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Des leaders autochtones déplorent la vague d’incendies dans des églises

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L'église centenaire de Morinville, en Alberta, a été entièrement détruite par les flammes.

Photo : Radio-Canada / Andréanne Williams

Radio-Canada

Le chef national de l'Assemblée des Premières Nations (APN), Perry Bellegarde, dit comprendre la frustration et la douleur provoquées par les découvertes de tombes anonymes près d'anciens pensionnats, mais il condamne toutefois la vague d'incendies dans des églises à travers le pays. Ces incendies ne sont pas une manière « d'obtenir justice », selon lui.

Plusieurs églises catholiques ont récemment été vandalisées ou endommagées par des incendies à la suite de la découverte de tombes anonymes sur les sites d'anciens pensionnats en Colombie-Britannique et en Saskatchewan.

Cette vague d'incendies a débuté moins d'un mois après la découverte de ce que l'on croit être les restes de 215 enfants sur le site d'un ancien pensionnat à Kamloops, en Colombie-Britannique.

Détruire l'histoire des autres ne construit en rien la nôtre, a affirmé vendredi le chef Bellegarde dans une déclaration écrite.

« Brûler nos églises ne nous aide en aucun cas à construire un pays meilleur, plus fort et plus unifié, fondé sur le respect mutuel. Je crois à l'unification plutôt que la division. »

— Une citation de  Perry Bellegarde, chef de l'Assemblée des Premières Nations, dans une déclaration

Nous devons résister à la tentation de la violence et nous tourner vers [...] tout ce que nos aînés nous ont appris sur la coexistence pacifique et le respect mutuel, a-t-il ajouté.

Le premier ministre Justin Trudeau a joint sa voix à celle de Perry Bellegarde.

Ce n'est pas la voie à suivre. La destruction de lieux de culte est inacceptable et elle doit cesser, a déclaré le premier ministre cette semaine. Nous devons travailler ensemble pour réparer les torts du passé.

En Colombie-Britannique, cinq églises catholiques et anglicanes ont été ravagées par les flammes.

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Un incendie a détruit l'église Chopaka à Lower Similkameen, en Colombie-Britannique.

Photo : Fournie par le chef Keith Crow

Tôt mercredi matin, une église catholique de l'Alberta a été détruite par un incendie et une autre église catholique d'une Première Nation de la Nouvelle-Écosse a aussi été endommagée.

Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney, a condamné l'incendie de la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Morinville, le qualifiant de crime haineux violent ciblant la communauté catholique.

Audrey Poitras, présidente de la Nation métisse de l'Alberta, affirme par ailleurs que la ville et l'église entretiennent des relations étroites avec la communauté métisse.

Certains de nos citoyens se sont mariés là-bas. Certains ont laissé des chaussures sur les marches pour commémorer les enfants dont la vie a été perdue dans les pensionnats, a écrit Mme Poitras dans un communiqué.

La violence et la destruction ne sont pas la voie à suivre en ces temps difficiles, peut-on également lire dans ce même communiqué.

David Chartrand, vice-président du Ralliement national des Métis, souligne que de nombreux Autochtones sont catholiques et que la destruction d'églises peut exacerber le traumatisme qu'ils subissent déjà.

M. Chartrand, qui doit faire partie d'une délégation autochtone visitant le pape plus tard cette année, explique que même si des excuses du Vatican sont nécessaires, l'Église continue de jouer un rôle important dans la vie de nombreux Autochtones.

Il existe des coutumes de notre culture que nous avons intégrées aux églises, dit-il.

Un héritage douloureux

La Première Nation de Cowessess, dans le sud-est de la Saskatchewan, a annoncé la découverte de 751 tombes anonymes potentielles sur le site de l'ancien pensionnat de Marieval.

Et mercredi, la communauté de Lower Kootenay, en Colombie-Britannique, a déclaré avoir localisé les restes de 182 personnes dans des sépultures anonymes près d'un ancien site de pensionnat.

Quelque 150 000 enfants autochtones ont été forcés de fréquenter des pensionnats, ouverts pendant plus de 120 ans au Canada.

Plus de 60 % de ces établissements étaient dirigés par l'Église catholique.

La Commission de vérité et réconciliation (CVR) a détaillé les mauvais traitements dans les écoles, y compris les abus émotionnels, physiques et sexuels des enfants.

La CVR a aussi conclu que le surpeuplement, la mauvaise nutrition et les soins médicaux de qualité inférieure rendaient les enfants plus susceptibles de mourir de maladie et d'infection dans les pensionnats.

Avec les informations de La Presse canadienne

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