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Makushan : une exposition sur la gastronomie innue qui tombe à point

Un dessin d'André Michel d'une femme innue qui fait cuire un poisson.

André Michel a vécu en forêt avec les Innus de la Côte-Nord pendant des années, durant lesquelles il les a croqués sur le vif à travers son art.

Photo : André Michel

Radio-Canada

Pour plusieurs Premières Nations, le mot Makushan veut dire « la fête, le festin ». L’artiste ethnographe André Michel a fouillé dans sa réserve personnelle pour retrouver une quarantaine d'œuvres dessinées entre 1970 et 1987 et représentant des scènes de cueillette, de préparation du gibier, du poisson et de cuisine en forêt pour monter la première exposition de la Maison amérindienne de 2021 et faire le lien avec le nouvel intérêt des Québécois pour la cuisine.

Après plusieurs mois de confinement, la Maison amérindienne, un musée visant à mettre de l’avant les cultures autochtones du Québec et du Canada et situé à Saint-Hilaire, en banlieue de Montréal, peut enfin rouvrir ses portes au public.

Pour l’occasion, elle a voulu faire le lien entre ces Québécois qui, confinés depuis près d’un an, se sont soudainement mis à la cuisine, et la culture autochtone. Elle s’est donc tournée vers le peintre ethnographe André Michel. La directrice générale m’a demandé si j’avais des œuvres en lien avec la gastronomie amérindienne, explique-t-il.

Un dessin d'André Michel où un Innu cuisine.

L’exposition temporaire « Makushan – le festin » est présentée à La Maison amérindienne jusqu’au 2 mai 2021.

Photo : André Michel

Une idée on ne peut plus évidente lorsqu’on apprend que, en plus de peindre les communautés innues qu’il a accompagnées et observées pendant des années, il a écrit un livre de cuisine amérindienne en 1996.

Originaire de la France, André Michel s’est établi au Québec il y a plus de 50 ans. En 1970, il croisait régulièrement des Autochtones dans les rues de Sept-Îles, sur la Côte-Nord, mais y portait peu attention. C’est lors d’une de ses promenades dans les bois, où il allait pour peindre, qu’il a rencontré trois Innus qui ont changé sa vie. C’est avec l’un d’eux qu’il a fait sa première expédition de plusieurs semaines en forêt.

Ils avaient une connaissance de la nature qui m’a renversé. Au début, je ne dessinais pas, je les accompagnais, puis éventuellement, j’en ai dessiné un, puis un autre. Puis un jour, j’ai fait ma première exposition à Sept-Îles.

André Michel, peintre ethnographe
L'entrée de l'exposition Makushan.

La Maison amérindienne a pu rouvrir ses portes le 8 février 2021, comme l'ensemble des musées au Québec.

Photo : La Maison amérindienne

Des expéditions du genre, André Michel en a finalement fait des dizaines entre 1970 et 1987. À travers ses peintures et ses dessins, il a documenté la vie des Innus de la Côte-Nord durant cette période.

Parce que c’est la mission que se donne le peintre ethnographe à travers son art : Je voulais croquer sur le vif. Je ne suis pas un artiste qui fait une recherche esthétique, je suis un peintre ethnographe parce que je dessine des gens avec qui je partage la vie.

Ses dessins sont, dit-il, des traces d’une époque qui disparaît trop rapidement.

Mais plus on parle d’un peuple, plus il sera difficile de le faire disparaître.

André Michel, peintre ethnographe

L’exposition Makushan est donc l’occasion de voir une quarantaine de ces œuvres produites entre 1970 et 1987. Les peintures choisies reflètent le thème de l’alimentation, que ce soit à travers la pêche, la chasse, la cueillette ou la préparation.

L’exposition temporaire Makushan – le festin est présentée à La Maison amérindienne jusqu’au 2 mai 2021.

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