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« Nous savons que nous sommes censurés », dit la chaîne inuit Uvagut TV

Des installations du port de Milne Inlet durant l'hiver.

Certaines associations inuit s'opposent au projet d’expansion de la mine Mary River. Cette image montre le port de Milne Inlet, au nord de la mine Mary River, au Nunavut.

Photo : CBC / Nick Murray

Alors que des audiences concernant un projet d’expansion de mine au Nunavut se poursuivent, une station de télévision en inuktitut et en inuinnaqtun ne pourra plus en diffuser les audiences publiques. Une décision dénoncée par ladite chaîne, qui estime qu’elle contrevient au droit d’information des Inuit, concernés par ce projet.

Pour permettre de rendre accessibles les consultations en inuktitut concernant l’expansion d’un projet minier proposé par la Baffinland pour la phase 2 de la mine Mary River, le Nunavut Independant Television Network (NITV) voulait transmettre la rediffusion des audiences de janvier et février sur sa chaîne, Uvagut TV.

La Commission du Nunavut chargée de l’examen des répercussions (CNER) a refusé cette demande. Dans une lettre ouverte diffusée lundi, Zacharias Kunuk, membre du Conseil de direction de NITV, a déclaré au nom du Conseil :  Nous savons que nous sommes censurés. Nous voulons trouver qui nous censure. Ce n’est pas dans les habitudes inuit de chercher la confrontation.

Une femme masquée derrière une table.

Les consultations ont repris le 12 avril et se poursuivent jusqu’au 21.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

En 2012, le NITV et la CNER ont conclu une collaboration pour rendre accessibles ces consultations en inuktitut.Les Inuit devaient pouvoir prendre connaissance des enjeux, des impacts sur leur territoire et des opportunités d’emploi que le projet pourrait générer, détaille Michelle Vanbeusekom, conseillère principale au NITV.

Si le projet est approuvé, cela permettrait à la mine de doubler sa production annuelle actuelle de minerai de fer, la faisant passer de 6 à 12 millions de tonnes.

Les consultations ont commencé en 2019 et elles étaient filmées et diffusées par le NITV.

Selon Mme Vanbeusekom, il est important pour les Inuit d’avoir accès à ces consultations par un autre moyen qu’Internet, qui coûte encore très cher au Nunavut. Beaucoup d’habitants s’informent essentiellement grâce à la télévision ou la radio.

Ainsi, toutes les séances tenues entre le 25 janvier le 6 février ont été diffusées. Ces séances se tiennent de 9 h du matin à 9 h du soir, beaucoup ne peuvent pas regarder ça en journée. Ils travaillent, doivent s’occuper de leurs enfants, appuie Mme Vanbeusekom. D’où l’idée de rediffuser les séances en soirées.

Une grue sur un site minier.

Si le projet est approuvé, cela permettrait à la mine de doubler sa production annuelle actuelle de minerai de fer, la faisant passer de 6 à 12 millions de tonnes.

Photo : Baffinland

Selon Mme Vanbeusekom, les arguments de la CNER pour refuser ces rediffusions sont les suivants : il y aurait une violation de la vie privée des intervenants même s’il y a déjà une première diffusion. Une deuxième diffusion irait à l’encontre de ce droit.

Le deuxième argument serait que puisque les séances sont en cours, une rediffusion pourrait interférer avec le processus en cours. Je peux comprendre cet argument s’il y avait une volonté de notre part de faire du montage ou de couper des séquences des audiences, mais nous voulons les rediffuser de bout en bout. On ne comprend pas pourquoi ils ont décidé de changer les règles, indique la conseillère principale au NITV.

D’autant plus que les rediffusions de NITV incluent les audiences publiques de la CNER suspendues en novembre 2019, toujours disponibles au public et qui ont été rediffusées sur Uvagut TV sans qu’il y ait aucune plainte d’interférence ou de violation de la vie privée, peut-on encore lire dans la lettre ouverte.

Dans un courriel envoyé lundi obtenu par CBC, Karen Costello, directrice générale de la CNER, a répondu à la lettre en disant que la commission n'autoriserait pas les rediffusions pendant le processus de prise de décision. La Commission n'est pas du tout d'accord que ces pratiques soient qualifiées de censure, a-t-elle aussi déclaré. Les médias continuent d'être présents et l'accessibilité par diffusion en direct se poursuit, ajoute-t-elle.

Les consultations ont repris le lundi et se poursuivent jusqu’au 21 avril.

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