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Prix du Gouverneur général : des femmes autochtones à l’honneur

Une installation artistique.

L'installation « Battle for the Woodlands » de Bonnie Devine.

Photo : Radio-Canada / Courtoisie Bonnie Devine

Malgré la pandémie, les Prix du Gouverneur général pour les arts visuels et médiatiques ont été remis. Parmi les lauréats, la moitié sont des femmes autochtones.

Cheryl L’Hirondelle est de descendance crie et métisse qui navigue entre Toronto et Saskatoon. Elle est une artiste multidisciplinaire, une musicienne, une chanteuse et une commissaire.

Lorsqu’elle crée, elle tâche de ne jamais oublier d'où elle vient et qui elle est. Selon elle, les artistes ont une certaine responsabilité dans le monde actuel.

Cheryl L'Hirondelle

Cheryl L'Hirondelle explique qu’il est important de prendre conscience de l’héritage autochtone présent dans l’art canadien.

Photo : Nahanni McKay-Banff Centre

Ils doivent être des ambassadeurs et leurs oeuvres doivent amener une réflexion, avoir une saveur militante ou encore révéler quelque chose d’unique vis-à-vis des Premières Nations. Elle va même plus loin et estime que les langues autochtones sont une solution aux malheurs du monde. Dans ses œuvres, Mme L’Hirondelle présente des choses qu’elle a pu expérimenter dans sa vie.

Interrogée sur la place de l’art autochtone dans le paysage artistique canadien, Mme L’Hirondelle explique qu’il est important de prendre conscience de l’héritage autochtone présent dans l’art canadien. Toute l’histoire de l’art canadien a des racines autochtones, croit-elle.

Recevoir le Prix du Gouverneur général a été un honneur pour elle. J’étais très enthousiaste. Je viens d’une grande famille et c’est un honneur de faire connaître le nom de ma famille. Nous sommes aussi une belle cohorte d’artistes qui ont reçu la distinction. Ce sont des artistes que j’admire et que je respecte, dit-elle.

Le chèque qui accompagne le prix va permettre à Cheryl L’Hirondelle de financer le doctorat qu’elle suit à distance, à Dublin, en Irlande.

Bonnie Devine est une artiste visuelle anichinabée (de la Première Nation de Serpent River) qui enseigne aussi les arts à l’Université de l’École d’art et de design de l’Ontario.

Bonnie Devine

Mme Devine est originaire de la Première Nation de Serpent River.

Photo : David Devine

Elle est également une artiste de performance et une sculptrice. Son art vise à renforcer la reconnaissance et l'histoire de la terre, ainsi que sa descendance.

Dans ses oeuvres, elle tente ainsi de retranscrire l’histoire du territoire. Née à Toronto, elle a grandi dans sa communauté du Nord de l’Ontario, là où les racines spirituelles sont bien ancrées. C’est ce qui fait qu’elle se sent si connectée au territoire du Nord.

Son travail est le fruit d'un profond intérêt et d'un engagement envers les traditions picturales notamment, qui sont au cœur de l'histoire et de la culture anichinabée. Je m’intéresse beaucoup à l’histoire narrative et à la manière dont les gens communiquent des idées concernant le passé.

Mme Devine est extrêmement heureuse d’avoir remporté ce prix. Ils m’ont appelée en octobre. Je ne connaissais pas le numéro, d’autant plus qu’en ce moment, avec la pandémie, nous sommes un peu seuls. Mais quelque chose m’a finalement poussée à décrocher et c’était pour me dire que j’avais gagné ce prix. Je n’y ai pas tout de suite cru, car on ne nous a pas envoyé de courriel de confirmation. Je me demandais si je n’avais pas rêvé!, se souvient-elle.

Elle vit cette récompense comme l’honneur de sa vie. Je ne m’attendais pas à ce que mon travail soit reconnu de cette manière, ajoute-t-elle.

Comme les nombreux artistes autochtones, elle défend l’art des Premières Nations. L’art autochtone n’était même pas reconnu comme tel durant longtemps. L’art est un concept très occidental. Mais notre art est un outil, il doit servir à quelque chose, il doit raconter une histoire, explique-t-elle.

Germaine Arnaktauyok est une graveuse, peintre et dessinatrice inuk. Elle vient de la région d’Igloulik, au Nunavut, mais vit présentement à Yellowknife.

Beaucoup de ses œuvres proposent sa vision des cérémonies, des coutumes et des légendes passées et présentes qui ont une grande place dans la culture inuit. Elle confie que, petite fille, elle écoutait les histoires que son père lui racontait. Souvent, il s’agissait de mythes et de légendes. Peut-être que je dessinais ensuite ces histoires dans ma tête… je ne sais pas, lance-t-elle.

Germaine Arnaktauyok.

Germaine Arnaktauyok croit qu'il n’est pas utile de dessiner, et donc de copier, les paysages que nous offre la nature. Il est plus intéressant de dessiner des choses qui n’existent pas.

Photo : Sarah Pruys

Pour Mme Arnaktauyok, il n’est pas utile de dessiner, et donc de copier, les paysages que nous offre la nature. Il est plus intéressant de dessiner des choses qui n’existent pas, d'où cette volonté de poser sur le papier des légendes. Il n’y a rien à copier dans les légendes, tout vient de ma tête, ajoute-t-elle.

J’ai été artiste toute ma vie, c’est la seule chose que je sais faire, mais je ne me suis jamais dit que c'est ce que je voulais devenir. Il faut beaucoup de temps pour développer son propre style, ajoute-t-elle.

Lorsqu'elle a appris qu'elle avait reçu le prix, l'artiste raconte avoir été très surprise. Je ne m'attendais pas du tout à cela!, lance-t-elle.

Un dessin qui représente une Autochtone.

Les oeuvres de Germaine Arnaktauyok s'inspirent des légendes que son père lui racontait.

Photo : Radio-Canada / Courtoisie Germaine Arnaktauyok

Lori Blondeau a elle aussi reçu le Prix du Gouverneur. C’est une artiste interdisciplinaire crie-saulteaux-métisse. Elle est membre de la Première Nation de Gordon et vit à Winnipeg, au Manitoba.

Son moyen d’expression artistique le plus courant est la photographie et son travail est tourné vers la représentation des femmes des Premières Nations dans la culture populaire.

Elle travaille régulièrement avec des préjugés positifs et négatifs attachés aux stéréotypes de la princesse indienne et réfléchit à la manière dont les femmes autochtones sont intégrées dans les communautés urbaines.

Face à la caméra, elle se dit raconteuse d’histoires. S’il y a quelque chose que le colonisateur n’a pas pu nous enlever, c’est bien ça, nos histoires, affirme-t-elle dans une vidéo de présentation diffusée par le Prix du Gouverneur général.

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