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Budget québécois : l’opposition réclame des fonds pour les Autochtones

Eric Girard devant un micro et des fleurdelisés à l'Assemblée nationale du Québec.

Le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, dévoilera le budget 2021-2022 jeudi à 16 h.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

À quelques heures du dépôt du budget provincial, les trois partis d’opposition à Québec espèrent que le gouvernement Legault allouera notamment des sommes en logement et en santé aux Autochtones.

Je m’attends à un bon plan de match et une vision claire du gouvernement sur comment on va répondre aux besoins des nations autochtones, notamment en matière de logement, soutient le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'affaires autochtones, Gregory Kelley.

Citant le mégaprojet caquiste de maisons des aînés, dont le coût a plus que doublé, selon la Presse canadienne, passant de 1 milliard à 2,3 milliards de dollars avant même qu'une seule maison soit construite, le député libéral estime que Québec a toute la latitude pour investir dans des projets de logement autochtones.

Le député libéral Gregory Kelley.

Le député libéral Gregory Kelley.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Si on accélère les maisons des aînés dans les circonscriptions de la CAQ, c’est peut-être le temps de faire aussi avancer les projets pour les peuples autochtones, dit-il.

Chantier de rattrapage en logement réclamé par l'APNQL

En février, l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) réclamait la mise sur pied d’un chantier québécois de rattrapage en logement, parlant d’un secteur sous-financé par Québec, tant dans les communautés qu’en milieu urbain.

L’APNQL recommandait notamment d’assouplir les règles du Fonds d'initiatives autochtones et d’adapter à la réalité autochtone les programmes de la Société d’habitation du Québec (SHQ), comme AccèsLogis.

Ghislain Picard et, derrière lui, Ian Lafrenière.

Ghislain Picard, le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec et Labrador (APNAL), et Ian Lafrenière, ministre responsable des Affaires autochtones.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Une avenue que prône Québec solidaire, qui estime que les besoins en milieu urbain, où vit plus de 50 % de la population autochtone, sont tout particulièrement alarmants.

Je m’attends à ce que Québec dise : il y a de grands besoins et nous répondons présents avec de nouvelles unités de logement et un nouveau programme AccèsLogis, affirme la co-porte-parole du deuxième groupe d’opposition, Manon Massé.

La formation de gauche avait d’ailleurs détaillé il y a deux semaines ses demandes en vue d’une réforme dans le domaine du logement.

La porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, aux côtés du responsable solidaire en matière de logement, Andrés Fontecilla.

La porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, aux côtés du responsable solidaire en matière de logement, Andrés Fontecilla.

Photo : Radio-Canada / Julie Marceau

Il faut que le gouvernement du Québec prenne le leadership en matière de construction de logements et d’accès à l’eau potable pour les Premières Nations de façon à inciter le fédéral à faire sa part, indique de son côté le porte-parole du Parti québécois en matière d’affaires autochtones, Martin Ouellet.

Financer le Principe de Joyce

Ce ne sont pas les appels à l’action qui manquent. L’une des affaires à laquelle on peut s’attendre, c’est de retrouver l’argent nécessaire pour faire atterrir le Principe de Joyce, énonce Manon Massé.

« Monsieur Lafrenière [le ministre responsable des Affaires autochtones] dit qu’il est un homme d’action, bien on attend de voir ça dans le budget »

— Une citation de  Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire

Il y aura eu la mort troublante de Joyce Echaquan, puis la multiplication d’allégations de racisme dans les institutions de santé de Joliette, dont le récent témoignage de Jocelyne Ottawa et, mercredi, ceux de trois autres femmes de Manawan, rapportés dans Le Devoir. Pour assurer aux Autochtones l’accès à des soins de qualité à l’abri de préjugés ou de comportements racistes, les partis d’opposition soulignent tous l’importance d’investir en santé et en services sociaux.

Selon Québec solidaire, si le ministre des Affaires autochtones est conséquent dans ses affirmations entourant l’affaire Echaquan, il doit donner suite financièrement aux demandes des nations autochtones quant au Principe de Joyce.

La députée solidaire de Sainte-Marie–Saint-Jacques donne en exemple la mise en place d’un bureau d’ombudsman à la santé ou encore le financement provincial de formations en sécurisation culturelle, comme demandé dans le Principe de Joyce, une déclaration présentée sous forme de mémoire par le Conseil de la Nation Atikamekw et au Conseil des Atikamekw de Manawan, en novembre 2020.

Paul-Émile Ottawa, chef de Manawan, et Constant Awashish, grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw.

Paul-Émile Ottawa, chef de Manawan, et Constant Awashish, grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw.

Photo : Radio-Canada

Monsieur Lafrenière dit qu’il ne veut pas faire de jeux de mots ou de syntaxe avec la question du racisme systémique. Il dit qu’il est un homme d’action. Eh bien si on regarde le travail que les Atikamekws ont fait par rapport au Principe de Joyce, c’est majeur, et on devrait retrouver ça dans le budget, avance Manon Massé.

La CAQ ne s’est pas engagée à légiférer sur le Principe de Joyce, contrairement à Ottawa, qui a annoncé récemment un montant de 2 millions de dollars pour promouvoir et concrétiser cette déclaration.

Le Parti québécois estime lui aussi que le gouvernement Legault doit débloquer des fonds en matière de sécurisation culturelle, notamment pour s’assurer que des agents puissent accompagner chaque membre des Premières Nations ou des Inuit lors de leur arrivée dans un établissement de santé.

Une femme est assise sur sa galerie.

Jocelyne Ottawa a relaté sur Facebook son expérience au CLSC de Joliette.

Photo : Radio-Canada

Pour donner aux communautés autochtones la moindre envie de nous faire confiance, il faut leur garantir une écoute, une ouverture. [...] Quand une femme autochtone se fait ridiculiser à l’hôpital, elle n’a pas accès à des soins de santé. Ça prend plus qu’une porte ouverte avec "urgence" écrit au-dessus. Ça prend un accueil humain et bienveillant, soutient le député péquiste de René-Lévesque, Martin Ouellet.

En 2020, le gouvernement Legault avait débloqué 219 millions sur cinq ans pour soutenir les communautés autochtones, notamment pour améliorer l’accessibilité et la qualité des services en santé pour les Autochtones.

Québec n’avait par ailleurs pas précisé quels montants étaient alloués à la mise en place des appels à la justice énoncés dans les rapports finaux de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) et de la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec (commission Viens) qui sont réitérés dans le Principe de Joyce.

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