'objet d'ententes.

Cependant, ni Gérald Hervieux ni Guy Laloche n'accusent Hydro-Québec de refuser de leur parler. Ils ont démontré de belles ouvertures chez Hydro-Québec, mais des fois, les discours et ce qui se conclut sur papier, ce n'est pas toujours pareil, fait valoir M. Laloche.

Les cinq communautés avaient déjà signalé leur opposition à ce projet de ligne électrique.

L'an dernier, elles s'étaient adressées au Département américain de l'Énergie afin de mettre un frein au projet. Elles déploraient alors que le dialogue ne menait nulle part avec le gouvernement Legault.

Pas de réels impacts, dit Hydro-Québec

Du côté d'Hydro-Québec, on assure être ouverts à discuter, à travailler en collaboration avec les communautés autochtones.

La porte-parole de la société d'État, Lynn St-Laurent, souligne cependant que la Régie d'énergie du Canada, qui a évalué le projet durant environ 20 mois, s'est penchée sur l'opposition de la coalition et a indiqué qu'il n'y avait pas d'enjeux très clairement identifiés reliés au projet.

Elle assure également que toutes les installations hydroélectriques ont des normes qui fixent des limites de contrôle des niveaux d'eau.

Les exportations vont se faire selon ce qui est permis pour chacune de nos installations. Ça veut dire que les niveaux minimum et maximum des réservoirs seront inchangés par la construction et l'opération d'une ligne de transport additionnelle.

Une citation de :Lynn St-Laurent, porte-parole d'Hydro-Québec
Avec les informations de La Presse canadienne

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