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La relation complexe du prince Philippe avec les peuples autochtones du Canada

La reine et le prince discutent avec des chefs autochtones, dont deux portent une coiffe traditionnelle.

La reine Élisabeth et son mari le prince Philippe lors d'une visite officielle à Yellowknife en 1994

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

CBC News

Le prince Philippe a effectué plus de 70 visites et escales au Canada entre 1950 et 2013, dont bon nombre comprenaient des réunions et des événements avec des dirigeants et des gens des Premières Nations.

C'est au cours d'une de ces visites que le prince, décédé vendredi à l'âge de 99 ans, a fait forte impression sur Bill Erasmus, ancien chef national déné et chef régional de l'Assemblée des Premières Nations (APN).

En 1994, en compagnie d'autres dirigeants autochtones, Bill Erasmus a rencontré la reine Élisabeth et son époux à Yellowknife pour les célébrations entourant la création d'un nouveau territoire inuit.

Dans son discours prononcé pour cette occasion, il a exprimé sa frustration quant au non-respect des traités signés par la Couronne et les peuples autochtones.

Bill Erasmus a ensuite pris part à une rencontre plus privée et plus détendue avec le couple royal, où il s'est découvert des intérêts communs avec le prince Philippe.

Un homme déné regarde la caméra.

Bill Erasmus a rencontré le prince Philippe en 1994.

Photo : CBC/John Last

Il était vraiment passionné par le changement climatique et les questions environnementales, alors je l'ai remercié pour cela, se souvient M. Erasmus.

Alors qu'ils discutaient, il a été impressionné par les connaissances du prince Philippe sur le sujet.

Le prince a critiqué la manière dont les multinationales traitaient l'environnement et la grande quantité de richesses et de déchets qu'elles généraient et tenait à garder la terre en santé, souligne-t-il.

Il a félicité notre peuple pour avoir un point de vue similaire, ajoute l'ancien chef.

M. Erasmus a trouvé la franchise du prince rafraîchissante.

Il était vraiment facile de s'entendre et de parler avec lui. Il vous encourageait à dire ce que vous aviez à dire.

Une citation de :Bill Erasmus, ancien chef déné

Cette camaraderie a aussi marqué Johnny May, un pilote de brousse de 75 ans de Kuujjuaq.

Le duc d’Édimbourg avait l'habitude de rendre visite à la communauté du Nunavik pour faire le plein de son avion privé à la fin des années 1970 et au début des années 1980. C'est ainsi que Johnny May l'a rencontré et a bavardé avec lui à plusieurs reprises.

Le prince était juste un gars ordinaire, souligne M. May. Nous ne l'avons pas traité différemment des autres pilotes à l'aéroport, dit-il. Je suppose qu'il a apprécié ça, parce qu'il a semblé être vraiment détendu avec nous.

Johnny May.

Johnny May (à gauche) se souvient de la camaraderie facile du duc d'Édimbourg.

Photo : SITE : PILOTES QUÉBEC

Il avait un bon sens de l'humour et plaisantait toujours, ajoute-t-il.

M. May se souvient d'avoir donné au prince quelques ombles chevaliers pour les ramener chez lui, en Angleterre. Un an plus tard, lorsque le prince Philippe s'est de nouveau arrêté à Kuujjuaq, il a confié à Johnny May que son épouse avait énormément apprécié l'omble chevalier.

Des déclarations controversées

Certaines déclarations du duc d'Édimbourg ont cependant suscité la controverse. Ses commentaires sur les peuples autochtones ont parfois été perçus comme racistes.

Par exemple, lors d'une visite en Australie en 2002 avec la reine, le prince Philippe a demandé à un groupe d'Autochtones s'ils se lançaient toujours des flèches.

En 1995, il a également demandé à un instructeur de conduite écossais : Comment empêchez-vous les indigènes de boire suffisamment longtemps pour passer le test?

Puis, en 2000, le prince a déclaré que certains équipements électriques semblaient si rudimentaires qu'ils devaient avoir été installés par un Amérindien lors de la visite d'une usine.

Ce n'est qu'à la suite de cette bourbe que le palais de Buckingham a présenté ses excuses. Le duc d'Édimbourg regrette toute offense qui aurait pu être causée par ces remarques. Avec le recul, il admet que ces commentaires, voulus légers, étaient inappropriés.

Se concentrer sur les contributions plutôt que sur les controverses

Certains dirigeants autochtones ont indiqué qu'ils souhaitaient ne pas s'attarder aux controverses du prince Philippe, mais plutôt se concentrer sur sa fonction publique, ainsi que sur le rôle de la famille royale dans l'avancement des affaires autochtones au Canada.

Shawn Atleo a rencontré le duc d'Édimbourg dans le cadre de visites royales officielles, au moment où il était chef national de l'APN, entre 2009 et 2014.

Il s'est entretenu avec CBC News le mois dernier, pendant que le prince était à l'hôpital.

Les membres de la famille royale avec lesquels j'ai travaillé ont toujours exprimé leur respect et leur soutien à l'égard de la relation de traité.

Une citation de :Shawn Atleo, ancien chef national de l'Assemblée des Premières Nations

Il a également exprimé sa sympathie à la famille royale. Mon cœur, et celui de beaucoup de gens, va à la famille royale, a-t-il déclaré.

L'actuel chef national de l'APN, Perry Bellegarde, a lui aussi présenté ses condoléances à la famille royale et a rendu hommage à l'héritage du prince.

En près d'un siècle de vie, le prince Philippe a tant donné au service public et a toujours été un défenseur de nombreuses causes valables, en particulier l'état physique des jeunes et le bénévolat, a-t-il déclaré à CBC News vendredi.

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