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L’espoir est permis pour la sauvegarde des langues autochtones

Le mois de mars célèbre les langues autochtones, qui sont pour certaines encore en danger.

Une enseignante autochtone écrit sur un tableau

La clé de la survie des langues autochtones est la formation d'enseignants.

Photo : Radio-Canada / Claude Brunet

Alors que le mois de mars célèbre les langues autochtones, il reste encore beaucoup de travail à faire pour les sauver d'une disparition assurée. Mais l'espoir est là.

Oui, la langue innue, comme d’autres, est en danger, mais les Innus veulent garder leur langue en vie! C’est ainsi qu’Yvette Mollen, professeure d’innu à l’Université de Montréal, résume la situation des langues autochtones au Canada.

En effet, le Centre de collaboration nationale de la santé autochtone a déterminé qu’une nette majorité de jeunes des Premières Nations ont manifesté de l'intérêt à participer à des programmes culturels et linguistiques.

Yvette Mollen devant un ordinateur portable présentant une fiche grammaticale.

Yvette Mollen enseigne l'innu à l'Université de Montréal et à Montréal Autochtone. Elle a développé des fiches grammaticales en innu et en français.

Photo : Radio-Canada / Anouk Lebel

Denis Gros-Louis, directeur général du Conseil en éducation des Premières Nations, atteste lui aussi d’un certain regain d’intérêt pour les langues autochtones.

Les jeunes ont de plus en plus des noms traditionnels et en sont extrêmement fiers. Ils sont aussi de plus en plus fiers de dire qu’ils sont membres de telle ou telle nation.

Une citation de :Denis Gros-Louis, directeur général du Conseil en éducation des Premières Nations

Selon lui, se réapproprier leur langue est aussi un moyen pour ces jeunes de se réapproprier leur culture.

Le gouvernement a saisi qu’aider les communautés à se réapproprier la langue leur permet de réparer un tort immense que les communautés ont subi lorsqu’elles se voyaient empêchées de parler leur langue, dit-il.

M. Gros-Louis et Mme Mollen concèdent que c’est difficile, mais ils estiment que si les moyens suffisants sont mis en place pour les sauver, il est permis d’espérer.

Tournée virtuelle

Pour entendre différents organismes autochtones sur l’impact et l’importance de leurs efforts visant à revitaliser et à renforcer leurs langues, le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, a entrepris une tournée virtuelle à travers tout le pays.

Steven Guilbeault parle dans un micro. Derrière lui sont installés plusieurs drapeaux canadiens.

Le ministre du Patrimoine canadien Steven Guilbeault lors d'un point de presse, le 3 novembre 2020.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Le but est de rester connecté avec les organisations qui travaillent à revitaliser et renforcer les langues autochtones, et comprendre leurs enjeux et comment le gouvernement fédéral peut être allié, car nous ne l’avons pas toujours été, explique le ministre, en rappelant la lourde responsabilité des gouvernements précédents dans la situation actuelle des langues autochtones.

En chiffres :

  • De 1996 à 2016, le nombre total de personnes qui étaient en mesure de parler une langue autochtone s’est accru de 8 %.
  • Cependant, le nombre de personnes ayant une langue autochtone comme langue maternelle a baissé de 1 % au cours.

Source : Statistique Canada (2016)

Lundi, il a justement rencontré le Conseil en éducation des Premières Nations. Nous avons eu l’occasion de présenter notre plan d’action pour les deux, trois prochaines années, indique M. Gros-Louis.

Il se félicite de cette rencontre avec le ministre. Il a été d’une excellente écoute. Il avait un message qui va au-delà de l’espoir. Je pense que son gouvernement souhaite soutenir la réussite des programmes de plan linguistiques dans nos communautés et nous aider à prendre en charge la réparation historique que la perte des langues autochtones a eue sur certaines de nos communautés.

Développer des techniques d'enseignement

D’ailleurs, le programme lancé par le Conseil en éducation des Premières Nations vise à aider les locuteurs à avoir une certaine maîtrise des approches pédagogiques qui pourrait amener à leur certification.

Par exemple, on leur enseigne comment planifier des stratégies d’enseignement, comment gérer une classe, comment noter la performance des étudiants, etc. Car le but est de développer un diplôme d’études collégiales en formation linguistique des Premières Nations.

Des écritures.

Au Québec, les langues autochtones les plus fréquemment déclarées comme langues maternelles étaient le cri, l'inuktitut, l'innu/le montagnais et l'atikamekw.

Photo : ICI Radio-Canada

Pour Yvette Mollen, il est en effet impératif d’apprendre aux locuteurs comment ils peuvent transmettre leurs connaissances. Elle plaide même pour la création d’un baccalauréat en langues autochtones.

Le ministre Guilbeault a également souligné que le gouvernement fédéral versait plus de 8,5 millions de dollars afin de financer 88 projets comme celui du Conseil en éducation des Premières Nations, pour un investissement totalisant plus de 8,6 millions de dollars en 2019-2021.

Mais selon Yvette Mollen, ce financement est aléatoire. Il faut travailler beaucoup pour avoir ce financement. Être ingénieux, frapper aux bonnes portes, se faire aider, dit-elle.

Pour parvenir au résultat escompté, le ministre Steven Guilbeault en appelle également à la bonne volonté des provinces. Il souligne le cas de la Colombie-Britannique qui est précurseur dans son soutien aux programmes d’éducation aux langues autochtones.

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