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Femmes autochtones du Canada a un plan pour le suivi de l'ENFFADA

Le rapport de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles disparues et assassinées, intitulé « Réclamer notre pouvoir et notre place ».

Le rapport de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles disparues et assassinées, intitulé « Réclamer notre pouvoir et notre place ».

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

Radio-Canada

En l'absence d'une réponse d'Ottawa, l'Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) a publié mardi son propre plan d'action pour la mise en œuvre des recommandations de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA).

L'organisation affirme avoir perdu confiance dans le gouvernement fédéral et vouloir s'éloigner d'un processus toxique et dysfonctionnel.

Exclue des comités de travail pour le plan d'action fédéral, l'AFAC déplore, dans un communiqué, l'approche fondamentalement incorrecte adoptée par Ottawa.

Nous n'avons pas pu être dans les comités de travail pour vraiment présenter ce qu'on avait à apporter, déplore Lynne Groulx  la directrice générale de l'AFAC, en entrevue téléphonique à Espaces autochtones.

Lorraine Whitman, la présidente de l’AFAC, a pour sa part déclaré sur Twitter que le plan d'action de son groupe est celui qui place les familles en premier, et non la politique.

L'association critique vivement Ottawa, qu'elle accuse de ne pas en avoir fait assez pour mettre en œuvre les 231 appels à la justice de l’ENFFADA.

L’inaction du gouvernement, depuis la publication du rapport final de l’Enquête nationale, est extrêmement décevante, peut-on lire dans l'introduction du plan de l'AFAC (Nouvelle fenêtre).

L'année dernière, les libéraux ont retardé leur promesse de publier un plan d'action national à l'occasion du premier anniversaire des conclusions de l'enquête, citant la pandémie de COVID-19.

80 mesures prévues

Le plan d'action prévoit 80 mesures que l'AFAC compte mettre en place, de même que les coûts qui y seraient liés, afin de répondre aux recommandations formulées par l'ENFFADA.

Ces mesures concernent la culture, la langue, la santé, la sécurité, la justice, la sensibilisation du grand public ainsi que le développement de partenariats internationaux, notamment pour garantir l'obligation de rendre des comptes.

On a déjà eu des contacts avec des femmes autochtones ailleurs dans le monde, explique Mme Groulx.

« Le génocide qui existe au Canada n'est pas le seul. C'est quelque chose qui s'est passé dans les Amériques et dans d'autres pays. Alors, on veut travailler ensemble pour trouver des solutions. »

— Une citation de  Lynne Groulx, directrice générale de l'AFAC

L'AFAC prévoit élaborer une stratégie de revenu de base pour remédier à la marginalisation économique et établir des pavillons de résilience axés sur le territoire à travers le Canada à des fins de guérison.

C'est un projet qui est très important, affirme Lynne Groulx. C'est le cœur de notre plan d'action et c'est ce que les femmes nous ont demandé avant tout. Si on ne peut pas guérir, on ne peut pas avancer.

L'AFAC souhaite également travailler à l'élaboration d'une formation pour les corps de police au sujet des femmes autochtones.

L'AFAC soutient que son approche est holistique, décolonisée et [qu']elle tient compte des traumatismes subis.

Un devoir de mémoire

Ce qui est très important pour nous, c'est la commémoration, tient à mentionner Lynne Groulx.

Il ne faut pas oublier les femmes qui sont disparues, poursuit-elle. Les familles de ces femmes disparues veulent, elles aussi, trouver et ramener leurs filles à la maison.

L'ENFFADA a révélé que des décennies de racisme systémique et de violations des droits de la personne avaient contribué à la mort et à la disparition de centaines de femmes et de filles autochtones et qu'il s'agissait d'un génocide.

Les recommandations de l'ENFFADA couvraient les thèmes de la santé, de la justice, de la sécurité et de la culture, y compris un certain nombre d'appels à des réponses plus efficaces à la traite des êtres humains et à l'exploitation et à la violence sexuelles.

En tête de liste des priorités, on y retrouvait un plan d'action national.

Avec les informations de La Presse canadienne

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