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« En juin : Je lis autochtone! », pleins feux sur une littérature qui intrigue

L'événement prend la suite de « Je lis québécois » en mettant en avant, en juin, les auteurs autochtones.

Une femme portant un chapeau lit un livre dans un hamac.

Le mandat du projet est de rendre visibles et de faire lire les littératures autochtones dans toute leur diversité.

Photo : getty images/istockphoto / Beli_photos

Maud Cucchi

Pouvez-vous citer un auteur autochtone?... et deux? Voici un événement sur mesure pour qui veut s’initier aux écrits des Premières Nations et des Inuit du Québec et du Canada. Dans le sillage de « Je lis québécois », l’initiative « En juin : Je lis autochtone! » met à l’honneur une littérature aussi foisonnante que fascinante avec une série d’événements virtuels, disponibles en un clic.

Entrevues d’auteurs, suggestions de lectures, discussions publiques invitent à la découverte de tout un pan de la littérature canadienne relativement récent et encore trop méconnu, présente la porte-parole de l’événement, Marie-Andrée Gill.

C’est une littérature nouvelle, dont on recense les premiers livres publiés seulement dans les années 1970, indique l’auteure ilnue et poète originaire du Lac-Saint-Jean, elle-même grande lectrice et fervente conseillère de bons livres à dévorer.

J’ai envie que les gens apprennent à nous connaître et la littérature est une bonne voie, quand on passe plusieurs heures en tête-à-tête avec son livre.

Une citation de :Marie-Andrée Gill, auteure et porte-parole de l'événement

Pour piocher dans l’offre des rencontres programmées sur les réseaux sociaux, y assister en direct ou en différé, il suffit de se connecter sur la page Facebook du projet En juin : Je lis autochtone, une initiative des Éditions Hannenorak qui se sont spécialisées dans la publication d’auteurs autochtones issus de différentes nations.

Marie-Andrée Gill assise devant une fenêtre.

Marie-Andrée Gill évoque une réhabilitation de la littérature autochtone alors que certains enjeux reviennent à l'avant scène de l'actualité.

Photo : Sophie Gagnon-Bergeron

Juin, c’est un mois généralement plus tranquille dans le milieu littéraire, fait remarquer Daniel Sioui, copropriétaire et fondateur de la Librairie Hannenorak. Il correspond aussi au Mois national de l'histoire autochtone, c’était donc une bonne façon de prendre notre place après "Je lis québécois".

On y trouve une discussion croisée entre Joséphine Bacon et Andrée Levesque Sioui, les suggestions de lectures de la comédienne Christine Beaulieu, ou encore une rencontre d’auteurs animée par l’artiste pluridisciplinaire Émilie Monnet. Bref, tout un éventail de conseils éclairés pour s’immerger sans complexe dans cette littérature diversifiée, mais peu répertoriée.

Il n'existe pas de statistiques sur la proportion d'auteurs autochtones dans le marché du livre, avance Daniel Sioui. Peut-être une trentaine au Québec, quand on sait qu'il y a environ 1000 livres qui sortent par année, ici.

Un pas vers l'autre, un chapitre à la fois

L’événement résulte surtout d’un souci de dialogue entre les nations, fait valoir sa porte-parole, qui a publié plusieurs textes poétiques aux éditions La Peuplade.

Souvent, j’entends : on veut nous connaître, mais comment faire? Un livre, c’est commencer par écouter, résume sans détour Marie-Andrée Gill.

À l'heure de la recherche de vérité, l’actualité a stimulé la curiosité d’un lectorat avide de trouver des réponses à des questions qu’il n’ose, bien souvent, pas poser ouvertement, observe de son côté Daniel Sioui.

Depuis le lancement de l'initiative début juin, le libraire n'a jamais traité autant de commandes de livres autochtones provenant de toute la province, assure-t-il. Beaucoup ont lu Kukum de Michel Jean et cherchent d'autres auteurs.

Les films, la littérature, c’est le meilleur moyen d’entrer dans le monde des autres. Avec un livre, il n’y a pas de gêne, on entre directement dans la tête d’un Autochtone.

Une citation de :Daniel Sioui, fondateur d'Hannenorak

Devoir de mémoire

Marie-Andrée Gill évoque elle aussi des visions du monde différentes à découvrir par la lecture, cette activité qui apaise et ouvre sur d'autres univers, stimule l'imagination, favorise l'empathie et permet de se retrouver soi-même, souligne-t-elle.

Chez les Premières Nations, les valeurs, les pratiques et la culture différentes teintent l’écriture, observe l’auteure tout en reconnaissant être investie, en plus, d'un devoir de mémoire dans son activité littéraire.

Selon ses observations, les auteurs autochtones se sentent la responsabilité de prendre la parole s'ils jouissent d'une visibilité dans l’espace public. Il s'agit d'une posture politique dont on ne peut pas faire abstraction face à des enjeux encore chauds, dit-elle. Je suis dans une démarche de réappropriation de mon histoire, précise Mme Gill, avant d'évoquer sa maîtrise en littérature qui l'a menée à étudier les écritures de l'intime et le recours à l'écriture comme processus de guérison.

À Ottawa, une initiative de lecture similaire à celle des Éditions Hannenorak, mais intitulée Lectures autochtones : juin 2021, a récemment été lancée par Carolyn Bennett.

La ministre des Relations Couronne-Autochtones a tenu à mettre l'accent sur le fait que nous pouvons tous apprendre des auteurs inuit, métis et des Premières Nations, car ils nous aident à nous enraciner dans cette terre que nous appelons notre chez-soi.

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