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Après Kamloops, le pape rencontre des cardinaux canadiens

Le pape François serrant la main de l'archevêque Ivan Jurkovič.

Le pape François et l'archevêque Ivan Jurkovič, lors d'une rencontre au Vatican en 2015 (Archives)

Photo : Reuters / Osservatore Romano

Radio-Canada

Quelques jours après la découverte de Kamloops, le pape François a rencontré, samedi, deux cardinaux canadiens postés au Vatican et annoncé la nomination d’un nouveau nonce au Canada, l’archevêque Ivan Jurkovič.

Ce dernier agira à titre d’ambassadeur du pape au Canada au moment où le pays replonge dans le traumatisme des pensionnats autochtones avec la récente découverte de restes d’enfants enterrés aux abords du pensionnat de Kamloops, qui a en partie été géré par l'Église catholique.

Le gouvernement canadien accueille la nomination de Mgr Jurkovič, mais continue de demander au Vatican de prendre ses responsabilités dans le dossier des pensionnats autochtones au Canada, a laissé savoir Grantly Franklin, porte-parole d'Affaires mondiales Canada.

Le pape a rencontré séparément le cardinal Michael Czerny et le cardinal Marc Ouellet samedi matin, a indiqué le Vatican dans son annonce quotidienne des audiences papales.

Si le cardinal Ouellet s’entretient avec le pape tous les samedis en sa qualité de chef du département du Vatican qui supervise les évêques, M. Czerny, expert du Vatican en matière de migrants et de réfugiés, n'a pas de réunions hebdomadaires généralement prévues avec le pape.

Portrait de Marc Ouellet.

Le cardinal Marc Ouellet

Photo : AP / AP Photo/Andrew Medichini

Bien que le Vatican n'ait pas précisé les sujets abordés lors de ces audiences privées, des diplomates ont déclaré à l’agence Reuters qu'il serait très étonnant que les récents événements au Canada n’y soient pas évoqués.

Ces rencontres et cette nomination interviennent au lendemain d’une conférence de presse remarquée où le premier ministre du Canada a appelé sans ambages l'Église catholique à adopter une approche plus ouverte et responsable quant au rôle qu'elle a joué dans les pensionnats autochtones.

L'absence d'excuses du pape et de l'Église catholique pour le rôle de celle-ci dans la gestion des pensionnats autochtones du Canada reste honteuse, a jugé plus tôt dans la semaine Marc Miller, le ministre des Services aux Autochtones.

Dans une déclaration publiée lundi, la Conférence des évêques catholiques du Canada a reconnu que la découverte récente est tout à fait bouleversante, mais n'a pas présenté d'excuses.

Après Kamloops, le pape rencontre des cardinaux canadiens

Pression croissante au fil des ans

Depuis que la découverte de Kamloops a ravivé les tensions nationales, de nombreux Canadiens pressent le pape de présenter enfin des excuses officielles pour l’implication de l'Église catholique dans les pensionnats autochtones, en activité entre 1831 et 1996 et qui ont été gérés par un certain nombre de confessions chrétiennes, au nom du gouvernement.

Ce n’est pas la première fois que des excuses sont exigées. En 2008, déjà, des survivants des pensionnats autochtones et des victimes d'agressions sexuelles commises par des prêtres avaient demandé des excuses publiques de la part de l'Église catholique, en vain.

En 2009, le pape Benoît XVI n’avait pas prononcé d’excuses officielles, mais avait dit regretter les abus et la conduite déplorable de certains membres de l'Église dans des pensionnats que des Autochtones avaient été forcés de fréquenter.

Cette posture en demi-teinte avait déçu le chef régional du Québec pour l'Assemblée des Premières Nations, Ghislain Picard. D'un côté, on reconnaît que les cas d'abus perpétrés par l'Église sont inacceptables, mais de l'autre côté, on se refuse à présenter des excuses officielles. Je dirais qu'il y a presque une contradiction de ce point de vue-là, avait-t-il déploré en entrevue à La Presse canadienne.

Pas de visite papale prévue au Canada

Lors d'un voyage en Amérique du Sud en 2015, le pape François avait demandé humblement pardon, non seulement pour les offenses de l'Eglise même, mais aussi pour les crimes contre les peuples autochtones durant ce que l'on appelle la conquête de l'Amérique.

Quand il a présenté ses excuses pour le rôle de l'Église dans le colonialisme, le pape François a choisi de le faire en personne lors de séjours dans les pays concernés. Or, pour l'heure, aucune visite papale n'est prévue au Canada.

Avec les informations de Reuters, La Presse canadienne, et Vatican News

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