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Une étudiante mi’kmaw impose le savoir traditionnel sur les plantes à son université

Leah Creaser sur un bateau.

Leah Creaser, membre de la Première Nation d'Acadia, a créé un laboratoire de biologie de première année qui fait désormais partie du programme d'études de l'Université Acadia, en Nouvelle-Écosse.

Photo : Leah Creaser

Radio-Canada

Tous les étudiants de première année en biologie de l'Université Acadia à Wolfville, en Nouvelle-Écosse, doivent désormais suivre des cours d’initiation au savoir traditionnel mi'kmaw grâce aux efforts d'une étudiante exaspérée de voir les perspectives autochtones ignorées en cours.

Leah Creaser, membre de la Première Nation d’Acadia, évoque son malaise lors de ses enseignements en biologie à l'université.

Elle se souvient, par exemple, d'avoir suivi un laboratoire de première année sur l'identification des plantes et d'avoir attendu que son professeur lui explique comment les Mi’kmaq utilisaient ces mêmes plantes depuis des milliers d'années... en vain, le professeur ne les ayant même pas mentionnés.

Je ne veux pas dire que j'étais furieuse, mais j'étais vraiment frustrée de ne voir aucune reconnaissance des peuples autochtones, s’emporte Mme Creaser, 26 ans, inscrite en quatrième année de biologie et qui est également présidente de l'Indigenous Students Society de son université.

Lorsque son professeur Juan Carlos López lui a proposé de créer son propre laboratoire à partir des connaissances traditionnelles mi'kmaw dans le cadre d'un sujet de recherche de troisième année, elle a d'emblée accepté et en a conçu toute une série de cours.

L’automne dernier, 120 étudiants de première année ont ainsi pu s’initier à certaines connaissances traditionnelles sur les plantes. Ils ont appris à les identifier, à les nommer en mi'kmaw et en anglais, à découvrir les médicaments qui en sont dérivés.

Son laboratoire a connu un tel succès qu'il fait désormais partie du cours de biologie obligatoire à l'université.

Décolonisation et réconciliation, c'est vraiment ce qui se passe ici, résume Mme Creaser, fière de son engagement.

Le mois dernier, elle a été sélectionnée au Prix national d’excellence 3M, qui récompense les leaders étudiants particulièrement visionnaires qui font preuve d’un leadership exceptionnel en percevant, notamment, les besoins actuels en matière d’enseignement supérieur.

Etuaptmumk, ou comment voir avec deux yeux

Dans son laboratoire, Mme Creaser souhaite que les étudiants comprennent aussi le concept d'Etuaptmumk, ou vision avec deux yeux, et la façon dont la science occidentale et le savoir traditionnel mi'kmaw peuvent se compléter.

Selon cette approche, être disposé à tenir compte d’au moins deux points de vue est beaucoup plus susceptible de produire un résultat satisfaisant, quelle que soit la situation.

Jeff Purdy assis à côté de Leah Creaser sur une estrade lors de la conférence.

Le conseiller Jeff Purdy de la Première Nation d'Acadia s'est joint à Mme Creaser pour une conférence à l'Université Acadia.

Photo : Leah Creaser

Mme Creaser a grandi hors réserve dans la région de Wolfville et a commencé à se rapprocher de sa culture et de sa communauté mi'kmaw lorsqu'elle était à l'école secondaire.

L'intégration du savoir traditionnel mi'kmaw dans les cours universitaires permettra d'améliorer la science, dans la mesure où les futurs biologistes auront une image plus complète de l'impact des actions humaines sur le monde naturel, fait-elle valoir avec son professeur Juan Carlos López.

Les étudiants continueront à tirer des enseignements de son laboratoire et à s'en inspirer, même après son départ de l'université. [Ce laboratoire], je l'ai fait pour tous les élèves autochtones qui sont assis sur ces bancs parce que nous devons en voir davantage, défend Leah Creaser. Il faut qu'il y ait une reconnaissance, une reconnaissance significative.

D'après les informations d'Emma Smith, CBC

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