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Devoir de mémoire, film-choc sur le racisme systémique en santé au Canada

Financé par l'Association médicale canadienne, Devoir de mémoire sera utilisé dans les écoles de médecine au pays pour sensibiliser les professionnels de la santé.

Un montage de différentes scènes du films Devoir de mémoire.

Devoir de mémoire explore la question du racisme systémique à travers cinq étapes de la vie, de la naissance à la vieillesse.

Photo : Build Films et Networked Health

Stérilisation forcée, expérimentation humaine, négligence volontaire : les expériences des peuples autochtones au sein du système de santé canadien sont exposées sans ambages dans un nouveau un court métrage en cinq volets sorti cette semaine.

Le producteur délégué de Devoir de mémoire, le Dr Ewan Affleck, explique que ce film de 35 minutes s'adresse avant tout aux acteurs du domaine de la santé, bien qu'il vise un public plus large.

On veut que ce soit utilisé par des écoles médicales pour l'entraînement des professionnels, explique celui qui pratique la médecine depuis plus de 30 ans dans le Grand Nord.

Beaucoup de gens pensent que notre système de santé, c'est le meilleur. Mais dans ma pratique, j'ai vu qu'il y a tout un pan de l'histoire beaucoup plus noir et je pense que c'est le temps qu'on commence à en parler, ajoute-t-il.

De fait, le film s’ouvre avec un message d’avertissement. Exploitant la gravité du noir et blanc et des transitions rapides, le premier volet présente d’anciens discours politiques faisant l’apologie de la stérilisation forcée, une pratique toujours légale en 2021.

Tant que cette pratique ne sera pas criminalisée, les femmes et les filles autochtones à l’étape la plus dangereuse de la grossesse seront en danger à l’hôpital, et ce, partout au pays, témoigne une survivante de cette pratique barbare, Morningstar Mercredi.

Le rythme des transitions s’adoucit dès le deuxième volet. L'aîné métis Sonny MacDonald prend alors la parole pour dénoncer les traitements qu’il a subis alors qu’il était atteint de tuberculose à l’âge de 7 ans.

On a retiré le lobe supérieur de mon poumon droit, raconte avec force et courage celui qui a été maintenu captif à l’hôpital pendant deux ans et demi, subissant isolement, abus sexuels et torture.

Sans me dire pourquoi, ils m’ont mis un plâtre du haut de la cheville jusqu’au bas du genou sur les deux jambes. Les plâtres étaient reliés par une barre de 15 centimètres qui m’empêchait de marcher.

Une citation de :Sonny MacDonald, victime de l’hôpital pour « Indiens » Charles-Camsell à Edmonton

Sonny MacDonald est l’une des nombreuses victimes des hôpitaux indiens, un ancien système de soins entaché par des allégations de maltraitance et d'abus. Un recours collectif de 1,1 milliard de dollars au nom d'anciens patients visant 29 établissements hospitaliers a d’ailleurs été déposé contre le gouvernement en 2018. L’action collective a été certifiée en 2020, mais ne s'est pas encore rendue devant les tribunaux.

Le documentaire cède la place à la fiction lors du troisième volet du film, un conte poétique incarné par une jeune Inuk qui s’adresse à sa défunte grand-mère, sa annanatsiaq, au sujet des vagues de suicides chez les jeunes.

C'est un sujet très, très sensible et difficile. Alors on a décidé de le représenter par un poème, explique le Dr Ewan Affleck.

Devoir de mémoire rappelle le caractère actuel du racisme systémique en santé dans son quatrième volet avec l’histoire de Brian Sinclair, cet Autochtone de 45 ans mort après 34 heures d’attente aux urgences d’un hôpital de Winnipeg en 2008.

C'est important de comprendre que les problèmes qu'on a eus dans notre secteur ne sont pas seulement des problèmes historiques, insiste le Dr Affleck. Ça continue aujourd'hui.

Malgré les multiples cas d’atrocités cités en exemple, le film se termine sur une note d’espoir avec le cinquième et dernier volet sur la vieillesse, mettant en scène les fondatrices d'une école de médecine traditionnelle.

Ce qui m’apporte la paix, aujourd’hui, c’est la cueillette de remèdes […] Je suis un de ces arbres, je suis l’herbe, je suis vous. Je suis dans tout, et j’ai ma place, conclut la guérisseuse traditionnelle Stella Blackbirde.

Devoir de mémoire peut être visionné en ligne sur le microsite créé par l'Association médicale canadienne (Nouvelle fenêtre).

L'Association médicale canadienne avertit le public que les histoires racontées pourraient susciter des émotions négatives et propose une liste de services de soutien (Nouvelle fenêtre) en cas de besoin.

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