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Le ministre Miller préoccupé par la situation dans les communautés autochtones

Marc Miller devant des drapeaux canadiens.

Marc Miller est ministre des Services aux Autochtones.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, demeure très préoccupé par les centaines de cas de COVID-19 confirmés dans les communautés autochtones à travers le pays, et ce, malgré une baisse observée dans certaines régions. Et la présence de variants ne fait rien pour améliorer la situation.

Marc Miller a fait le point sur la situation sanitaire qui affecte les Premières Nations, les Inuit et les Métis lors d’un point de presse virtuel tenu mercredi.

En date du 16 février, selon Services aux Autochtones Canada, on compte 1383 cas actifs déclarés dans les communautés au Canada. En tout, 19 230 personnes ont été contaminées par le coronavirus dans les communautés. On recense également 207 décès liés à la maladie chez les peuples autochtones et 17 640 personnes rétablies.

Les chiffres continuent d’être alarmants.

Une citation de :Marc Miller, ministre fédéral des Services aux Autochtones

Au chapitre de la vaccination, le ministre Miller a indiqué que la vaccination avait commencé dans 400 communautés autochtones. Le nombre de doses administrées s’élève à plus de 83 000.

Environ 25 % de la population adulte des communautés autochtones a reçu le vaccin, soit un taux six fois supérieur à celui de l’ensemble de la population canadienne. Moins de 5 % des Autochtones ont obtenu leurs deux doses.

En Colombie-Britannique, a de son côté illustré le Dr Tom Wong, médecin en chef de la santé publique, plus de 16 000 doses de vaccins ont été administrées dans plus de 90 Premières Nations de la province jusqu’à maintenant.

Toutefois, les cibles de vaccination des communautés autochtones de la Colombie-Britannique ne sont pas atteintes en raison des retards dans la livraison des vaccins, selon la Régie de la santé des Premières Nations.

Tom Wong devant des drapeaux canadiens.

Tom Wong est médecin en chef de la santé publique du Canada.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Une situation précaire

Le ministre a profité du point de presse pour assurer que les cas suspects d’un variant détectés la fin de semaine dernière au sein de la Première Nation Pauingassi, au Manitoba, n’ont pas été identifiés comme le variant B.1.1.7. Les forces armées demeurent toujours déployées à Pauingassi, a-t-il ajouté.

Ce que cette expérience nous révèle, c’est à quel point la situation est précaire. Avec la présence de variants, nous devons doubler nos mesures de santé publique pour protéger les plus vulnérables. Cela inclut les communautés autochtones, bien sûr, et leurs membres qui y résident, y compris les Autochtones en milieu urbain, a-t-il déclaré.

Il a annoncé que son ministère allait travailler avec les chefs des différentes communautés pour s’assurer qu’ils aient accès à davantage d’espaces d’isolement pour les individus déclarés positifs après un test de dépistage au coronavirus, afin de réduire les contacts étroits et limiter la propagation du virus.

Par surcroît, il s’est engagé à intensifier les tests de dépistage aux divers points de service et à accélérer la vaccination dans la mesure du possible. Malgré ce sentiment d’urgence, nous continuons à voir des progrès qui nous donnent de l’espoir, a-t-il nuancé.

Une boîte de 10 fioles contenant chacune 10 doses de vaccin, dans un réfrigérateur.

Le vaccin de Moderna est privilégié par les autorités sanitaires pour vacciner les populations éloignées.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

Marc Miller a mentionné que son équipe s’affairait à préparer l’envoi d’autres doses de vaccins dans les réserves, dans les zones hors réserves et à soutenir les efforts de planification. Il s’agit notamment d’identifier les obstacles, les défis et les possibilités de promouvoir l’utilisation de vaccins, a-t-il spécifié.

Pour accroître la sensibilisation, le ministère a créé des messages d’intérêt public sur l’importance de la vaccination dans 17 langues autochtones différentes. L’objectif ultime est de faire en sorte que les populations autochtones de toutes les juridictions du pays soient vaccinées le plus rapidement possible, a dit le ministre.

Il a fait savoir que le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI), qui a rendu publiques ses orientations sur la phase un de la vaccination chez les Autochtones, a maintenant étendu ses directives pour la phase deux à tous les adultes qui n’ont pas reçu de vaccin au cours de la phase initiale.

Des exemples notables

M. Miller a souligné quelques exemples notables de vaccination au pays. Il a cité l’ouverture d’une clinique de vaccination mobile au centre-ville de Winnipeg pour vacciner essentiellement les travailleurs de la santé, les gardiens du savoir et les guérisseurs traditionnels des Premières Nations. On vise l’administration d’environ 900 vaccins au cours de la semaine prochaine.

Il a aussi fait remarquer que la vaccination progressait au Yukon, où deux cliniques mobiles ont acheminé es vaccins dans les régions rurales. Les équipes mobiles ont visité toutes les communautés. Elles s’activent maintenant à administrer les deuxièmes doses. Selon le gouvernement yukonais, le territoire a vacciné 23,5 % de sa population adulte.

Agnes Mills en train de se faire vacciner.

Agnes Mills, une aînée de la Première Nation Vuntut Gwitchin qui est décorée par l'Ordre du Yukon, a été la première au Yukon à obtenir le vaccin contre la COVID-19.

Photo : gouvernement du Yukon

Malgré une bonne réponse des communautés autochtones dans certaines régions du pays, le ministre estime que la vaccination demeure une source de préoccupation. Il considère d’ailleurs que les chefs autochtones doivent contribuer à informer leurs membres sur les bienfaits du vaccin.

Il a rappelé que les Autochtones sont de 3,5 à 5 fois plus vulnérables que la population en général pour diverses raisons socio-économiques. Il nous faut déployer des mesures extraordinaires dans ces communautés, des mesures qui peuvent sembler bénignes, mais qui peuvent aider les communautés autochtones de façon disproportionnée, a-t-il affirmé.

Les sensibilités culturelles

Il a insisté sur le fait que la campagne de vaccination comprend un gros défi logistique et qu’elle doit tenir compte des sensibilités culturelles.

Les Autochtones estiment n’avoir pas toujours été traités équitablement par le système de santé. Alors, le fait qu’ils soient traités sur un pied d’égalité c’est une grande source de fierté pour les Canadiens et pour les populations autochtones en particulier, a-t-il lancé.

Néanmoins, le Dr Tom Wong considère qu’il est trop tôt pour déterminer si le vaccin a un effet ou non dans ces milieux. Cela dit, la tendance à la baisse de nouveaux cas de COVID-19 constatée au Manitoba et dans le nord du Québec semaine après semaine est encourageante, affirme-t-il.

Le ministre s’est fait questionner à savoir s’il avait prévu demander aux provinces de réserver spécifiquement des doses des vaccins pour les Premières Nations.

Le ministre a refusé de s’engager dans cette voie, mais il a convenu de sensibiliser les provinces à cette question.

Chaque province a une approche un peu différente. Certaines sont plus détaillées que d’autres. On est en train de travailler avec douze provinces et territoires. On veut que 75 % des territoires soient vaccinés d’ici la fin mars, a-t-il répondu.

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