•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

C-92 : la Nation abénakise veut gérer ses services de protection de la jeunesse

Un enfant est assis dans des estrades avec son toutou.

Les Abénakis veulent pouvoir gérer eux-mêmes leurs services de protection de la jeunesse.

Photo : iStock

Gabrielle Paul

La Nation abénakise, qui comprend les communautés d’Odanak et de Wôlinak, veut exercer son droit à l’autodétermination en matière de protection de la jeunesse en vertu de la loi C-92.

La nation travaille présentement au développement de ses propres services de protection de la jeunesse et espère qu'ils pourront être mis en place en 2023.

Même si, à l'heure actuelle, la protection de la jeunesse provinciale intervient encore dans les communautés d’Odanak et de Wôlinak, les Abénakis gèrent un programme de services à l’enfance et à la famille depuis déjà 10 ans.

Ce sont des services préventifs […] dans une approche communautaire en impliquant l’aspect culturel abénakis dans les actions qu’on pose, explique Michel Thibeault, directeur des services sociaux au Grand Conseil de la Nation Waban-Aki

Au fil des ans et de la pratique quotidienne, il a clairement été démontré que la Nation abénakise détient les compétences, expertises et connaissances lui permettant d'appuyer les familles dans le besoin, peut-on d'ailleurs lire dans un communiqué paru la semaine dernière.

Ce sont 200 enfants qui ont bénéficié de ces services au cours de la dernière décennie.

La structure est déjà là, souligne M. Thibeault. On veut seulement ajouter à notre pratique, qui est déjà très communautaire, très holistique, des ressources pour être en mesure de répondre à des urgences de protection de la jeunesse 24 heures par jour, 7 jours sur 7.

De bons liens avec les DPJ

Le but de cette démarche d'affirmation n'est pas de couper tous les ponts avec les institutions de protection de la jeunesse provinciales, assure M. Thibeault.

La relation qu'on a avec la protection de la jeunesse actuellement est très constructive, dit-il. Tout est possible dans une complémentarité de services.

Depuis plusieurs années, de façon presque systématique, dès qu’un suivi est entamé au niveau DPJ, nous on arrive en soutien en suivi volontaire, donc on est en mesure de suivre toutes les familles, illustre Michel Thibeault.

Une prise en charge des services de protection de la jeunesse permettrait cependant aux Abénakis d'adopter leur propre approche en la matière.

Le but est de ne pas reproduire ce que la DPJ fait déjà. Il y a des parties qu'il faut qu'on conserve au niveau des interventions pour protéger les enfants, mais ça va être une approche beaucoup plus communautaire.

Une citation de :Michel Thibeault, directeur des services sociaux, Grand Conseil la Nation Waban-Aki

Nous avons consulté des familles des deux communautés et elles nous ont dit : il y a des expertises dans la protection de la jeunesse qui sont intéressantes et on devrait garder des liens, ajoute-t-il.

Cette situation n'est pas la même pour l'ensemble des Premières Nations, constate toutefois M. Thibeault.

Il faut comprendre que la situation spécifique de la Nation abénakise lui permet d'être autodéterminée et de considérer que la relation avec la protection de la jeunesse permet d'envisager une collaboration, précise-t-il.

Aller de l’avant malgré la contestation de Québec

Michel Thibeault révèle qu'une rencontre est prévue bientôt entre le fédéral et les Abénakis pour identifier les besoins en ce qui a trait aux ressources et au budget qui seront nécessaires en lien avec leur démarche d'affirmation.

Le Grand Conseil de la Nation Waban-Aki attend cependant toujours une réponse du provincial à ce sujet.

Le gouvernement du Québec conteste la validité de la loi C-92, puisqu'il considère que cette loi fédérale empiète sur son champ de compétence provincial.

Ceci ne constitue pas une embûche dans la démarche actuelle des Abénakis, soutient M. Thibeault.

Évidemment, on n'est pas devins, on ne sait pas ce qui va arriver avec la contestation, mais on va être prêts, au niveau clinique, on est complètement prêts, dit-il.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !