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Une première gouverneure générale autochtone, « un choix historique »

Mary Simon s'adresse aux Canadiens lors de sa nomination.

La nouvelle gouverneure générale du Canada, Mary Simon.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

La nomination de l'Inuk Mary Simon comme 30e gouverneure générale du Canada est accueillie avec fierté dans la sphère politique autochtone. Cependant, la « nature coloniale » de son rôle rend certains internautes perplexes.

Michèle Audette, ancienne commissaire de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) et conseillère à la réconciliation à l'Université Laval, a pu rencontrer Mme Simon à quelques reprises, notamment à l'Organisation des Nations unies.

Je pense que [le gouvernement a] fait un choix remarquable et historique, a-t-elle affirmé sur les ondes de RDI. Je suis rassurée de savoir qu'elle pourra continuer de parler de sa vérité et celle des premiers peuples.

L'Association des Femmes autochtones du Canada (AFAC) a réagi à l'annonce de cette nomination par communiqué.

En tant que femmes autochtones, nous sommes ravies de l'annonce d'aujourd'hui et fières qu'une femme inuk occupe enfin ce poste prestigieux, peut-on y lire.

Nous devons par contre souligner que Mme Simon devra jouer un important rôle dans un système de gouvernance qui demeure colonial, nuance cependant le communiqué.

Aussi par voie de communiqué, Femmes autochtones du Québec (FAQ) se réjouit de cette nomination.

« FAQ est honorée de constater que la personne qui occupera ce poste en question est non seulement une femme, mais aussi une Autochtone, est-il écrit. Notre organisation est d’avis que cette double représentativité est symbolique d’une nouvelle ère pour le droit des femmes autochtones. »

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard, a quant à lui d'abord transmis ses félicitations à Mme Simon sur Twitter.

Au nom des Premières Nations du Québec et du Labrador, je tiens à exprimer mes plus sincères félicitations à la première gouverneure générale autochtone du Canada Madame Mary Simon, a-t-il écrit en anglais.

Le Canada sort clairement des sentiers battus, a ajouté M. Picard lors d'une entrevue téléphonique avec Espaces autochtones, notant au passage la très bonne réputation de Mary Simon.

Quant à la nature du rôle d'une gouverneure générale, il est d'avis que le poste est surtout symbolique et qu'ainsi les communautés autochtones auront des attentes en conséquence.

Mary est une diplomate, une militante et une femme inuk forte. J'ai hâte de travailler avec elle en tant que représentante de la Couronne au Canada, a pour sa part écrit le chef national de l'Assemblée des Premières Nations (APN) Perry Bellegarde, également sur Twitter.

Quant à Jean-Charles Piétacho, chef de la communauté innue d'Ekuanitshit sur la Côte-Nord, au Québec, il a écrit sur Facebook souhaiter que Mme Simon utilise ce poste pour dénoncer les événements liés à la Reine et qu’elle prône l’autodétermination des peuples autochtones.

Un symbole du colonialisme

Sur les réseaux sociaux, la nomination de Mary Simon est accueillie avec une certaine réserve. Le poste de gouverneur général est un poste de représentation du monarque du Royaume-Uni et constitue un symbole du colonialisme, expliquent certains utilisateurs de Twitter.

Le bureau canadien du gouverneur général est un héritage colonialiste par excellence, un rappel douloureux de la façon dont toute cette terre a été volée aux peuples autochtones, a écrit un internaute.

Avoir un Autochtone comme représentant de la reine d'Angleterre c'est faire 10 pas en arrière. On envoie vraiment un message de soumission, a écrit la militante et chroniqueuse Maïtée Saganash dans une publication sur Twitter par la suite supprimée.

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