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Pointe-à-Callière : les Autochtones s’impliquent dans la refonte d’une exposition

Une fresque en plexiglas peint.

Cette fresque évoque la Grande Paix de Montréal de 1701. Elle a été réalisée par Nicolas Sollogoub.

Photo : Ivanoh Demers

Le musée montréalais de Pointe-à-Callière a renouvelé son exposition permanente consacrée à Montréal. L’équipe a demandé à de nombreux Autochtones de s’impliquer pour donner à leur histoire une place de choix.

Depuis 2016, le musée Pointe-à-Callière renouvelle la totalité de ses expositions permanentes. Parmi elles, Montréal au cœur des échanges.

L’opération totale s’élève à environ 2,5 millions de dollars pour l’ensemble des expositions permanentes.

Une sculpture en stéatite.

Des œuvres contemporaines d'artistes autochtones sont désormais présentées au musée. Ici, l'œuvre Tionhnhekwen (forces nourricières) de Steve McComber.

Photo : Ivanoh Demers

Il était temps, car les derniers renouvellements datent d’une vingtaine d’années. Nous voulions donc renouveler les contenus afin d’y apporter une approche plus contemporaine indique Anne-Élisabeth Thibault, la directrice générale.

Un gros travail muséographique a été mis en œuvre grâce aux nouvelles technologies. Et une place de choix aux Autochtones et à leur culture a été ajoutée. Ainsi, en plus des artefacts, des maquettes et des panneaux explicatifs, les visiteurs pourront observer plusieurs œuvres contemporaines réalisées par des artistes autochtones.

Anne-Élisabeth Thibault et Brigitte Lacroix

Brigitte Lacroix, chargée de projet Exposition et nouvelles technologies et Anne-Élisabeth Thibault, directrice générale de Pointe-à-Callière.

Photo : Ivanoh Demers

Nous avons voulu faire dialoguer le présent et le passé, ajoute Mme Thibault. Et pour ce faire, de nombreux Autochtones ont été mis à contribution, comme l’Anishinabé Dominique Rankin.

J’ai tout de suite embarqué dans le projet, indique le guide spirituel qui a agi à titre de conseiller pour le musée. Nous sommes des peuples de tradition orale et visuelle, ç'a été pris en compte.

En effet, on découvre par exemple un lexique autochtone grâce auquel le visiteur pourra apprendre et surtout entendre comment se dit soleil, fleuve ou même bonjour dans les trois langues autochtones qui ont été longtemps parlées à Montréal : l’anicinape, le kanien’khà et le wendat.

Un feu projeté sur la paroi d'un mur.

Plusieurs Autochtones ont été mis à contribution dans la refonte de cette exposition permanente.

Photo : Ivanoh Demers

De quoi sensibiliser les visiteurs aux langues autochtones, précise Brigitte Lacroix, chargée de projet.

Une belle place est faite à des témoignages, qui peuvent aussi être écoutés. Nous avons essayé d’amener les gens à travers les légendes et les récits des premiers peuples, dit Mme Thibault.

ll y a une volonté de respecter les cultures autochtones et montrer l’importance des traditions orales, ajoute encore Mme Lacroix qui évoque un vrai travail de collaboration.

Plusieurs stations interactives ont aussi été ajoutées, comme une vieille carte de Montréal datant du 18e siècle. On peut parcourir virtuellement la ville (à pied ou à cheval) à cette époque, sur le même principe de Google Map, et même passer une journée avec des personnages contemporains de l’époque qui feront découvrir d’anciens lieux de rencontres ou bâtiments aux curieux.

Document avec des dessins représentant des signatures.

Plusieurs documents interactifs permettent de comprendre le passé. Ici, on voit les signatures des Autochtones qui se sont engagés à l'époque à respecter la Grande Paix de Montréal de 1701. En cliquant sur chacune des signatures, on peut en apprendre plus sur les signataires.

Photo : Ivanoh Demers

De nombreux artisans ont rendu la réalisation de ce renouveau possible : designers, graphistes, programmeurs, archéologues, historiens, anthropologues, rédacteurs, réviseurs… En tout, une centaine de personnes a travaillé à ce projet.

D’après Dominique Rankin, le scénario [de l’exposition] était parfait. Nous avons été consultés pour le valider, dit-il. Le guide spirituel indique que les jeunes générations ont tout à apprendre à visiter ce genre d’installations.

Aller visiter le parlement, c’est bien, mais aller au musée c’est autre chose. C’est là qu’on touche le cœur des peuples, dit-il.

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