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Artisanat autochtone : des vidéos pour apprendre à entreprendre

Jennifer Harper en conférence Zoom.

Jennifer Harper, fondatrice de Cheekbone Beauty, défend le positionnement éthique de son entreprise qui promeut des produits biodégradables.

Photo : CNA

Maud Cucchi

Comment offrir ses créations en ligne? Vers quelle plateforme se tourner? Faut-il mettre en avant son cheminement personnel dans son projet professionnel? Une série de causeries en ligne sur l'entrepreneuriat autochtone prodiguent des conseils simples et pratiques grâce à des vidéos offertes gratuitement durant tout le mois de mai par le Centre national des arts (CNA).

Des artistes et des chefs d’entreprises autochtones y partagent autant leur expérience professionnelle que personnelle pour inspirer les internautes créatifs qui auraient un projet en tête et au cœur, qui rêvent de vendre leur artisanat sans bien connaître les chemins à emprunter dans le monde numérique.

Quand la pandémie nous a forcés à annuler le marché d’artisanat que nous proposions au CNA, il a fallu se tourner vers le numérique, mais beaucoup de nos artisans n’avaient jamais vendu leurs produits en ligne, raconte Mairi Brascoupé, instigatrice de cette série de causeries avec le département Théâtre autochtone du CNA.

L’idée d'épauler les artisans déboussolés dans cette transition numérique naît alors. Pour les aider, différents intervenants se relaient par visioconférence, dont trois entrepreneures autochtones qui ont parlé de leur parcours le 10 mai dernier (visionnement disponible en anglais (Nouvelle fenêtre)).

Elles partagent toutes trois de belles histoires de persévérance et n’ont pas de formation en business, résume Mairi Brascoupé, elle-même originaire de la Première Nation de Kitigan Zibi.

Pour ces femmes entrepreneures, il ne s’agit pas de réussite strictement personnelle ni de se faire valoir, mais plutôt d’aider les autres dans leurs communautés.

Une citation de :Mairi Brascoupé, résidente culturelle autochtone, Théâtre autochtone

Lors de l’événement diffusé sur la plateforme Zoom, Sunshine (Quem) Tenasco, fondatrice de Her Braids et originaire de Kitigan Zibi, explique qu’elle élève seule ses quatre enfants et que sa propre mère était analphabète.

Elle s’est lancée dans la confection de mocassins pour bébé quand elle attendait sa deuxième fille. Ses créations connaîtront un tel succès qu’elle se fera appeler the baby mocassin lady.

Raconter votre histoire personnelle parallèlement à celle de votre entreprise, c’est important parce que c’est vous, ça explique les décisions que vous prenez, indique Sunshine Quem Tenasco au cours de son intervention.

Mairi Brascoupé.

Membre de la Première Nation de Kitigan Zibi, Mairi Brascoupé est née et a grandi à Ottawa. Elle occupe le poste de résidente culturelle autochtone au sein du département Théâtre autochtone.

Photo : Grant Hancock

Les échanges (en anglais) se déroulent en direct sur la plateforme Zoom, mais peuvent être visionnés après leur diffusion sur YouTube. Une traduction des vidéos en français est prévue fin mai, précise Mairi Brascoupé.

Stephanie Peltier, une Algonquine anishinaabe-kwe à l’origine de Deliaestelle Designs, raconte à son tour comment elle parvient à articuler son emploi de fonctionnaire fédérale à temps plein et sa passion du perlage, à temps partiel. Plus qu’un gagne-pain, cette activité lui a surtout permis de reconnecter avec ses origines, confie Mme Peltier de la Première Nation Wikwemikong.

Une passion au diapason de son héritage

Autre intervenante, Jenn Harper, fondatrice de la ligne de cosmétiques Cheekbone Beauty, raconte sans tabou comment elle a dû surmonter son alcoolisme. Son activité professionnelle lui a été inspirée par un rêve, peu de temps après être devenue sobre en 2014.

Cette entreprise a fait partie de mon rétablissement. Je suis cette femme autochtone fière, en mission.

Une citation de :Jenn Harper, fondatrice de Cheekbone Beauty

Sa mission, comme elle le mentionne, c’est de contribuer à la représentation des visages autochtones dans les médias de masse par le biais des cosmétiques.

Jenn Harper raconte avoir parcouru une abondante documentation technique sur la création d’entreprises avant de lancer la sienne, dont le concept repose sur des valeurs d’éthique et de développement durable.

Dans les matières premières des cosmétiques, beaucoup proviennent de base de pétrole qui ne sont pas biodégradables, explique-t-elle. Pour moi, c’était important qu’il n’y ait pas d’impact négatif de nos produits sur l’écosystème, et ça, c’est un enseignement autochtone.

Elle met un point d'honneur à ce que sa philosophie d'affaires rejoigne ses convictions politiques : Chaque entreprise peut se soucier de faire le bien, et non juste de se concentrer sur les profits, assure-t-elle aux internautes.

La prochaine conférence (Nouvelle fenêtre) de la série Entrepreneuriat autochtone en ligne se penchera sur la communication de marque, l'iconographie et la relation avec la clientèle en ligne, le 17 mai prochain.

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