•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La GRC changera l'examen d’entrée qui « privilégie un groupe » en particulier

Des dizaines de membres de la GRC sont réunis, vêtus de l'habit officiel.

La GRC veut se débarrasser des «biais culturels» et des «critères désuets» présents dans son examen d'entrée.

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Radio-Canada

La Gendarmerie royale du Canada (GRC), récemment critiquée pour son manque de diversité au sein de ses troupes, tentera d’enlever tout biais culturel et « critère désuet » de son examen d’entrée dans une tentative de se pencher sur sa « culture toxique » et le racisme systémique.

La GRC a publié une demande de proposition cette semaine afin de trouver un nouveau fournisseur pour l’examen de présélection destiné aux candidats à des postes de membres réguliers du corps de police. Cette nouvelle initiative fait partie de son plan de modernisation, appelé Vision 150, qui comprend également des modifications aux critères établis pour devenir un agent de la GRC.

Un examen approfondi de ces processus a permis de déterminer que, malgré les changements importants apportés aux processus et aux outils au cours de la dernière décennie, des défis systémiques subsistent, peut-on lire dans l’appel d’offres.

La GRC reconnaît notamment dans ce document que le processus privilégie un groupe au détriment d’un autre.

Les personnes issues de groupes différents n’ont pas toutes des chances égales d’obtenir la même note pour un élément donné.

Une citation de :Extrait de la demande de proposition de la GRC

Le test montre des préjugés culturels inhérents qui suggèrent que le choix actuel du vocabulaire et des situations est dépassé.

Tensions avec les Autochtones

Les Premières Nations ne sont pas spécifiquement nommées comme groupe pouvant être discriminé par le processus de recrutement de la GRC, mais il est difficile d’ignorer les interactions souvent difficiles entre ses membres et les Autochtones ainsi que les critiques récentes dénonçant le racisme systémique du corps de police.

En novembre 2020, une membre de la nation crie Tataskweyak avait été frappée au visage par un agent de sécurité communautaire municipal dans le détachement de la GRC de Thompson, au Manitoba.

Un mois plus tard, le ministre de Services Autochtones Canada, Marc Miller, déclarait que la GRC avait abandonné les Micmacs dans le cadre des tensions entre pêcheurs non autochtones et pêcheurs autochtones en Nouvelle-Écosse et avait échoué à son devoir de protection.

Le 10 mars dernier, des images de l’arrestation du chef autochtone Allan Adam, dans le nord de l’Alberta, montraient un agent de la GRC arrivant en courant, puis sautant sur lui et le projetant au sol, avant de lui donner des coups à la tête.

Le chef Allan Adam se tient à côté d'une photo de son visage tuméfié. Il tient une plume dans sa main.

Le chef Allan Adam affirmait depuis 2020 que les agents de la GRC l'avaient tabassé.

Photo : Radio-Canada / Jamie Malbeuf

Quelques jours plus tard, un rapport de la Commission civile d'examen et de traitement des plaintes relatives à la GRC reconnaissait que les forces de police nationales du Canada avaient fait preuve de discrimination raciale envers la mère de Colten Boushie, un jeune Autochtone tué en 2016.

Enfin, CBC révélait récemment qu’il y a encore très peu d’Autochtones dans les rangs des hauts gradés de la GRC et que d’anciens agents provenant des Premières Nations y ont subi du racisme, une culture professionnelle qui n’encourage certainement pas les potentielles recrues autochtones.

Diminution des candidatures

Les changements aux processus de sélection de ses agents arrivent à un moment où la GRC fait face à une diminution du nombre de candidats. Dans ce contexte, la GRC ne peut se permettre de dissuader ou d’exclure des candidats à fort potentiel sur la base de critères, d’outils et de techniques dépassés, peut-on lire dans son appel d’offres.

Et il semble que les défis de recrutement sont encore plus grands lorsqu’il s’agit de trouver des candidats de couleur : selon les plus récentes données, datant du 1er avril 2020, un peu moins de 12 % des membres de la GRC étaient identifiés comme appartenant à une minorité visible.

Le corps de police semble également avoir du mal à recruter des femmes, qui ne représentaient alors que 21,7 % de ses agents dans le pays.

Avec les informations de Catharine Tunney, de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !