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Tourisme autochtone : de l’optimisme dans l’air

Des gens dans un canot qui observent une baleine.

Cette année, l'industrie du tourisme autochtone doit essentiellement compter sur les voyageurs locaux.

Photo : Essipit

Après une année 2020 extrêmement difficile pour les acteurs de l’industrie touristique autochtone, les efforts de vaccination et l’allègement des mesures sanitaires laissent présager une saison estivale plus rentable.

Cette année devrait quand même être une bonne année, indique Jeannine Villeneuve, la directrice des communications d’Essipit qui propose excursions et hébergements sur la Côte-Nord.

Même son de cloche chez La Famille Lalo de Nutashkuan, qui offre notamment des sorties pour assister à une pêche traditionnelle innue. L’été s’annonce bien, nous sommes très optimistes, dit Daniel Lalo, le fondateur.

La pandémie n’a pas non plus refroidi Marc-Antoine Istapao, qui a décidé d’ouvrir un camping également à Nutashkuan. Il a accueilli ses premiers touristes le 1er juillet, car il veut faire découvrir la culture innue.

Et depuis, il assure que le téléphone n’arrête pas de sonner.

Des tipis éclairés dans la nuit.

Un nouveau camping a ouvert à Nutashkuan pour répondre à la demande. Les offres d'hébergements sont en effet limitées dans ce secteur.

Photo : Camping Nutshimit / Facebook Camping Nutshimit

Et ces premiers clients, ils étaient d’ailleurs Québécois. Ce sont surtout eux qui remplissent les campings et les hôtels cette année. Essipit, par exemple, a un bon bassin de touristes québécois : 60 à 65 % de sa clientèle, indique Mme Villeneuve. Le reste venant de l’Europe et des États-Unis.

Les Européens, grands absents

Mais cette clientèle internationale manque à d’autres, comme Claude Boivin, propriétaire d’Aventure Plume blanche à Mashteuiatsh, au Lac-Saint-Jean, qui propose des séjours pour pleinement s’imprégner de la culture autochtone.

Depuis le début du mois de juin, il dit avoir compté 10 réservations à peine. Prochainement, un groupe vient de Montréal pour 4-5 jours. Un autre client habituel vient tous les ans pour un séminaire avec un groupe. C’est à ça que ressemble mon mois de juillet et je ne suis pas vraiment optimiste pour août, confie-t-il au téléphone.

Un ours noir.

Essipit organise des tours d'observation de l'ours pour les touristes.

Photo : Essipit

Pourtant, j’entends dire que partout ailleurs, c’est plein, ajoute-t-il, un peu désespéré, en indiquant compter surtout sur l’été 2022.

J’ai déjà sept réservations de sept groupes de 12 personnes et ce ne sont que des Européens. C’est quand même bon. Quand l’Europe revivra, je revivrai, lance-t-il en riant.

Claude Boivin reçoit pourtant des demandes de touristes québécois, mais ses installations ne lui permettent pas de répondre à leurs attentes. On me demande souvent si j’ai des emplacements pour planter des tentes ou installer des roulottes. Moi, je ne fais pas ça, explique-t-il.

C’est sûr que les Québécois sont plus familiers avec de courts séjours en VR notamment, alors pour certains de nos membres ça peut être difficile, car ils s’étaient adaptés à une clientèle européenne, mais il faut voir cela comme une opportunité pour s’ouvrir à la clientèle québécoise, répond Andrew Germain, conseiller marketing pour Tourisme autochtone Québec.

Des gens qui observent le fleuve.

Le tourisme autochtone a beaucoup souffert durant la pandémie. D'après l'ATAC, entre 2019 et 2020, le tourisme autochtone au Canada a connu une baisse significative de 65,9% en contribution au PIB.

Photo : Essipit

La famille Lalo s’enligne aussi pour accueillir l’année prochaine des touristes hors Québec, tout comme Marc-Antoine Istapao, le copropriétaire du camping Nutshimit de Nutashkuan.

On va travailler pour faire de la publicité à l’international pour l’an prochain, dit-il.

Situation disparate

L’état de la situation n’est toutefois pas le même suivant la région du Québec. Le Nunavik et la région de l’Eeyou Istchee Baie-James étaient totalement fermés depuis le 13 mars. Elles rouvrent désormais, même si toutes les communautés n’ont pas forcément décidé d’accueillir des touristes, indique M. Germain.

Ailleurs, le Québec est passé au vert et les réservations vont bon train. On voit beaucoup de Québécois et d’Ontariens qui viennent, assure-t-il.

Un homme de dos en canot.

Le tourisme reprend globalement dans tout le pays, même si quelques régions s'ouvrent plus lentement.

Photo : Frank Antoine

Dans le reste du pays, l’Association touristique autochtone du Canada (ATAC) observe une augmentation de l’achalandage sur son site Internet, mais il est encore trop tôt pour commenter cette augmentation sur le terrain, dit Jason Picard-Binet, responsable des ventes.

Il précise que pour les territoires, surtout dans le nord du pays, la réouverture est plus lente, notamment dans les Territoire du Nord-Ouest. Le Yukon quant à lui, vient tout juste de rouvrir sa bulle avec la Colombie-Britannique.

L’Association touristique autochtone du Canada rappelle qu’entre 2019 et 2020, le tourisme autochtone au Canada a connu une baisse significative de 65,9 % en contribution au PIB (555 millions de dollars) et une perte de 59,4 % des emplois (14 624 emplois).

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