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Sépultures de pensionnaires : il faut traduire les responsables en justice, dit l'AFAC

L'Association des femmes autochtones du Canada appelle au dépôt d'accusations criminelles contre les responsables des morts d'enfants autochtones, encore à élucider.

Un ourson en peluche blanc et un vire-vent devant une plaque avec des noms

Des objets ont été déposés devant une plaque commémorant les enfants décédés au pensionnat autochtone de St-Paul, à North Vancouver.

Photo : Radio-Canada

L'Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) exhorte le procureur général du Canada à déposer « immédiatement » des accusations criminelles contre les gouvernements, églises et autres responsables avérés de la mort d’enfants qui ont été scolarisés dans les pensionnats pour Autochtones.

Dans une lettre ouverte, l'AFAC demande à ce que tous les sites de ces pensionnats soient déclarés scènes de crime et que des enquêtes y soient menées afin d’établir les circonstances de chaque décès, et d’en déterminer les responsabilités.

Nous demandons que des accusations soient portées contre les personnes encore vivantes qui ont perpétré ces crimes, y compris les membres d’ordres religieux qui dirigeaient ces pensionnats et ceux des gouvernements et des églises dont la complicité est connue, énumère la déclaration.

Cette requête s’inscrit dans la foulée de la récente découverte de quelque 750 tombes anonymes au pensionnat de Marieval, près de Saskatoon. Là, les membres de la Première Nation de Cowessess considèrent déjà l'ensemble du site comme une scène de crime, selon le chef Cadmus Delorme, mais la communauté doit consulter aînés et experts avant d’aller de l’avant dans ses démarches judiciaires.

L’AFAC justifie sa demande de poursuites pénales en s'appuyant sur le Code criminel du Canada qui permet de porter de telles accusations contre les gouvernements et les institutions, y compris les églises, dans les cas où ils ont manqué à l’obligation de fournir le nécessaire aux personnes dont ils avaient la garde.

« Au Canada, nous vivons en société de droit. Le droit ne permet pas à ceux qui sont responsables de la mort d’enfants de s’en tirer impunément. »

— Une citation de  Déclaration de l'Association des femmes autochtones du Canada

L'AFAC rappelle, en outre, qu'il existe déjà des témoignages sur la torture et les abus commis dans les pensionnats, lesquels ont été présentés à la Commission de vérité et de réconciliation.

Réveil collectif

L'association autochtone épingle aussi la lenteur des démarches entreprises pour retrouver les corps, et ce, en dépit des fonds fédéraux octroyés pour les financer.

Même si le gouvernement libéral actuel a attribué la somme de 27 millions de dollars dans son budget de 2019 pour la recherche de ces tombes, très peu de cet argent a été dépensé avant que la population du Canada soit stupéfaite par la découverte de 215 corps à Kamloops, en Colombie-Britannique, déplore l’AFAC dans sa lettre.

Mais au-delà de l’indignation, de la colère et de la révolte générale – essentielles dans le processus de réconciliation, indique la déclaration – la reddition de comptes devant la justice s’avère elle aussi fondamentale pour œuvrer à la réconciliation des peuples.

« [La réconciliation] nécessite que les coupables soient traduits en justice. Elle exige que les personnes responsables de la mort de ces milliers d’enfants soient assujetties à toute la rigueur de la loi. »

— Une citation de  Déclaration de l'AFAC

Au lendemain de la publication de cette lettre, Lynne Groulx, la directrice générale de l'AFAC, a assimilé le système canadien de protection de la jeunesse à un nouveau système de pensionnats.

Alors que nous continuons à pleurer les enfants autochtones que nous avons perdus, écrit-elle sur Twitter, nous pouvons ensemble agir pour les enfants autochtones qui sont encore enlevés à leurs familles aujourd'hui. Le système canadien de protection de l'enfance est le nouveau système de pensionnats.

Dans un rapport publié peu de temps avant les découvertes des sépultures anonymes d’enfants autochtones, la Commission Laurent faisait alors valoir l'urgence d'agir pour mettre en œuvre les solutions proposées par de précédentes commissions d'enquête en ce qui a trait aux jeunes Autochtones, surreprésentés dans le système de protection de la jeunesse.

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