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La soeur d'une femme retrouvée morte au Nunavik croit qu'il s'agit d'un féminicide

Un véhicule de police noir.

La Sûreté du Québec attend les résultats des autopsies de deux personnes retrouvées mortes le 25 mars dans une maison à Ivujivik au Nunavik.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

La soeur d'une femme retrouvée morte avec son conjoint dans un village éloigné du Nunavik, dans le Nord-du-Québec, la semaine dernière, appelle les victimes de violence conjugale à demander de l'aide.

Maggie Naluiyuk a déclaré mardi que, selon elle, sa soeur cadette, Kataluk Paningayak-Naluiyuk, âgée de 43 ans, était la plus récente victime de violence conjugale dans la province.

Mme Naluiyuk, âgée de 48 ans, mère de cinq enfants et elle-même victime d'une relation abusive pendant 19 ans, a déclaré qu'elle voulait utiliser la tragédie de sa soeur pour envoyer un message.

« Maintenant qu'elle est partie, nous ne pouvons rien faire, mais nous pouvons essayer d'aider les autres à survivre », a déclaré Mme Naluiyuk dans une entrevue.

La Sûreté du Québec a indiqué lundi qu'elle attendait les résultats des autopsies de deux personnes après la découverte de leurs corps jeudi dernier dans une maison d'Ivujivik, une communauté inuit d'environ 400 personnes, accessible par avion.

La police a identifié les deux personnes décédées comme étant Mme Paningayak-Naluiyuk et son conjoint, Peter Ainalik, âgé de 44 ans.

La porte-parole de la SQ Nancy Fournier a affirmé que des agents de la brigade des homicides du corps policier avaient été envoyés dans le village.

Elle a déclaré que les enquêteurs ne recherchaient pas de suspect et qu'ils devraient pouvoir en dire plus une fois les autopsies effectuées, ce qui devrait avoir lieu cette semaine.

Mme Fournier a indiqué que la Sûreté du Québec, en collaboration avec le Corps de police régional de Kativik, n'a écarté aucune théorie sur ce qui s'est passé, y compris celle d'un meurtre-suicide.

Si cette hypothèse est confirmée, Mme Paningayak-Naluiyuk serait la huitième femme au Québec à être assassinée par son conjoint depuis le début de l'année.

Mère de six filles et grand-mère de deux enfants, Kataluk Paningayak-Naluiyuk a vécu avec Peter Ainalik une relation marquée par la violence, précise sa sœur Maggie.

Selon cette dernière, Kataluk Paningayak-Naluiyuk a dû, à deux reprises, être transportée à Montréal pour être soignée. Dans un cas, sa sœur aurait eu des côtes cassées.

« Nous avons tenté de lui dire qu'elle devait le quitter avant qu'il ne la tue », dit-elle, mais sa sœur aurait rejeté ces préoccupations.

« Elle est morte aujourd'hui et nous ne pouvons rien y faire, mais ce que nous pouvons faire, c'est de faire comprendre aux femmes qui ont besoin d'aide, qui vivent des relations violentes, qu'il existe une solution pour chacune d'entre elles », ajoute Maggie Naluiyuk.

Je suis passée par là, je peux comprendre, j'ai vécu cela pendant 19 ans.

Une citation de :Maggie Naluiyuk

Les hommes doivent chercher des conseils ou de l’aide, renchérit-elle, en exhortant les femmes à trouver les ressources qui leur permettent de sortir d’une relation violente.

Les peines infligées aux personnes reconnues coupables de violence conjugale devraient être plus sévères, a aussi déclaré Maggie Naluiyuk.

Au Québec, les défenseurs des victimes de violence conjugale ont soulevé des inquiétudes quant au nombre croissant de femmes tuées par leur conjoint cette année.

En entrevue sur la chaîne généraliste Noovo lundi, le premier ministre François Legault a déclaré qu’au cours des prochaines semaines, toutes les femmes craignant pour leur sécurité auront un lieu où se réfugier.

Une ligne téléphonique sera également mise en place pour permettre aux gens de signaler les cas présumés de violence conjugale.

Avec des informations de CBC News

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