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Une exposition pour illustrer les promesses non tenues du Canada

Portrait de Caroline Monnet.

Caroline Monnet a choisi d’utiliser des matériaux de construction mélangés à des motifs inspirés de la tradition anichinabée pour faire passer son message.

Photo : Ivanoh Demers

L’artiste d’origine anichinabée et française Caroline Monnet expose sa vision des promesses non tenues des gouvernements canadiens envers les Autochtones au Musée des beaux-arts de Montréal.

Elle a choisi d’utiliser des matériaux de construction mélangés à des motifs inspirés de la tradition anichinabée pour faire passer son message. Ses oeuvres soulignent de façon métaphorique, mais bien réelle, les conditions de vie précaires imposées par le gouvernement canadien aux Autochtones en vertu de la Loi sur les Indiens de 1876.

L’exposition évoque surtout la crise du logement dans les communautés et le manque de ressources, mais surtout le manque d’habitat. Le gouvernement a promis de s’en occuper et, à l’époque, c’était une solution temporaire et ça a engendré beaucoup de problèmes sociaux, explique l’artiste multidisciplinaire originaire d’Aylmer.

L'une des oeuvres de Caroline Monnet.

Il faut s'approcher de l'oeuvre pour réaliser qu'elle est faite avec un matériau de construction, magnifié par les broderies ou les sérigraphies.

Photo : Fournie par le Musée des beaux-arts de Montréal

Caroline Monnet souhaitait mettre en lumière la situation dans laquelle vivent certaines communautés autochtones du Canada, un pays qui est pourtant membre du G7, mais dans lequel certains vivent dans des conditions dignes du tiers-monde.

La quinzaine d’œuvres déclinent ainsi plusieurs thèmes liés au logement à travers l’utilisation de matériaux de construction : des membranes pare-air, du gypse et de la laine minérale, ou encore des tuyaux de plomberie.

Ainsi, la mousse de polystyrène dorénavant ornée de motifs créés par l’artiste transmet la richesse du patrimoine anichinabé, tout en évoquant un plan urbain qui délimite des territoires vus du ciel.

Détails de l'exposition de Caroline Monnet.

L'artiste a utilisé des matériaux de construction et leur a apporté une touche poétique.

Photo : Ivanoh Demers

Ou encore, l’une des œuvres représente le mot Aki qui signifie la terre en anishinaabemowin (ojibwé). L'oeuvre est composée en laine de verre rose, encastrée dans un boîtier en plexiglas. La laine de verre semble être un matériau esthétiquement beau – l’artiste évoque sa ressemblance avec de la barbe à papa –, mais est en réalité très toxique.

Une autre utilise de la mousse de polyester rose, un autre composant isolant, qui évoque justement l’isolement des communautés et l’enfermement auquel elles sont astreintes. Dessus, des motifs anichinabés ont été brodés.

L'une des oeuvres de Caroline Monnet.

Les œuvres de Caroline Monnet sont faites en matériaux de construction dans lesquelles des formes ont été découpées avec des jets d'eau.

Photo : Ivanoh Demers

Tous les designs sont réalisés par l’artiste sur ordinateur avant d’être reproduits sur les supports choisis. Puis elle programme le design dans une machine qui fera la découpe.

J’utilise des matériaux de construction industriels, et je leur amène une poésie pour finalement leur donner un aspect plus organique. J’aime le côté très brut des matériaux.

Une citation de :Caroline Monnet, artiste

Avec l’iconographie inspirée des motifs traditionnels, mais rendus plus contemporains grâce au design réalisé à l’ordinateur, ça donne toute une poésie aux travaux qu’on voit. C’est beau!, ajoute aussi Sylvie Lacerte, commissaire.

Deux installations sont aussi visibles dans cette exposition intitulée Ninga Mìnèh (la promesse en anishinaabemowin).

Pour l’artiste, il s’agit d’un cheminement naturel dans sa démarche de création. Ce sont des structures architecturales qui s'inscrivent dans la continuité de vouloir explorer les matériaux de construction. Je savais que je voulais un élément architectural dans l’exposition, pour venir casser le cube blanc (la pièce dans laquelle sont exposées les œuvres de Mme Monnet au MBAM, NDLR), raconte l'artiste née d'un père français et d'une mère anichinabée.

Portrait de Caroline Monnet.

Même si les thèmes abordés sont sombres et durs, Caroline Monnet souhaite que les gens voient aussi la dose d’espoir qu’elle a insufflée dans cette exposition.

Photo : Ivanoh Demers

L'une de ces installations est un dôme inspiré des méthodes de construction traditionnelles des Anichinabés et reproduit avec des tuyaux de plomberie.

Ça parle de l’accès à l’eau potable dans les communautés. L’idée du dôme fait aussi référence à une architecture utopique du futur. Et les cerceaux me rappellent le hoop dance, il y a un aspect presque cérémonial aussi. J'avais la volonté de mélanger des façons de faire traditionnelles et de nouveaux modèles d’architecture pour montrer comment les connaissances traditionnelles et la technologie moderne se rencontrent, détaille-t-elle encore.

Même si les thèmes abordés sont sombres et durs, Caroline Monnet souhaite que les gens voient aussi la dose d’espoir qu’elle a insufflée dans cette exposition.

C’est une exposition extraordinaire. Avec un sujet aussi sombre, Caroline a réussi à faire une œuvre d’une grande qualité esthétique, c’est un tour de force, conclut Sylvie Lacerte.

L'exposition sera visible au Musée des beaux-arts de Montréal à compter de jeudi jusqu'au 1er août.

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