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Une fête du Canada marquée par des refus de célébrer

Des personnages Lego devant une plaque de Lego représentant le drapeau du Canada. Parmi les personnages : le premier ministre Justin Trudeau et un groupe de finissants.

Tyler Walsh a créé cette vidéo pour la fête du Canada de l'an dernier.

Photo : Fournie par Tyler Walsh

Gabrielle Paul

À la lumière des découvertes de sépultures anonymes près d’anciens pensionnats à Kamloops, à Lower Kootney et à Marieval, des dizaines de municipalités, partout au pays, ont décidé d’annuler ou de modifier leurs activités liées à la fête du Canada afin de montrer leur appui aux peuples autochtones.

C’est le cas notamment de Lac-Brome, en Estrie, et de New Carlisle, en Gaspésie.

À Lac-Brome, les autorités municipales espèrent ainsi susciter un moment de réflexion au sein de la population afin de prendre connaissance du travail accompli par des organismes sensibles aux réalités autochtones.

La Municipalité de New Carlisle a pris la décision d’annuler son défilé du 1er juillet entre autres par solidarité avec les Autochtones. Par contre, peu de citoyens se seraient inscrits à l’activité, a-t-il également été précisé.

Si plusieurs municipalités des provinces et territoires de l’Ouest ont signalé des intentions similaires, c’est au Nouveau-Brunswick que le plus de municipalités ont décidé d’annuler leurs festivités.

Dans cette province, le bal a été lancé par le village de Cap-Pelé, qui a été suivi par près d’une quinzaine d’autres municipalités. C’était très clair […] que les festivités du 1er juillet devaient être mises sur pause. Naturellement, c'est en collaboration aussi avec la Première Nation malécite du Madawaska, a expliqué le maire de la ville d’Edmundston, Éric Marquis.

Villes où les festivités ont été annulées

Québec : Lac-Brome (Estrie); New Carlisle, Cascapédia, Saint-Jules, New Richmond (Gaspésie).

Nouveau-Brunswick : Moncton, Edmundston, Miramichi, Dalhousie, Tracadie, Balmoral, Charlo, Cap-Pelé, Caraquet, New Maryland, Rogersville, Fredericton, Saint-Jean, Bathurst.

Ontario : Belleville, Sarnia, Guelph, Pickering.

Manitoba : Churchill.

Saskatchewan : Regina, Saskatoon, Melville, Meadow Lake, Air Ronge, La Ronge.

Alberta : Saint-Albert.

Colombie-Britannique : Victoria, Kelowna.

Yukon : Dawson, Haines Junction, Carmacks.

Certaines villes ont cependant annulé leurs activités du 1er juillet en raison de la situation sanitaire. C’est entre autres le cas à Whitehorse, au Yukon, où les célébrations ont été annulées à la suite d’une éclosion de COVID-19.

D'autres villes ont quant à elle décidé de maintenir leurs activités prévues, mais en modifiant leur programmation afin d’inclure davantage les Premières Nations.

À Winnipeg, au Manitoba, une marche commémorative aura d’ailleurs lieu.

À Windsor, en Ontario, l’hôtel de ville sera éclairé d’orange lors de la fête nationale, et des informations sur l’histoire des Autochtones seront rendues accessibles aux citoyens de la ville.

Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest, compte également rendre hommage aux peuples autochtones le 1er juillet.

Des organisations emboîtent le pas

Outre les municipalités, de nombreuses organisations ont aussi décidé de ne pas tenir de célébrations de la fête nationale.

C’est le cas du Musée canadien de l’histoire, qui compte également être illuminé d’orange et mettre en berne ses drapeaux afin de rendre hommage aux enfants disparus en raison des pensionnats.

 Le Musée estime qu’il est de sa responsabilité d’aborder cette tragédie nationale. Le Musée de l’histoire ne présentera donc pas d’activités spéciales liées à la fête du Canada, avait écrit la présidente-directrice générale par intérim, Caroline Dromaguet, dans un courriel envoyé aux employés du Musée plus tôt cette semaine.

L'établissement demeura cependant ouvert le 1er juillet.

En Gaspésie, le Musée acadien du Québec et le Site historique national de Paspébiac ont annulé leur programmation.

C’est important pour nous que s'amorce en nous une réflexion qui va durer plus qu'une journée. Ça va plus loin que l'annulation des activités pour la fête du Canada , a affirmé la directrice du Musée acadien du Québec, Rachel Lapointe.

On se sentait un peu mal à l’aise, timorés, à l’idée d’offrir une activité récréative à un moment où les communautés autochtones se recueillaient, a pour sa part précisé Nicole Grenier, la présidente du Site historique national de Paspébiac.

Au musée Science Nord, à Sudbury, en Ontario, les activités prévues n’auront également pas lieu afin de reconnaître les défis qu’on a au pays en solidarité avec les Autochtones et plus particulièrement aux victimes des pensionnats autochtones , a expliqué le directeur de l’établissement, Guy Labine.

On encourage la population à prendre ce temps pour réfléchir à l’histoire et à l’impact du legs de la situation, a souligné M. Labine.

Science Nord compte également présenter du matériel de l’exposition itinérante intitulée Génie autochtone dans les prochaines semaines.

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