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Laura Niquay, la messagère atikamekw

Une femme.

Laura Niquay

Photo : Musique nomade

La voix singulière et envoûtante de Laura Niquay trace son chemin depuis quelques semaines dans nos oreilles, prélude à la sortie de son deuxième album Waska Matisiwin, produit par Musique nomade.

Un titre, Nicto Kiko, lancé début mars, donne un avant-goût prometteur de ce qui va suivre. Dès la première écoute, la voix profonde et riche de l’artiste atikamekw, originaire de Wemotaci, nous entraîne sur le territoire, celui de ses ancêtres, de sa famille, de sa communauté.

Un territoire dont elle décortique les réalités pour mieux les interpréter, enveloppées dans un son folk, teinté d’indie rock, de grunge, de country, avec l’intention avouée de créer des mélodies accrocheuses.

Laura Niquay en parle comme de l’album de la résilience, elle se voit comme l’ouvreuse de portes, la messagère qui raconte le beau comme le difficile, celle qui souhaite partager et sensibiliser.

Chaque chanson livre un message positif, fait remarquer l’autrice-compositrice-interprète qui a travaillé sur cet opus pendant trois ans. Elle souhaite, avec ses mots, aider les autres, « moi aussi je viens de loin, surtout du côté de la consommation », et sensibiliser les adolescents particulièrement.

Waska Matisiwin, le titre de l’album veut dire le cercle de vie, mais « un cercle vicieux, précise-t-elle. Dans nos communautés c’est une routine qui tourne, qui revient, les mauvaises habitudes comme la consommation ».

Elle veut donc faire comprendre aux siens qu’il faut changer ce cercle, changer les habitudes, changer, parfois, les amis qui sont mauvais.

Résilience et connexion

Pour écrire, elle s’est connectée à ses racines et à sa famille. Nicto Kiko raconte une visite à son père à Wemotaci un jour de l’an. Elle et son frère sont venus cogner à sa porte. "Ouvre-nous la porte, papa". Ça a pris un temps fou avant qu’il ne l’ouvre. Trois jours? comme le laisse entendre le titre de la pièce.

Dans Nicim, une pièce interprétée avec Shauit, elle s’adresse à son petit frère en abordant la problématique du suicide.

Mostekano, le sentier de nos ancêtres, rappelle l’importance du partage des connaissances avec les aînés.

Il y est question des mocassins avec lesquels on fait nos premiers pas dans la vie et des raquettes, « y’a un sens avec la raquette tu ne cales jamais avec des raquettes, tu ne tombes jamais ».

Une autre chanson souligne la place prépondérante des aînés dans la vie des Autochtones, Kirano, que l’on peut traduire par Nous et qui fait référence, chez les Atikamekw, à la nation, « ça parle de nous et de respecter nos aînés, de les écouter ».

Une pochette d'album.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'album Waska Matisiwin de Laura Niquay produit par Musique Nomade.

Photo : Musique nomade

Un style musical très authentique

Toutes les pièces sont chantées en atikamekw, et en innu par Shauit dans leur duo, mais pour ne pas laisser en rade tous ceux qui ne maîtrisent pas ces langues, elle a inséré un résumé en français dans la pochette de l’album.

Contrairement à Waratanak, son premier album, réalisé et produit en solo en 2015, Laura Niquay a fait appel à Musique nomade pour la production de Waska Matisiwin et à une variété de voix féminines. Soleil Launière, Eadsé, Kanen, Anachnid viennent la soutenir vocalement sur plusieurs des pièces.

Elle explique ce changement par le désir de créer « un univers très chaleureux ».

Elle a donc minimisé ses solos de guitare, a intégré des musiciens et est allée jusqu’à faire entendre les tambours de RedTails Spirit Singers. « Je trouve que les chansons pow-wow sont pas assez écoutées dans l’industrie de la musique québécoise », dit-elle.

Waska Matisiwin sera disponible en ligne le vendredi 30 avril sur NIKAMOWIN, la plateforme d’écoute en continu de Musique nomade, et en magasin à la mi-mai.

L’artiste folk a également tourné un premier vidéoclip pour la deuxième pièce de l’album Moteskano « là, vous allez voir ma vision des choses ».

Quatre dates de concert sont à son agenda en juillet, dont Petite-Vallée, Québec et les Îles-de-la-Madeleine.

La voix rauque de Laura Niquay se frottera au blues sur son troisième opus auquel elle a commencé à réfléchir. « Le blues vient des Premières Nations dans le monde, je veux prouver que le blues fait partie des Premières Nations ».

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