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Fêtards à Kanesatake : le grand chef réitère sa demande de police locale

Le grand chef Serge Otsi Simon veut un corps policier indépendant du conseil de bande.

Un homme s'apprête à allumer une cigarette et regarde directement la caméra.

Le grand chef du Conseil mohawk de Kanesatake, Serge Otsi Simon, souhaite que sa communauté ait sa propre police.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Après les événements de cette fin de semaine à Kanesatake, où des centaines de fêtards se sont réunis au mépris des règles sanitaires en vigueur, le grand chef Simon réitère sa demande d'avoir une police locale indépendante du conseil de bande.

Interrogée sur cette éventualité lundi lors d’une conférence de presse, la ministre provinciale de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a rappelé que le financement de la police est à la fois provincial et fédéral.

Les corps policiers sont financés à 48 % par la province et à 52 % par le gouvernement fédéral. Il y a toujours des ententes triparties, a-t-elle mentionné.

Elle assure que des discussions sont en cours avec les communautés. On est au courant de la demande, mais le projet potentiel [à Kanesatake] inclut aussi le fédéral, a-t-elle ajouté.

Un argument que balaie de la main le grand chef de Kanesatake, Serge Otsi Simon, qui assure par ailleurs avoir déjà envoyé trois courriers au ministère de la Sûreté du Québec pour demander la création d'un corps policier propre à sa communauté.

Personne ne lui aurait répondu, dit-il.

C’est une raison stupide. Le fédéral nous a assuré être prêt à financer ce projet. C’est Québec qui bloque depuis toujours.

Une citation de :Serge Otsi Simon, grand chef de Kanesatake

Quels arguments avance Québec pour faire entrave à ce projet? Ils nous disent qu’ils n’ont pas d’argent pour ça, qu’il n’y a pas de programme, que ce n’est pas le bon moment, résume le grand chef Simon.

Un policier fait un contrôle routier. Une voiture est remorquée un peu plus loin.

Les policiers de la SQ ont effectué certains contrôles auprès des fêtards, la soirée du 12 juin.

Photo : Radio-Canada / Stéphane Grégoire

Selon lui, les réticences découlent aussi d'un événement survenu en 2004. À la suite d'une opération policière ratée contre le crime organisé, un groupe de policiers avait été pris en otage, le poste de police de Kanesatake avait été vandalisé et la maison du grand chef James Gabriel avait été incendiée.

Nous avons appris de nos erreurs, assure le grand chef Simon. Aujourd’hui, il plaide pour la création d’une police locale, encadrée par un comité de gestion dont les membres ne seraient pas issus de la communauté. Les policiers qui composeraient ce corps local non plus d’ailleurs.

Le drapeau mohawk.

Les Mohawks de Kanesatake sont privés de police locale depuis 2005.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

L’idéal, selon le grand chef, serait que des échanges d’officiers se fassent entre les communautés. Il a déjà aussi réfléchi à un code éthique inspiré d’initiatives qui existent aux États-Unis, dont la CALEA, acronyme de « Commission on accreditation for law enforcement agencies ». Créée en 1979, elle encadre les forces de l’ordre et établit des règles d’éthiques.

Pour le grand chef de Kanesatake, la création d’un corps policier qui serait propre à la communauté représenterait un pas de plus vers l’autonomie. Cela nous permettrait d’implanter nos lois et de former notre propre système de justice. On est notre propre nation. Nous restons sous un système paternaliste, on peut coopérer, mais en fin de compte, nous restons une nation, martèle-t-il.

Il évoque également un certain laxisme de la part de la Sûreté du Québec (SQ) au sujet des événements de samedi dernier.

Le maire d'Oka, Pascal Quevillon, à l’entrée principale du parc d'Oka.

Le maire d'Oka, Pascal Quevillon, a lui aussi été en contact avec la SQ pour gérer le rassemblement du 12 juin.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le grand chef aurait aimé que le corps policier réagisse avec la même vigueur que lors des débordements à la plage d’Oka. Je ne blâme pas les officiers sur le terrain, mais les bureaucrates qui donnent les ordres. Ils ont simplement dit : ne touchez rien, laissez les choses dégénérer, ajoute-t-il.

Des vidéos des événements ont été prises par les officiers sur place et des constats d’infraction pourraient encore être distribués, a déclaré à Espaces Autochtones un porte-parole de la SQ, Benoît Richard.

Par ailleurs, il a aussi précisé que 400 véhicules ont été contrôlés ce soir-là. Cinq constats d’infraction ont été remis et un véhicule a été saisi.

Le grand chef Simon affirme qu’un autre rassemblement du même genre que celui du 12 juin est prévu pour le 26 juin.

Il souhaite que la SQ mette en place des barrages routiers aux quatre points d’entrée de la communauté pour éviter de nouveaux incidents liés notamment à l’alcool et à la prise de produits psychotropes.

S’il y a d’autres événements similaires, nous interviendrons. On travaillera en collaboration avec la communauté pour trouver quelle est la meilleure manière d’assurer la quiétude de la population, a répondu M. Richard.

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