•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une BD pour qu’Autochtones et allochtones s’apprivoisent

Une planche de BD qui représentent des hommes et des femmes munis de tambours.

Voici l'une des planches qui figurent dans la BD d'Emanuelle Dufour.

Photo : Ecosociété / Emanuelle Dufour

Décliner son sujet de recherche de thèse en une BD, c’est le pari que s’est lancé Emanuelle Dufour avec son œuvre baptisée C’est le Québec qui est né dans mon pays. Le but : proposer un « travail de pré-rencontre » pour les Québécois et les Autochtones, et inviter à l’introspection.

Emanuelle Dufour a rencontré des Autochtones dans le monde entier. Des Maoris, des Touaregs, des Peuls ou encore des Nagas. Mais les Mohawks, les Atikamekw ou les Cris du Canada, son propre pays, pas vraiment. Il faut dire que les deux peuples – Autochtones et allochtones – se tournent encore parfois le dos.

Cette réalité a sauté aux yeux d’Emanuelle Dufour, qui a décidé d’entamer un long parcours vers une sorte de redécouverte de l’autre. Entrer en rencontre avec les gens du territoire, précise-t-elle.

Alors quand elle a commencé son doctorat en éducation par les arts à l’Université Concordia, elle a choisi de faire une BD basée sur l’autoréflexion du lecteur, pour vulgariser son travail de recherche et le rendre plus accessible. Le projet a été soutenu par l’institution Kiuna, le seul centre d’études collégiales par et pour les Premières Nations au Québec.

La page couverture d'une BD.

La couverture de la BD d'Emanuelle Dufour qui souhaitait « entrer en rencontre avec les gens du territoire ».

Photo : Écosociété / Emanuelle Dufour

Malaise

Je me suis intéressée au malaise que l’on ressent comme Québécois et qui est associé à cette méconnaissance qu’on a de l’autre. C’est un sentiment latent qui n’est pas déconstruit et qui reste silencieux. Malgré mon implication auprès des communautés, j’avais encore ce sentiment d’être une impostrice, je ressentais un inconfort inexprimé, et c’est ce qui guide un peu la BD, dit-elle.

Selon elle, ce malaise que peuvent ressentir certains Québécois quand on évoque l’histoire des Autochtones n’a jamais été déconstruit. Je ne raconte pas d’histoires autochtones, mais je lance une sorte de dialogue autour de cette non-rencontre. Le système colonial a empêché cette rencontre, croit-elle.

De plus de 200 pages, la BD, officiellement accessible le 7 avril, propose différents tableaux. Des témoignages d’Autochtones, des dessins, l'histoire de la crise d'Oka, le tout dans un style assez épuré et, surtout, en noir et blanc.

Je ne voulais pas développer une œuvre d’art, mais un langage.

Une citation de :Emanuelle Dufour, autrice

Si j’ai choisi de ne pas faire la BD en couleur, c’est notamment à cause de tous les aspects techniques de la coloration et aussi parce que j’ai beaucoup été influencée par des auteurs de BD qui faisaient du noir et blanc, indique-t-elle.

C’est aussi un art qui se veut séquentiel. La BD laisse des trous, ce n’est pas continu comme un film. Les gens sont appelés à remplir ces trous-là en puisant dans leur propre expérience, dit celle qui est aussi conseillère pédagogique équité, diversité et inclusion au Collège Ahuntsic.

Des collaborateurs se sont ajoutés au projet et témoignent de leurs expériences. De sa mère à Marie-Ève Bordeleau, en passant par Melissa Mollen Dupuis et Ellen Gabriel, la porte-parole de la communauté de Kanesatake durant la crise d’Oka, tous ont participé à cette œuvre.

Image qui évoque l'invisibilisation des enjeux, cultures et personnes autochtones au cours de la crise d'Oka.

Image évoquant l'invisibilisation des enjeux, cultures et personnes autochtones au cours de la crise d'Oka.

Photo : Écosociété / Emanuelle Dufour

Mme Dufour souhaite que sa BD puisse aussi mettre de l'avant la résilience des Autochtones et surtout celle des femmes, qui sont omniprésentes dans son œuvre.

Je voudrais aussi susciter des réflexions sur notre système colonial et encourager la responsabilisation. Mon travail est porteur d’espoir. Le but n’est pas de se vautrer dans la culpabilité, mais plutôt de prendre des actions, ajoute l’auteure.

Le lancement du livre se déroulera en ligne, sur le compte Facebook de la maison d'édition Écosociété, le 14 avril, à 19 h.

Les contributeurs au projet de BD

Kim Angatookalook et Tristan André-Angatookalook, Louis-Xavier Aubin-Bérubé, Michèle Audette, Terry Awashish, Eve Bastien, Lise Bastien, Jimmy-angel Bossum, Marie-Eve Bordeleau, Marie-Pierre Bousquet, Sébastien Brodeur-Girard, Diane Cantin, Mikayla Cartwright, Kakwiranó:ron Cook, Emma Cuchio Antonio, Guillaume Dufour, Ellen Gabriel, Julie Gauthier, Claude Hamelin, Prudence Hannis, Bernard Hervieux, Sarah Hornblow, Paige Isaac, Institut Tshakapesh, Jacques Kurtness, Marcel Lalo, Léa Lefevre-Radelli, Pierre Lepage, Monica Lopez, Anna Mapachee, Lucie Martin, Pierre Martineau, Rita Mestokosho, Uapukun Mestokosho, Melissa Mollen Dupuis, Caroline Nepton Hotte, Jennifer O’Bomsawin, Annick Ottawa, Ghislain Picard, Murray Sinclair, Geneviève Sioui, Louis-Karl Sioui-Picard, Jean-Yves Sylvestre, Myriam Thirnish, Pamela Rose toulouse, Lou Maïka strauss et Martin Strauss, Jacques Viens, Florent Vollant, Stanley Vollant et Xavier Vollant, Jesse Wente et plusieurs autres.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !