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COVID-19 : 130 doses de vaccins sauvées in extremis à Matimekush-Lac-John

Les infirmières Shenda Collin et Chantale Dufour vaccinent des membres de la Première Nation Matimekush.

Les membres de la Première Nation Matimekush ont répondu à l'appel des infirmières le 15 février.

Photo : Gracieuseté : Sylvain Lamothe

Anaïs Brasier

La Première Nation innue de Matimekush-Lac John est passée proche lundi de perdre 130 doses de vaccin contre la COVID-19. Un bris d’équipement compromettait la conservation des précieuses fioles, mais la communauté, les infirmières et les bénévoles se sont assurés de les administrer en un temps record.

Le réveil a été difficile le 15 février pour Shenda Collin, l’infirmière responsable de la COVID-19 au dispensaire de soins de santé de Matimekush, à Schefferville, sur la Côte-Nord. À son arrivée au travail à 7 h 50, l’alarme du réfrigérateur conservant au froid les 130 doses du vaccin de Moderna sonnait, indiquant un bris de la chaîne de froid.

On a des normes assez sévères pour la conservation de nos vaccins. Les vaccins de Moderna, on doit les garder entre 2 °C et 8 °C, et notre frigo était rendu à 19 °C.

Elle a rapidement appelé la santé publique, qui lui a donné l’autorisation d’administrer les vaccins, mais le jour même. Selon les recommandations de Moderna, on a 12 heures pour administrer les doses [qui ne sont pas réfrigérées]. La dernière personne qui a quitté le dispensaire, c’était à 3 h du matin, et le frigo était encore en fonction, donc on avait jusqu’à 15 h.

Heureusement, Shenda Collin avait préparé la clinique de vaccination la veille, dans une pièce du dispensaire. Les vaccins étant arrivés le vendredi soir par avion, quelques rendez-vous avaient été prévus dès le lundi matin. Mais le pari était loin d’être gagné.

Une course contre la montre

Le nombre de personnes à vacciner était soudainement passé de quelques rendez-vous planifiés à 130 en quelques heures.

Première étape : prévenir la communauté. Les agentes administratives du dispensaire ont tenté de joindre le plus de personnes possible par téléphone. Mais ce n’était pas suffisant et pas assez rapide. Elles ont donc contacté la radio locale, qui a diffusé un message en innu sur ses ondes, qui est largement écoutée à travers la communauté.

Deuxième étape : appeler du renfort. Sylvain Lamothe est le conjoint de l’infirmière formée pour aider Shenda Collin lors de la vaccination contre la COVID-19. Le matin du 15 février, elle l’a appelé pour lui demander de l’aide. Elle m’a dit "viens, on a besoin de bénévoles".

Lui et quelques autres personnes de la communauté se sont rapidement rendus sur les lieux. Ils étaient chargés de diriger les patients dans le dispensaire et de s’assurer que tout le monde respectait les mesures sanitaires contre la COVID-19 : masques, désinfectant pour les mains et distanciation.

Trois membres de la communauté dans la salle d'attente du dispensaire.

Pour les membres de la Première Nation Matimekush, il était primordial de ne pas perdre ces 130 doses de vaccin contre la COVID-19, qui prennent du temps à arriver par avion.

Photo : Gracieuseté : Sylvain Lamothe

À 8 h 30, soit seulement 40 minutes après l’arrivée de Shenda Collin, tout était déjà prêt. La salle d’attente était installée dans le corridor, la salle d’observation dans la cafétéria et des paravents mobiles encadraient les stations de vaccination.

Une autre infirmière du dispensaire, Chantale Dufour, est formée pour administrer les vaccins contre la COVID-19. Pendant une partie de la journée, elles ont aussi reçu l’aide d’une troisième collègue, qui a fait le chemin depuis le CLSC de Schefferville.

Résultat : 130 personnes ont été vaccinées en une seule journée et aucune dose du vaccin de Moderna n’a été perdue le 15 février à Matimekush-Lac-John.

On était super fiers à 15 h, soulagés et contents d’avoir relevé ce défi.

Shenda Collin, infirmière responsable de la COVID-19 à Matimekush-Lac-John
Le dispensaire vu de l'extérieur, en plein hiver, avec une voiture et des motoneiges devant.

Les membres de la Première Nation de Matimekush se rendent au dispensaire pour obtenir des soins de santé primaires. Lorsqu'ils ont besoin de soins plus importants, ils doivent se rendre par avion à Sept-Îles.

Photo : Gracieuseté : Sylvain Lamothe

Selon le chef de la Première Nation de Matimekush-Lac-John, Réal McKenzie, 50 personnes avaient déjà été vaccinées lors d’une première campagne de vaccination. Au total, 180 personnes, sur une population d’un peu plus de 1000 membres, dont environ 600 adultes, ont donc été vaccinées contre la COVID-19.

Comme un peu partout au Canada, il ignore quand sa communauté recevra d’autres vaccins. Il était donc primordial de ne pas perdre ces 130 doses.

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