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Un mocassin de 800 ans éclaire des hypothèses sur la migration des Dénés

Un mocassin en cuir bien conservé.

Les mocassins dénés ont été découverts dans les grottes Promontory de l'Utah (au nord-ouest des États-Unis), il y a près de 100 ans.

Photo : Jack Ives

Radio-Canada

L'analyse du cuir de bison utilisé pour la confection d'un mocassin déné suggère que des membres de ce peuple autochtone très répandu dans l'Ouest canadien ont voyagé jusqu'à 800 kilomètres plus au sud, en terres navajos.

Les mocassins dénés ont été découverts dans les grottes de Promontory, dans l'Utah (au nord-ouest des États-Unis), il y a près de 100 ans. Les conditions sèches y ont préservé ce qui était généralement des denrées périssables, de même qu'environ 350 mocassins et des milliers d'ossements d'animaux.

La plupart des mocassins étaient fabriqués à partir de matériaux collectés localement, et leur style rappelle la technique utilisée par les Dénés du Canada. Mais une analyse chimique récente a permis une étonnante découverte : une sangle de cheville dont le cuir provenait d'un bison qui aurait vécu de 700 à 800 kilomètres plus au sud.

Jessica Metcalfe, professeure adjointe d'anthropologie à l'Université Lakehead, en Ontario, a utilisé des données basées sur les restes archéologiques d'autres bisons anciens pour déterminer que l'animal qui a servi à confectionner la sangle vivait de plantes qui n'auraient poussé que dans un climat beaucoup plus chaud.

Une analyse chimique plus poussée a écarté l'idée que le bison ait erré vers le nord ou que le cuir ait été obtenu par le commerce.

Une première

Mme Metcalfe pense que le cuir montre que ceux qui vivaient dans la grotte, il y a quelque 800 ans, voyageaient sur de longues distances pour faire du repérage, avant de revenir.

C'est la première fois que les migrations humaines du passé sont reconstruites à l'aide de traces chimiques trouvées dans des chaussures.

Une citation de :Jessica Metcalfe, professeure adjointe d'anthropologie à l'Université Lakehead

Son analyse, publiée plus tôt ce mois-ci dans la revue American Antiquity (Nouvelle fenêtre), rapproche plus que jamais les Dénés du nord à des territoires habituellement occupés par les Navajos et les Apaches.

Les chercheurs savaient déjà que les Dénés étaient de grands voyageurs. Les langues dénées, également connues sous le nom de langues athapascanes, sont d'ailleurs parmi les langues autochtones les plus répandues en Amérique du Nord, mais il y a peu de traces dans les archives archéologiques expliquant comment elles se sont répandues et pourquoi il existe deux groupes distincts distants de près de 2000 kilomètres.

C'est l'une des distributions de familles linguistiques les plus remarquables du Nouveau Monde et c'est probablement aussi la plus importante, souligne Jack Ives, professeur au Département d'anthropologie de l'Université de l'Alberta et l'un des auteurs de l'article scientifique.

Il cite des recherches montrant qu'il existe un vocabulaire d'environ 120 mots qui semblent être partagés entre les langues dénées et les langues yénisiennes en Sibérie.

Avec les informations de CBC News

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