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Une saison de pêche qui s’annonce bien pour les pêcheurs autochtones

Des pêcheurs sur le quai tirent des gros cordages de pêche.

La pêche est un enjeu économique important pour les communautés autochtones qui bordent le littoral québécois.

Photo : CBC / Eric Woolliscroft

Fini les inquiétudes dues à la pandémie pour les pêcheurs de la Côte-Nord et de la Gaspésie. Contrairement à l’année dernière, ils savent vers où ils s’en vont et ils sont plutôt optimistes : la baisse des quotas devrait être compensée par des prix avantageux.

Oui, les quotas ont baissé cette année tant pour le crabe que pour la crevette. Mais les prix – du moins pour le crabe – sont en hausse par rapport à l’année dernière, disent en chœur Serge Langelier et Yan Tremblay, respectivement directeur des pêches de l’Amik et directeur général des Pêcheries Uapan.

Un camion de Uapan parmi des bateaux.

Les activités de pêche commerciale de la communauté de Uashat mak Mani-utenam sont gérées par Pêcheries Uapan depuis 2007.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

L’Amik supporte les communautés innues dans la gestion des ressources aquatiques et océaniques et les Pêcheries Uapan assurent la gestion des pêches autochtones commerciales à Uash mak Mani-utenam.

1,50 $ de plus la livre de crabe

L’an dernier, la livre de crabe s’élevait à 4,25 $, tandis qu’elle est à 5,75 $ cette année.

Si les quotas sont inchangés pour la crevette, inexistants pour le homard, ils ont baissé pour le crabe de 15 %. Mais vu la hausse du prix de la livre, cela n’inquiète pas les pêcheurs. D’autant plus que le taux de capture est incroyablement élevé, indique M. Tremblay.

Yan Tremblay sur le quai des pêcheurs à Sept-Îles

Yan Tremblay, directeur général, Pêcheries Uapan

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Les pêcheurs s’en vont en mer également plus sereins qu’en 2020. La saison de pêche s’était en effet ouverte tout au début de la pandémie. « Le provincial avait qualifié la pêche comme une activité essentielle, mais les MRC soulevaient de nombreuses craintes. Il y avait une réelle confusion, se souvient M. Langelier qui, à l’époque, lâchait : Si tout va bien, ça va être une année catastrophique, soulignant une potentielle chute des prix.

Serge Langelier dans le parc d'hivernage de Sept-Îles.

Serge Langelier, directeur des pêches pour l'Agence Mamu Innu Kaikusseth (AMIK)

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Finalement, le marché au détail a pu absorber les demandes qui venaient généralement des restaurants ou des bateaux de croisière. Les rendements ont été au rendez-vous et nous avons eu une bonne récolte, poursuit M. Langelier.

Il faut dire que 95 % de ce que rapportent dans leurs filets les pêcheurs finit dans les cuisines du monde entier – surtout l’Asie et les États-Unis – , mais très peu dans les assiettes canadiennes.

Une réalité que déplore d’ailleurs M. Tremblay. C’est ridicule d’avoir de tels produits de qualité qui ne sont pas consommés ici, dit celui qui prône une réelle éducation pour une consommation locale.

Des bacs pleins de crabes des neiges, le 3 avril 2021.

La pêche au crabe des neiges est ouverte.

Photo : Radio-Canada / Lambert Gagné-Coulombe

Quoi qu’il en soit, un vent d’optimisme souffle dans les voiles des chaloupes et des caboteurs. Cette année s’annonce encore meilleure que l’an passé, croit M. Tremblay dont la société détient quatre permis pour le crabe des neiges, deux pour la crevette et quatre pour le homard. M. Langelier compte quant à lui trois bateaux supervisés.

La seule grande question qui demeure concerne la pêche à la crevette. Celle-ci devait s’ouvrir le 1er avril, mais les usines ne veulent pas en prendre avant début mai, car elles craignent que l’inventaire soit trop élevé, indique M. Tremblay.

La qualité de la saison de la pêche a un impact direct sur les communautés innues de la région, car ses profits sont réinvestis dans des projets qui leur bénéficient. Nos pêches appartiennent à la communauté, pas à un individu privé. Ça revient au conseil de bande, ça finance des programmes internes, expliquait déjà M. Tremblay en 2020.

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