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Violence conjugale : l'histoire de la tasse à café de Maniwaki

Une tasse de l'organisme Halte-Femme dans une chambre de l'hôtel L' Auberge du Draveur, à Maniwaki.

Les tasses de l'organisme Halte-Femme sont distribuées dans les chambres de L' Auberge du Draveur à Maniwaki.

Photo : Radio-Canada / Julie Marceau

Dans un hôtel de Maniwaki, un élément a attiré l’attention d’Espaces autochtones, qui y logeait dans le cadre d'un reportage à Kitigan Zibi : l'utilisation des tasses à café de l’organisme Halte-Femme, qui aide les victimes de violence conjugale. Quelques vérifications plus tard, le récipient… révélait effectivement une situation critique.

Alors que nous montons dans la voiture d’autopatrouille de Shawn Buckshot-Maurice pour mieux comprendre le travail des policiers anichinabés (voir notre reportage Le défi d'être policier autochtone en 2021), nous lui demandons pourquoi, selon lui, l’hôtel fournit ces tasses.

Il y a deux refuges pour femmes ici : un dans la communauté autochtone de Kitigan Zibi (le Waseya House) et un à Maniwaki (Halte-Femme), et ils sont pleins, dit le policier.

Les femmes qui sont dans une situation critique sont souvent logées dans l’un des deux hôtels de Maniwaki, explique-t-il : le Château Logue ou l’Auberge du Draveur.

En ce moment, les deux principales raisons pour lesquelles les gens nous appellent, c’est la santé mentale et la violence conjugale, poursuit l’agent Buckshot-Maurice.

L'histoire d'une tasse... pour aider les femmes

Il y a quelques années, Halte-Femme Haute-Gatineau a sollicité les propriétaires du restaurant Le Rabaska pour leur suggérer de distribuer les tasses de l'organisme.

On se disait que c’est une façon simple de mémoriser un numéro de téléphone sans que ça paraisse et sans avoir à faire une recherche Internet devant quelqu’un, explique la directrice de Halte-Femme depuis 10 ans, Marianne Lyrette.

Sans pouvoir dire précisément en quelle année le partenariat a été conclu, la directrice se souvient que les propriétaires ont tout de suite accepté.

C’est eux qui l’ont proposé, et nous avons mis les tasses dans les chambres. On croit que l’impact est meilleur, précise Martin St-Jacques, le propriétaire du restaurant Le Rabaska et de l’Auberge du Draveur.

Appels à l'aide en hausse

En cette période de pandémie, l’organisme Halte-Femme a rarement été aussi occupé.

La situation des femmes s’est fragilisée, soutient Mme Lyrette.

Les mamans se sont retrouvées avec des enfants à temps plein à la maison et, en plus, avec des repas et des collations à préparer lorsque les écoles ont été fermées, poursuit-elle.

Si les appels à l’aide ont diminué en début de pandémie, ils ont monté en flèche depuis cet automne, soutient-elle.

L'organisme, qui fait du soutien à domicile en plus de son service d'hébergement, a notamment multiplié les distributions de paniers alimentaires.

La Vallée-de-la-Gatineau est l’une des régions les plus pauvres du Québec. On a plus que quadruplé l’aide alimentaire qu’on fait normalement, indique Mme Lyrette.

Environ 30 % de la clientèle du refuge est autochtone, selon elle.

La directrice générale du Centre d'amitié autochtone de Maniwaki, Charlotte Commanda, s'occupe d'une distribution de repas à l'heure du midi.

La directrice générale du Centre d'amitié autochtone de Maniwaki, Charlotte Commanda (à droite), organise une distribution de repas à l'heure du midi. Le centre est ouvert, mais les activités sont restreintes en raison de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Julie Marceau

Selon le Centre d’amitié autochtone de Maniwaki, la situation est alarmante chez les femmes autochtones.

Quand les deux refuges de la région sont pleins, on tente de rediriger les femmes vers des appartements qu’on loue, mais c’est très difficile en ce moment avec la COVID-19. Il y a une pénurie de logements, s’inquiète la directrice générale du Centre d'amitié autochtone de Maniwaki, Charlotte Commanda.

Le centre offre normalement une panoplie de services, dont une clinique de santé, des ateliers culturels, un centre de ressourcement, des repas et un service d’aide à l’emploi.

Il y a une augmentation des cas de troubles de santé mentale chez nos membres. Et on est particulièrement préoccupés par la sécurité des femmes, précise Charlotte Commanda.

Le Centre d'amitié autochtone de Maniwaki.

Le Centre d'amitié autochtone de Maniwaki

Photo : Radio-Canada / Julie Marceau

Au début du mois d'avril, dans une autre région du Québec, le Nunavik, une femme inuk a été retrouvée sans vie. La Sûreté du Québec a confirmé qu’elle a été tuée par son conjoint avant que celui-ci ne s’enlève la vie. Il s’agissait du 8e féminicide en deux mois au Québec, soit le bilan total de l’année 2020. Un 9e féminicide, survenu au mois de mars dans la région de Charlevoix, a été confirmé cette semaine.

Besoin d'aide?

Contactez SOS violence conjugale par téléphone au 1 800 363-9010 ou par Internet à sosviolenceconjugale.ca (Nouvelle fenêtre)

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