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La tradition se transmet (aussi) par le perlage d'accessoires contemporains

Un soulier Nike transformé grâce au perlage micmac.

Cheyenne Isaac-Gloade s'est inspirée de motifs micmacs très anciens pour perler ce soulier.

Photo : Jeorge Sadi/CBC

Radio-Canada

Un atelier de perlage a permis, samedi, de transformer 30 paires de baskets Nike Air Force One en cuir blanc, leur donnant une touche résolument micmaque.

Des piles de perles trônaient sur une grande table quand quelques jeunes Micmacs de la Première Nation de Millbrook, en Nouvelle-Écosse, ont pris place.

Invités par Cheyenne Isaac-Gloade et son mari Garrett Gloade à découvrir cette forme d'art, les jeunes ont appris la technique traditionnelle en l’appliquant sur un objet inhabituel.

« Nous appliquons en quelque sorte cette touche micmaque, cet art, ce style autochtone à quelque chose de très contemporain », a mentionné Cheyenne Isaac-Gloade en ajoutant qu’« une basket n'est pas un accessoire très conventionnel à perler, mais nous avons réussi ».

Une femme souriante.

Cheyenne Isaac-Gloade est une artiste micmaque de la Première Nation de Millbrook, en Nouvelle-Écosse.

Photo : Jeorge Sadi/CBC

L’artiste et son mari avaient d’abord perlé deux paires de baskets avant d’inviter des jeunes de la communauté à apprendre la technique en espérant leur donner envie de poursuivre la tradition.

Le perlage est une technique très ancienne transmise de génération en génération en tant qu’art ancestral, a expliqué Cheyenne Isaac-Gloade.

Un art important non seulement pour les Micmacs, mais aussi pour les peuples autochtones de toute l'Amérique du Nord, a-t-elle dit.

« Nous voulons voir vivre le perlage, nous voulons voir vivre nos créations. »

— Une citation de  Cheyenne Isaac-Gloade

L’artiste incorpore dans ses propres œuvres des techniques et des motifs micmacs très anciens.

C’est le cas pour l’une des paires de baskets qu'elle a elle-même perlées. Cheyenne Isaac-Gloade s'est inspirée d’ouvrages en piquants de porc-épic micmacs des années 1800-1900.

Ceux-ci représentaient souvent des montagnes. Les petites perles blanches représentent le ciel, décrit-elle, alors qu'elle a utilisé des couleurs de feu pour les montagnes.

Une jeune femme penchée sur son dessin.

Une participante à l'atelier de perlage conçoit le design qu'elle reproduira sur les Nike.

Photo : Jeorge Sadi/CBC

Après avoir vu les baskets perlées des deux artistes, Tehya Milliea, 15 ans, a souhaité participer à l'atelier. « J'ai trouvé ça vraiment incroyable. »

Elle a conçu ses propres baskets en utilisant des nuances de bleu dans un design inspiré par son régalia, le vêtement traditionnel qu’elle porte à l'occasion des pow-wow. Même si elle ne les portera probablement pas ensemble, tient-elle à préciser.

Sipu Julien a de son côté tenté de fabriquer de petits médaillons en perles. Elle a utilisé des couleurs vibrantes, du rouge et du jaune, pour réaliser son projet.

Une jeune femme fait du perlage autochtone.

Sipu Julien est concentrée sur son travail de perlage.

Photo : Jeorge Sadi/CBC

Le défi est grand pour faire revivre cet art réduit au silence pendant un certain temps, souligne Cheyenne Isaac-Gloade. « Il y a des lacunes dans son évolution, car il y a eu des périodes historiques pendant lesquelles les Micmacs et les Autochtones en général n'ont pas pu pratiquer cet art. »

C'est exactement pour cette raison qu’il est si important de l’enseigner aux plus jeunes, précise-t-elle « et je pense que la meilleure façon d'y parvenir est de faire ce que nous faisons ici aujourd'hui ».

Les baskets des jeunes pourront un jour être exposées dans un espace public, où les histoires et les significations de chaque dessin pourront être appréciées par de nombreuses personnes, conclut Cheyenne Isaac-Gloade.

Avec les informations de Taryn Grant et Haley Ryan, de CBC News

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