•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La danse contemporaine autochtone nous en met plein la vue

Des danseurs s'imbriquent devant un cercle lumineux.

La compagnie torontoise existe depuis plus de 20 ans.

Photo : Red Sky Performance/ David Hou

La compagnie de danse contemporaine autochtone Red Sky Performance propose, du 14 au 20 avril, des spectacles en webdiffusion. La directrice générale et artistique de la troupe, Sandra Laronde, espère que cette plateforme permettra à ces spectacles de rejoindre le plus de Canadiens possible, pour qu’ils puissent mieux saisir la psyché et les mythes anichinabés.

Pourquoi parle-t-on toujours des histoires grecques et romaines, de Pégase ou du Zodiaque quand on regarde le ciel au Canada? Pourtant, d’ici, le ciel est différent. Où sont les histoires du ciel d’ici? C’est avec cette question, dont elle cherche visiblement toujours la réponse, que Sandra Laronde s’était lancée dans la création du spectacle Trace, présenté pour la première fois en 2018. La lune et les étoiles y sont omniprésentes.

Cette œuvre, c’est l’histoire des Anichinabés : on est un peuple des étoiles. On vient d’elles et un jour on y retournera. Je souhaite que notre lien avec le ciel, avec la nature soit mieux connu. Les Anichinabés, qui vivent majoritairement dans le nord de l’Ontario, au Manitoba et en Saskatchewan, ont, dans l’histoire, développé une connaissance particulière des astres et des planètes. Avec sept danseurs, trois musiciens et un écran, Trace rend hommage à ce lien unique.

Une femme apparaît au premier plan, devant une forme circulaire cerclée d'un halo lumineux

Les spectacles Trace et Miigis ont déjà été présentés à Danse Danse en 2019.

Photo : Red Sky Performance/ David Hou

Pour Miigis, son autre œuvre proposée en ligne, elle a plutôt réfléchi au mouvement de plusieurs peuples autochtones, qui ont migré des régions atlantiques pour rejoindre celles des Grands Lacs, ainsi qu’au cycle de la vie. Les extraits montrent des enchaînements très athlétiques, pleins d’énergie tellurique.

La pandémie, le retour de bâton de la nature

Juste avant la pandémie, pour un autre spectacle intitulé AF, Sandra Laronde avait travaillé sur l’idée d’une épidémie, sur un moment de bascule où l’homme doit choisir s’il poursuit dans son modèle erroné ou recule. Elle a été surprise de voir la bascule apparaître quelques semaines plus tard : Plus on pousse à bout la nature, plus elle va répondre. Elle vient de le faire. Dans l’Occident, on a toujours l’impression d’être tout en haut de la chaîne. Mais sans nous, les plantes peuvent continuer de vivre, les animaux aussi. Nous, sans eux, on ne peut pas. Les Autochtones le savent, eux.

Avec ces spectacles, elle veut lutter contre la solitude qui, selon elle, naît souvent du manque de lien avec l’environnement. Plus les gens en connaissent sur le point de vue autochtone, notre métaphysique, plus ils comprendront qu’on est interdépendants. Ils seront plus heureux.

Vos spectacles, c’est de la politique finalement? Non, on danse, on raconte des histoires. Dans les médias, quand on est Autochtone, on a forcément un message politique. Ce n’est pas obligatoire.

Voilà que désormais, vu le contexte, les œuvres de Sandra Laronde ne peuvent être présentées en direct : un écran s’ajoute entre elle, ses danseurs et les spectateurs, ce qui, admet-elle, empêche toutes les dimensions de la danse de transparaître à l’écran.

Un lien de moins et plus de solitude? Non, franchement, j’apprécie que les spectacles aient une vie numérique. L’écran connecte à l’information, à l’art. Nos histoires se promènent plus loin… Mais ça ne remplace pas ce moment partagé, ensemble, sous le même toit. L’émotion incroyable, la vitalité du moment.

Le projet Digidanse, créé par des diffuseurs canadiens en réponse à la pandémie, vise à faire vivre en ligne des œuvres de danse. C’est grâce à cela que les spectacles de Red Sky Performance apparaissent à l’écran.

Le programme disponible en ligne, diffusé par Danse Danse, est composé d’un extrait de Miigis (11 minutes), est suivi d’entrevues avec Sandra Laronde et plusieurs collaborateurs, et se clôt avec Trace (25 minutes). Le prix des billets commence à 15 $.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !